Une des composantes du mouvement
des Villes en Transition est le concept
de permaculture. Rob Hopkins, un
des principaux initiateurs de la Transition,
enseigne d’ailleurs cette discipline depuis plus
de 10 ans. La permaculture est une science de
conception visant la création de lieux de vie
humains soutenables. Lorsqu’il découvrit la
réalité du pic pétrolier, le premier réflexe de
Rob Hopkins à été de se servir des principes de
la permaculture pour aider les communautés
citoyennes à organiser une réponse efficace aux
crises à venir.

En tant qu’approche systémique, la permaculture
a comme projet principal la
conception, la planification et la réalisation
de sociétés humaines écologiquement
soutenables, socialement équitables et économiquement
viables. Elle se base sur une
éthique, d’où découlent des principes et
des techniques permettant de construire
des territoires plus autonomes et mieux
interconnectés en misant sur l’intégration
des activités humaines avec les écosystèmes.

L’éthique de la
Permaculture

Pour donner un cadre de réflexion et d’action
en accord avec sa démarche, la permaculture
se base sur une « éthique. ». Elle
apporte à la permaculture une dimension
philosophique, voir spirituelle pour certains.
L’éthique est généralement résumée
en trois principes fondamentaux :

Prendre soin de la Terre

Puisque nous faisons partie d’un vaste système
complexe appelé biosphère terrestre,
il faut tout faire pour le préserver dans sa
complexité et diversité. Concrètement cela
veut dire que nos activités humaines doivent
prendre en compte le sol, la forêt et
l’eau... Toute forme de vie a son utilité et
son importance, et chaque atteinte à la
diversité génétique est une menace pour
nous. Partant de ce principe, la permaculture
suppose que nos activités et lieux de
vie doivent être en harmonie avec les écosystèmes
locaux.

Prendre soin des Hommes

Les systèmes permaculturels tendent à
remplir les besoins fondamentaux des
Hommes dans un environnement permettant
leur épanouissement. Ils invitent à se
soutenir et s’aider les uns les autres pour
changer vers des manières de vivre qui ne
portent préjudice ni à nous ni la planète.
La coopération et la mise en commun sont
deux points essentiels des relations
humaines. En résumé, c’est s’occuper de
soi, de sa famille et de sa communauté.

Partager équitablement

Nous devons impérativement réduire notre
emprise sur la planète. Les écosystèmes où
l’Homme n’est pas présent ont aussi toute
leur légitimité. L’établissement de systèmes
permaculturels doit permettre de réduire
notre empreinte écologique, sans que ce
gain ne soit annulé par une consommation
ou une population plus élevée. Même si
l’Ethique permaculturelle vise à recréer
l’abondance, elle invite à produire de la
nourriture de manière soutenable, en redistribuer
les surplus, à limiter sa consommation
et se reproduire avec sagesse.

Le design en permaculture

Le concept de "design" est central dans la
permaculture. Ce terme anglais est intraduisible
directement en français et signifie
à la fois une conception, une création et
l’aménagement d’un système. Le design est
l’outil fondamental de la permaculture afin
de planifier l’occupation terrestre humaine
en fonction de l’environnement, de la culture,
et du potentiel créatif des humains,
c’est à dire en fonction de son éthique. Le
design cherche en particulier à reproduire
le fonctionnement et les interactions complexes
des écosystèmes naturels qui ont été
observés, tout en satisfaisant aux besoins
des être humains.
De l’éthique de la permaculture, Bill
Mollison a développé un ensemble de
principes qui sont des éléments clés à la
conception d’un design :

- 1. Prévoir l’efficacité énergétique
- 2. Emplacement relatif
- 3. Circulation d’énergie
- 4. Effet de bordure
- 5. Chaque élément doit avoir plusieurs
fonctions
- 6. Chaque fonction est remplie par
plusieurs éléments
- 7. Travailler avec la nature plutôt que
contre elle
- 8. Faire le plus petit effort pour le
plus grand changement
- 9. Le problème est la solution

David Holmgren, co-inventeur de l’idée
de Permaculture est également l’auteur de la
fleur permaculturelle. Ce schéma que nous
reproduisons ici propose des initiatives qui
respectent l’éthique et les principes permaculturels
dans les différents champs composant
la culture et la vie quotidienne.
Comme vous l’avez surement remarqué,
les valeurs de la permaculture sont proches
des thématiques portées et défendues par
les Amis de la Terre. C’est pour cela que
nous vous proposerons dans les prochains
numéros de notre SaluTerre d’approfondir
ses différents principes et de voir de quelle
manière ceux-ci sont mis en pratique dans
les initiatives citoyennes de Transition à travers
le monde.

Veronika Paenhuyzen