Big Jump, pour une gestion durable des eaux

Eau

Dimanche 10 juillet, nous avons répondu présents à l’appel lancé par GoodPlanet de sauter à l’eau afin de réclamer des eaux de surface propres.

Nous avons choisi de sauter un pas plus loin et de proposer des recommandations fortes pour une gestion durable des eaux . Le système d’égouttage a été construit vers 1830 et a été bénéfique d’un point de vue sanitaire. Maintenant pour des raisons écologiques et climatiques, nous devons changer le système de tout à l’égout et trier nos eaux comme nous trions nos déchets

Nous préconisons de traiter les eaux usées différemment.

Comment ? En séparant partout et en permanence les eaux noires (matières fécales + urines = matières organiques et bactéries) des eaux grises (eaux savonneuses = détergents et savons). Même si les déjections de matières fécales ne représentent que 1 % des eaux usées, elles contiennent la majorité des polluants les plus nuisibles pour l’environnement ! Le problème est le suivant : il n’existe pas de système permettant de traiter efficacement ces 2 eaux lorsqu’elles sont mélangées. Ayons la même attitude avec nos eaux usées que celle développée pour nos déchets avec le tri sélectif. Le tout à l’égout actuel obéit aux mêmes logiques que celles du tout à la poubelle, ce système est désuet.

Au lieu d’être épurées, toutes les eaux domestiques usées doivent être valorisées. Valorisons
les eaux grises directement pour l’agriculture après une filtration par lagunage. Les eaux grises ne
devraient plus être rejetées dans nos rivières, elles doivent être infiltrées dans nos sols. Les micro-
organismes du sol ont ainsi le temps de décomposer la charge polluante, ce qui ne se produit pas
dans les rivières ! Sans les eaux noires, les eaux grises ne représentent pas de danger sanitaire, ni de risques de pollution pour la nappe phréatique.
Les eaux noires pourraient être valorisées en énergies mais aussi pour régénérer nos sols.

Comment réaliser cela ? De nouveaux principes sont possibles :


Les déjections de 7 milliards d’humains ne sont pas une quantité négligeable de matière organique
que l’on peut se permettre de transformer en pollution en raison d’une épuration inadaptée.

Le passage vers ce nouveau système devra être réalisé progressivement, par phases.

1) Adaptation des normes et de la classification des produits ménagers en vue de simplifier le traitement des eaux dans les stations d’épuration et de diminuer leurs impacts environnementaux.

2)En zone périurbaine :

  • Utilisation de toilettes sèches ou si ce n’est pas possible des WC avec une fosse à vidanger, uniquement pour les eaux noires issues des toilettes à chasse d’eau.
  • Compostage domestique des déjections des toilettes sèches
  • Traitement des déjections des fosses à vidanger dans des centres d’imprégnation avec compostage
  • Dispersion des eaux grises dans le sol ou utilisation pour l’irrigation des plantes

3)En zone urbaine :

  • Traitement sélectif des eaux grises et des eaux noires par dédoublement du système d’égouttage.

4)Limiter les stations d’épuration existantes au traitement sélectif des eaux grises en les adaptant
au principe de l’assainissement écologique. STEP simplifiée signifie : dégrillage, déshuilage et décantation.

  • Les beaucoup plus petites quantités de boues des STEP sont alors à incorporer dans un système de compostage.
  • Les égouts existants traitent uniquement les eaux grises et les eaux de voirie pour les amener vers les stations d’épuration.
  • A la sortie de la STEP, les eaux sont utilisées en agriculture pour l’irrigation ou déversées dans une zone humide artificielle ou naturelle à écoulement lent avant de rejoindre la rivière.

Supprimons le système du tout à l’égout dans les rivières pour restaurer le cycle naturel de l’eau et préserver les nappes phréatiques !

Les participants prêts à se lancer à l’eau sur la plage de The Flow pour le Big Jump 2022.

Ces recommandations sont basées sur les études de J. Orszagh, disponibles sur le site eautarcie.org