D’avril 2015 à avril 2018 nous avons mené la campagne « Avec le Sud, on perd pas le Nord ! » ayant pour but d’informer et de sensibiliser les citoyens à l’interdépendance du monde, d’élargir notre « vision globale » et de nous inspirer de ce qui se passe ailleurs.

Vous trouverez à travers cet article un résumé de la campagne ainsi que diverses ressources sous forme de liens.

L’occasion de se pencher, à travers nos activités et divers moments de réflexion sur ce « concept » Nord/Sud. « La notion « Sud » est une conception socio-politique pour caractériser les relations asymétriques de pouvoir sur le plan socio-économique et politique entre les sociétés industrielles de l’hémisphère Nord et la majorité des sociétés situées dans l’hémisphère Sud. » (1) L’auteur choisit alors de parler « des Suds », tant la situation est différente d’un pays à l’autre, mais aussi à l’intérieur même des pays (il y a du Nord, sous-entendre des personnes riches dans les pays « du Sud », et du Sud, comprendre de la précarité, dans les pays du Nord). Le CETRI se pose la question de savoir si ce clivage est maintenant obsolète. (2) Entre l’uniformisation néolibérale et la mondialisation des luttes, il y a bien un nouveau rapport Nord-Sud, ou plutôt entre l’ici et l’ailleurs, entre le local et le global.

S’inspirer d’ailleurs pour agir mieux ici pourrait résumer ces trois années de campagne. Ce sont plus de 3000 participants en Wallonie et à Bruxelles qui ont pris part d’une manière ou d’une autre aux activités menées.

Des activités directement liées à la campagne 

Nous avons mis en place plusieurs soirées SoS (3), qui ont permis d’aborder divers sujets de manières transversales : le buen vivir, l’accaparement des terres, la décroissance et le Sud, l’autogestion, le genre, la dette écologique ou encore les luttes des peuples indigènes. Berta Caceres, assassinée en février 2016, étant devenue un triste symbole de ces personnes qui risquent leur vie pour défendre leurs droits. Afin de favoriser l’expression des participants à ces soirées et d’en diffuser plus largement les contenus, un partenariat avec Micro-Ouvert a permis la réalisation de podcasts, en ligne sur notre site.

Trois week-ends de formation

Organisés en mars 2016, mars 2017 et mars 2018, construits selon le pilier du REV (Résistance - Expérimentation - Vision) développé par Patrick Viveret ont également rythmé la campagne.

  • Le premier week-end s’intitulait « Résistances au Sud et Action directe non-violente ». La conférence gesticulée « Radical !? » a introduit le week-end en interrogeant l’engagement militant et l’altermondialisme avec humour et esprit critique. Le samedi les 25 participants ont eu l’opportunité de comprendre quelles sont quelques unes des luttes qui s’organisent autour de nous : contre les dettes illégitimes, face à un projet d’autoroute en Bolivie, pour protéger les territoires de la communauté de Sarayaku… Et comment nous pouvons faire entendre nos voix ici, face à des projets mettant en péril la souveraineté des citoyens notamment grâce à l’action directe non-violente, une forme de militance réfléchie, originale et créative qu’ont pu explorer les participants durant la seconde journée.
  • Le second week-end « Expérimentons l’agir collectif ! » a permis aux participants de découvrir divers mouvements citoyens qui se développent aux 4 coins du monde pour proposer des alternatives multiples et locales à notre société malade. Puis nous avons plongé dans la complexité de l’agir collectif grâce au jeu Potentia : quel rôle pour chacun.e dans un groupe ? comment prendre des décisions ? quelle place pour les femmes ? comment faire face aux imprévus ?
  • La dernière rencontre, prévue en mars 2018, n’a malheureusement pas pu avoir lieu au vu du nombre d’inscrits trop faible au week-end.

D’autres activités

Dans le but de « passer à l’action » afin de limiter nos impacts - tant au Nord qu’au Sud :

Des ateliers pratiques de fabrication de cosmétiques et de lessive naturels durant les festivals estivaux, une tournée du film « Présent Simple » portée principalement par nos groupes locaux, le sous-titrage du film en anglais afin de le diffuser plus largement en Europe, ou encore des actions lors de la Saint-Valentin ou durant les soldes dans le métro bruxellois pour sensibiliser à la surconsommation et à un « nouvel art d’offrir ». La vidéo de l’action a été visionnée plus de 1000 fois et montre l’intérêt grandissant des citoyens pour intégrer la simplicité volontaire dans leur quotidien afin de réduire leur impact environnemental et (re)créer du lien.

LE PROJET "SCHOOL OF SUSTAINABILITY"

Les rencontres internationales autour du projet « School of Sustainability » - qui fédère 23 groupes membres de Friends of the earth Europe - ont permis d’une part de structurer le projet et de travailler sur sa visibilité au niveau européen et d’autre part de partager nos expériences et de travailler ensemble, notamment autour de méthodes d’éducation populaire développées en Amérique du Sud. Le théâtre de l’opprimé, une forme de théâtre participatif et éducatif initié par Augusto Boal au Brésil en est l’exemple le plus connu. Un site web référence une multitude d’outils testés ou développés durant toute la durée du projet : http://virtual.foei.org/trainings/

Ce projet veut aller à la rencontre des personnes moins sensibilisées aux injustices sociales, économiques et environnementales, qui pourtant en sont souvent les principales victimes. Tout comme nos activités d’éducation permanente, il vise l’émancipation, un des éléments moteurs de la transformation de la société, qui permet de se libérer et de devenir indépendant face à un système oppresseur. Il est ainsi nécessaire de se pencher vers des moyens et des méthodes accessibles à tout un chacun. Il s’agit donc aussi de s’inspirer d’ailleurs dans nos moyens d’actions.

LA CONFÉRENCE GESTICULEE VOYAGE EN ABYA YALA

Ainsi nous avons soutenu la création d’une conférence gesticulée intitulée « Voyage en Abya Yala » de Sébastien Meyer, parti à la rencontre d’alternatives en Amériques du Sud durant plus de 3 ans. Une conférence gesticulée est une forme de théâtre alliant savoirs froids (académiques) et savoirs chaud (l’expérience personnelle). Le spectacle est toujours suivi d’un débat et/ou d’un atelier d’approfondissement de quelques heures. Pour plus d’informations, un site web est dédié au projet : http://www.voyagenficelle.net/

ATELIERS D’ARPENTAGE

Toujours dans cet esprit d’éducation populaire, ludique et accessible à tous, des ateliers d’arpentage permettent une lecture collective et critique de nos dernières revues sur l’économie non-violente et l’importance de ralentir.

AUTRES

Nous sommes également aller à la rencontre de ces initiatives qui fleurissent un peu partout et esquissent les contours d’un nouveau monde. Connaissez-vous le Barefoot College qui s’emploie à former des femmes illettrées à la gestion de l’énergie de leur communauté ? Comment les Systèmes Participatifs de Garantie(SPG) permettent-ils aux producteurs et aux consomm’acteurs de (re)devenir souverains dans la gestion de leur production et de leur alimentation ?

Comme évoqué plus haut avec le théâtre de l’opprimé ou les conférences gesticulées, nous avons voulu, à travers cette campagne, développer des activités, des supports pédagogiques et des partenariats afin d’aller à la rencontre de nouvelles personnes et d’élargir notre mouvement et notre vision, formé autour d’une volonté commune de justice sociale, économique et environnementale.

(1) Daniel Cauchy, intervention durant le week-end « Résistances au Sud et action directe non-violente », en mars 2016.
(2) DUTERME Bernard, POLET François, Obsolète le clivage Nord-Sud ? 40e anniversaire du CETRI, Alternatives Sud, 2016. A disposition dans nos locaux. www.cetri.be
(3) Par exemple :
http://www.amisdelaterre.be/2936
http://www.amisdelaterre.be/2842

Ce projet a été financé avec l’aide de l’Union européenne. Le contenu de la publication relève de la seule responsabilité des Amis de la Terre Belgique et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de l’Union européenne.

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