Les Amis de la Terre d’Amérique latine et des Caraïbes (ATALC) se solidarisent avec le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) et avec sa coordinatrice, Berta Zuñiga, face aux faits dénoncés ces derniers jours, parmi lesquels figurent les attaques dont Berta et d’autres membres de la coordination générale de cette organisation hondurienne ont été la cible.

« Nous exigeons que la vie et les droits de tous les dirigeants et membres du COPINH soient respectés. »

D’après l’information divulguée, après avoir effectué des activités de soutien de la communauté de Cancire, située dans la commune de Santiago Puringle du département de La Paz, Berta Zuñiga, Sotero Chavarría et Asunción Martínez ont été attaqués par des hommes armés.

ATALC, organisation qui œuvre pour la justice environnementale, a dénoncé à maintes reprises les situations de danger et les attaques auxquelles sont soumises les organisations et les mouvements pour la défense du territoire, qui luttent pour que soient garantis les droits collectifs des peuples du Honduras. Néanmoins, malgré les nombreux appels et cris d’alerte des organisations nationales et de la communauté internationale, les situations de ce genre continuent de se présenter, et la vie des défenseurs des territoires et des droits collectifs continue d’être en danger.

En cette occasion, le COPINH a dénoncé également que cette nouvelle agression a eu lieu à un moment où l’agence de coopération états-unienne USAID a des intérêts dans la région et que ses projets de ‘développement’ suscitent des affrontements entre les communautés. Nous sommes fortement inquiets et sur le qui-vive du fait que, en plus des menaces à l’intégrité physique et psychologique des défenseurs du territoire hondurien, des stratégies de privatisation des réserves d’eau sont mises en œuvre par des méthodes déjà connues en Amérique latine qui, sous prétexte de projets de potabilisation, ont donné lieu ces derniers temps à la privatisation, la marchandisation et la financiarisation des eaux et de la nature.

Nous sommes d’avis que les promesses de développement formulées par des agents extérieurs ne doivent pas devenir des moyens de diviser les communautés pour faciliter la mise en œuvre de projets favorables à l’accumulation de capitaux, au détriment des modes de vie ancestraux et traditionnels et des méthodes de gestion durable du territoire que les peuples ont toujours appliquées.

« Nous appelons la communauté internationale à rester attentive et à exiger des autorités honduriennes qu’elles protègent les membres du COPINH. »

Par conséquent, nous appelons les autorités compétentes du Honduras à enquêter sur les faits en question et à trouver les responsables de ces agressions, de façon à dévoiler les causes profondes de ce genre de menaces à l’égard d’organisations qui veillent au respect de la dignité des peuples à partir de leurs rapports avec les biens communs. Nous demandons également que l’on protège l’intégrité des membres du COPINH et de toutes les organisations qui soutiennent les communautés dans leur défense des droits collectifs des peuples indigènes et des paysans de ce pays méso-américain.

Une fois de plus, nous appelons la communauté internationale et les organisations et mouvements des diverses régions du monde à suivre de près la situation à laquelle est confronté le peuple hondurien. Nous savons que l’attention internationale et l’exigence de protéger la vie de ceux qui, jour après jour, luttent pour parvenir à la justice sociale et environnementale en défendant la dignité de la vie en communauté ont une importance fondamentale pour les initiatives sociales, les organisations et les mouvements du Honduras et d’Amérique latine.

http://atalc.org/2017/07/03/solidaridad-copinh-la-defensa-las-aguas-honduras

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