Bonn, lundi 13 novembre 2017 : alors que le segment de haut niveau de la COP23 débute cette semaine, les Amis de la Terre International appellent les pays développés à arrêter de bloquer les progrès sur le préfinancement et les réductions d’émissions d’ici à 2020 et à s’engager à agir sur le terrain.

Ils ajoutent que l’appel à l’action de la manifestation citoyenne de la semaine dernière, ayant réuni 20 000 personnes en Allemagne pour mettre fin aux énergies sales, doit se refléter dans les négociations.

Meena Raman des Amis de la terre Malaisie :

“Nous venons chaque année à la COP, et c’est toujours la même rengaine. Au lieu de faire preuve d’une véritable ambition, les pays développés, y compris ceux de l’UE, bloquent les mesures à prendre avant 2020, ils sont dans le même bateau que les USA pour détruire la planète. La société civile appelle ces gouvernements à tenir leurs engagements. Ils n’arrivent même pas à respecter les maigres objectifs du Protocole de Kyoto, qui ne sont pourtant pas juridiquement contraignants. Faut-il vraiment s’attendre à ce qu’ils honorent les engagements non ambitieux de l’Accord de Paris, qui eux ne sont même pas contraignants ?"

Sara Shaw des Amis de la terre International ajoute :

"Il ne nous reste que quelques années pour garder l’augmentation des températures mondiales en dessous d’1,5 degrés et éviter les effets encore plus dévastateurs du changement climatique sur les plus pauvres et les plus vulnérables. Il est urgent de mettre un terme aux énergies sales au nord et de financer massivement les énergies renouvelables et durables au sud. Ceux qui s’autoproclament les "leaders climatiques" comme l’UE sont en fait en train d’accroître la part des combustibles fossiles sur leur propre territoire et de financer les énergies polluantes à l’étranger, sans fournir les ressources nécessaires à la transformation énergétique au sud. Ce n’est pas ça le leadership."

Pendant la première semaine de la COP23, les Amis de la Terre Europe ont publié un rapport montrant qu’il était impossible que l’UE respecte son quota du bilan carbone mondial tout en développant son infrastructure gazière.

Mary Church des Amis de la Terre Ecosse :

"Les gens sont frustrés du manque d’urgence sur le changement climatique dans l’UE et d’autres pays développés. Nous l’avons vu dans les rues de Bonn avec la plus grande manifestation climatique d’Allemagne, et l’action directe qui a abouti à la fermeture d’une mine de charbon toute proche. Les mouvements populaires prennent de l’ampleur et commencent à ouvrir la voie du véritable changement, celui qui est nécessaire pour répondre à la crise climatique."

Meena Raman conclut :

"Les pays développés, qui sont historiquement responsables du changement climatique, tentent de réécrire l’Accord de Paris pour que la responsabilité incombe aux pays en développement. Ce n’est ni étique, ni juste, ni moral. Nous avons besoin d’une action climatique réelle sur le terrain et tous les gouvernements doivent être tenus responsables de cette transformation, ils doivent s’écarter des énergies polluantes et se tourner vers un système énergétique propre qui profite à la population."

Informations

http://www.foei.org/fr/espace-presse/a-chaque-cop-la-meme-rengaine