Les grandes vacances sont à la porte avec leur cortège de dépaysements, de voyages, ... Pour nous y inviter toujours et plus, les politiques de notre région, tous partis confondus, ont décidé d’investir massivement dans les deux aéroports régionaux Charleroi et Liège ! Rendez-vous compte : passer de 2,5 millions de passagers à 15 millions à l’échéance 2015.

Oups, il semblerait selon certains qu’il y ait là, derrière cette annonce, une savante et inavouable manœuvre politicienne : non, ce qui est plus plausible selon eux c’est 8 millions de passager à cette échéance. Ouf, pas de doute, quelle que soit la contestation sur le chiffre, une formidable croissance est prévue pour l’aéroport de Charleroi !

Au moment où le climat vacille et où le prix du pétrole flambe, n’est-ce pas folie ?

Non clament-ils avec l’argument massue, l’emploi. Pour Charleroi, l’aéroport tout dédié au transport de passagers est présenté comme la ... piste de salut. Notre ministre Antoine annonce la création de près de 20.000 emplois : qui va oser remettre en question la pertinence de ce choix pourtant suicidaire ? Qu’importe de lire chaque jour que le transport aérien est le plus désastreux pour le climat et qu’il jouit d’avantages sur le coût du kérosène qui ne pourront plus être longtemps garantis !

Inutile de m’étendre plus, je suffoquerais de rage mais il faut passer aux actions car il en existe plusieurs :
- la plus simple est de dire et de répéter inlassablement autour de soi que l’on est opposé à ces choix suicidaires, tant pour la vie sur Terre que pour la survie de notre Région
- plus complexe déjà est de mettre en chantier dans nos esprits le monde de demain comme nous le souhaiterions. Sortir du piège de la « Croissance Economique », sortir de l’argument mortifère de l’emploi puis proposer en toute simplicité :

  • un partage équitable des ressources et des moyens financiers entre tous les humains ;
  • une relocalisation de nos vies (retrouver la beauté de son lieu de vie) ;
  • le choix de vivre mieux avec moins de tout (de gaspillage, de faux prestige...) ;
  • la revalorisation de la lenteur et du « non rentable ».

- dès aujourd’hui, être cohérent et fermer définitivement les pages du catalogue de l’agence de voyage et de ses mille tentations aériennes. Comme on affiche « pas de pub » sur sa boîte aux lettres, il nous faut impérativement oser dire « pour moi, pas d’avion ». C’est probablement dans ce courage, dans cette résistance au quotidien que nous pourrons influencer ou non celles et ceux qui guettent notre premier faux-pas.

En tant qu’Amis de la Terre, nous ne devons pas être sectaires mais ceci ne veut pas dire inconsistants. Il faut que nous posions des gestes forts pour acquérir de la crédibilité et de la reconnaissance. Etre un(e) ami(e) de la Terre ou ne pas l’être n’est pas une question d’un billet tendu en guise d’affiliation ; c’est, pour moi, poser un ensemble de choix à contre-courants, parfois difficiles et coûteux, dans tous les sens du terme.

L’avion pour moi ? Non, merci !

Dominique

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