obsolescence programmée
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obsolescence programmée

Impact économique

Emploi

Un des arguments phares en faveur de l'obsolescence programmée était la garantie de création et du maintien d'emplois. En effet, une production continue de nouveaux appareils suppose un besoin de main d’œuvre continu. En pratique, cet argument ne tient pourtant pas, et ce pour deux raisons. Tout d'abord, ce système a provoqué la disparition de nombreux métiers liés principalement au domaine de la réparation. Le consommateur confronté à un objet défectueux sera systématiquement découragé de le faire réparer, et aura plutôt tendance à vouloir le remplacer: les pièces de rechange sont introuvables, les appareils indémontables, et puis de toute façon, « ça coûte moins cher d'acheter un appareil neuf et plus performant, que de réparer l'ancien dépassé ». S’ajoutent à cette perte de métiers, les fréquentes délocalisations vers les pays moins chers et moins contraignants en matière de sécurité sociale. Alors, si les emplois de production existent toujours, ils n’existent plus ici. Cet argument reste malheureusement un moyen de pression utilisé par de nombreuses entreprises sur les institutions politiques.

Cartel

Définition

Pour que ce modèle de croissance basé sur le remplacement puisse fonctionner, il faut que le consommateur n'ait d'autre choix que de changer régulièrement ses appareils, quelle que soit la marque choisie. Les entreprises ont commencé à mettre en place des accords secrets entre eux : des "cartels". Il s'agit en fait d'accords internationaux entre grandes entreprises, par lesquels celles-ci acceptent différents standards de qualité et de prix, afin de limiter la concurrence, et donc de maîtriser la fréquence à laquelle les consommateurs devront remplacer leurs produits. Ces types d'accord sont évidemment des freins à la libre concurrence et sont interdits par la loi, et c'est pourquoi ils sont bien souvent signés dans l’ombre. Ils deviennent donc extrêmement difficiles à dénoncer et à combattre.

Phoebus

Le premier cartel international découvert fut le cartel Phoebus, concernant les ampoules. En 1924, à Genève, les différentes grandes entreprises de production d'ampoules signent ce premier cartel international dans le but de contrôler la production des ampoules dans tous les pays du monde et de se partager les bénéfices. Ces accords sont réellement contraignants pour les entreprises: si elles ne respectent pas le contenu de l'accord international, elles sont passibles d'amendes et de lourdes sanctions vis-à-vis des autres entreprises du cartel. Pour les ampoules par exemple, le cartel Phoebus s'était mis d'accord sur la production d'ampoules ne dépassant pas les 1000 heures contre 2500 à l'origine. En 1942 le cartel est découvert. Après 11 ans, General Electrics est contraint de lever ses restrictions. Mais en réalité ce jugement n’a eu que très peu d’effet, puisque les 1000 heures sont restées d’application malgré les possibilités d’innovations. Cet exemple du cartel Phoebus prouve bien à quel point ces méthodes peuvent freiner l'innovation, et même parfois pousser à la régression. Nous avons parlé du cartel des ampoules, créé en 1924, mais combien d'autres cartels ont été créés depuis et n'ont jamais été démasqués ?

Prix

L’obsolescence programmée provoque, sans aucun doute, un gouffre dans le portefeuille du consommateur. En plus du rachat régulier des appareils, le consommateur doit aussi faire face à la hausse du coût des réparations. Tous les consommateurs ne sont pas égaux face au problème, bien souvent, ce seront les personnes avec les plus petits budgets qui achèteront les produits les plus sujets à l’obsolescence programmée. Enfin, de plus en plus de consommateurs achètent à crédit, par nécessité de remplacement d'un appareil, mais aussi par envie du dernier téléphone "à la pointe", ou du dernier écran plat haute définition. Un crédit qui n’est souvent pas encore amorti lorsque la machine à laver, le frigo ou la voiture rend l’âme.

Impact écologique

Introduction

Le rêve de l'obsolescence programmée, et de l'économie de croissance, est celui d'une production et d'une consommation infinies. Mais qui dit production infinie, dit exploitation infinie des ressources, et qui dit consommation infinie, dit production infinie de déchets!

Chaque seconde, nous produisons près de 2347 kilos de déchets électroniques.

Impact écologique

On extrait plus de 60 milliards de tonnes de matériaux bruts par an.

Impact écologique

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 70% entre 1970 et 2004.

Impact écologique

En 2014 le jour de dépassement à été atteint le 18 août. C’est en fait la date clé où l’homme dépasse la consommation de ressources naturelles que la Terre peut produire en un an.

Impact écologique

Depuis 1961 nous avons consommé déjà 50 % des ressources non renouvelables de la planète.

Impact écologique

C’est le nombre de planètes Terre nécessaires pour assouvir notre modèle de consommation.

Impact écologique

Nous jetons 50% des produits que nous achetons.

Impact écologique

C’est le poids du sac à dos écologique d’un produit de 7 kg. Ce poids additionne les ressources et l'énergie utilisées avant, pendant et après l'utilisation de l'appareil.

Impact écologique

Deux générations nous séparent du pillage complet des ressources naturelles.

Impact écologique

Le transport de marchandises est responsable d'un quart des émissions de gaz à effets de serre.

Impact écologique
Impact écologique

La biocapacité

Aujourd'hui, nous avons largement dépassé la « biocapacité » de notre Terre, c’est à dire sa capacité à nous fournir des ressources et à absorber les déchets. L’homme utilise 56% de biocapacité en plus que ce que la Terre pourrait nous prodiguer dans une consommation durable. Autrement dit, nous sommes occupés à gaspiller le capital naturel de la planète au lieu de le préserver par un mode de vie plus respectueux. Les capacités de renouvellement des ressources sont aujourd’hui incapables de soutenir la cadence que l’homme impose à la nature.
On assiste à un épuisement drastique des ressources non renouvelables. Celles-ci auraient diminué de près de la moitié depuis 1961. Une telle diminution entraine des pics mondiaux en termes de prix, comme c’est le cas pour le pétrole en ce moment. Il n’est question que d’une ou deux générations avant le pillage complet des ressources naturelles. Les conséquences de cette surexploitation sont déjà très présentes, avec le changement climatique en tête de liste. Les réserves d’eau diminuent, les forêts partent en fumée, beaucoup d’espèces animales disparaissent, l’érosion des sols fertiles ne cesse d’augmenter... Il est temps de redéfinir l'essentiel et le futile.

Impact écologique

L'empreinte écologique

En 2008 l'empreinte écologique de l'humanité s'élevait à 2,7 hag (hectares globaux) par habitant pour une capacité limite de 1,8 hag/hab.
Un hectare global est en fait la surface nécessaire au mode de vie d’une personne pour produire sa nourriture, absorber ses déchets et produire les biens qu'elle consomme. Aujourd'hui, une seule Terre ne suffit plus à l’homme pour contenter ses besoins. Il nous faudrait une moitié de planète supplémentaire pour assouvir notre consommation et absorber tous nos déchets. Pourtant, il est évident que nous n'affectons pas tous de la même manière notre environnement.
À l’échelle nationale, le bilan est très différent d'un pays à l'autre. Ainsi, si l’empreinte écologique mondiale moyenne atteint 2,7 hag par personne, les Emirats Arabes Unies ont une empreinte écologique de presque 12 hag par personne. Concrètement, il leur faudrait 5,5 planètes pour subvenir à leur mode de consommation.

Impact écologique

Déchets

Une consommation infinie génère aussi une production de déchets infinie ! Nous jetons 50% des produits que nous achetons, une autre part importante n’atteindra même jamais les rayons du supermarché. L’arrivée du contenant jetable a aussi eu une grande influence. Les canettes d’aluminium, les cagettes de bois, les boîtes de conserve,… Ces conditionnements dans la grande distribution ont pour conséquence une augmentation exponentielle du volume des emballages dans les poubelles. Encore une fois, cette production varie d'un pays à l'autre. Pourtant nous en subissons tous les conséquences, car ces déchets entraînent une pollution très importante. Les pays où s'entassent les immondices y sont confrontés directement, mais nous sommes nous aussi touchés par cette pollution: l'air, l'eau, la terre sont des biens communs, mais ni la pollution ni le changement climatique ne s'arrêtent aux frontières territoriales. Enfin, les solutions pour se débarrasser de ces déchets sont encore trop rudimentaires, voire inefficaces; l’incinération pollue et détruit des denrées nécessaires, l’électronique produit des résidus toxiques dont on ne sait que faire.

Impact social

Cette production massive et continue d'objets a un impact direct sur les êtres humains, et renforce les inégalités entre les régions. Les consommateurs des pays développés consomment jusqu’à dix fois plus de ressources naturelles que les habitants des pays en voie de développement, alors que justement la raréfaction des ressources provoque des conflits dans les zones d'exploitation, et fait de nombreuses victimes. La production se fait dans des pays où la protection sociale est presqu'inexistante et où les droits humains sont régulièrement bafoués. Les ouvriers y sont surexploités, et leur vie mise en danger. De plus, lorsque nous nous débarrassons de nos objets, beaucoup arrivent de manière illégale dans des décharges à ciel ouvert gigantesques au Ghana, en Chine ou en Inde.

Impact écologique