Sous ce titre assez provocateur, il est question de pétrole !
Nos sociétés « développées » sont comme droguées ; elles sont sous perfusion de pétrole. Le pétrole aura une fin : d’ici l’an 2012 voire 2015 nous devrions passer un cap très symbolique, celui où nous aurons extrait et consommé la moitié de toutes les réserves de pétrole. Et les scientifiques et experts nous expliquent que dès ce moment, deux événements vont se produire quoi que l’on fasse...

Ce titre assez provocateur, après le désormais célèbre « une vérité qui dérange » d’Al Gore, n’est hélas qu’un pâle reflet de la réalité. Voici ce que certains milieux scientifiques et économiques considèrent comme le scénario le plus probable !

Il est question de pétrole ! Ce trésor énergétique, nous le gaspillons de manière scandaleuse en le brûlant : pour aller au boulot car les transports en commun, c’est moins ... confortable ; pour partir 2 jours en excursion à la mer car un peu respirer de temps en temps ... c’est bien notre droit ; pour aller en vacances avec telle compagnie aérienne low-cost car à ce prix là ...on peut pas refuser ; pour chauffer nos maisons car c’est tellement plus propre et commode la « chaleur intégrale » comme dit la pub ; pour éclairer nos routes, nos enseignes publicitaires, etc.

Bref, nos sociétés « développées » sont comme droguées ; elles sont sous perfusion de pétrole. Au-delà de ce qui vient d’être évoqué comme usages plus ou moins futiles, il en est d’autres bien plus importants qui révèlent autant de « talons d’Achille » de nos sociétés. Ainsi, l’agriculture intensive, et donc notre sécurité alimentaire, n’est concevable que par les intrants (engrais chimiques) à base du pétrole et de gaz. Mais aussi tout notre approvisionnement en produits de toute sorte n’est possible que par un gigantesque bal de camions, d’avions, de camionnettes ... bref par une mobilité forcenée qui pompe sans scrupules l’or noir des entrailles de la Terre. Au niveau mondial, ce sont, chaque jour, environ 13 milliards de litres de pétrole qui sont pompés de la Terre, de quoi remplir près de 700.000 camions de 20.000 litres.

La Terre est finie et donc aussi toutes ses ressources ! Le pétrole aura une fin et, comme tous l’avons déjà lu et entendu nombre de fois, il nous en reste pour « environ 40 ans ». C’est faux : oui vous lisez bien, ce délai « confortable » de 40 ans est sans fondement et surtout sans intérêt. Il nous aveugle et nous empêche de voir le mur qui se dresse juste devant nous, à bien plus court terme. Des géologues, des anciens cadres de compagnies pétrolières, regroupés au sein de l’association ASPO ont bien compris ce qui se prépare mais ils ont grand peine à informer tant les autorités politiques que le grand public.

D’ici peu, au plus tard en 2012 voire 2015 nous devrions passer un cap très symbolique, celui où nous aurons extrait et consommé la moitié de toutes les réserves de pétrole. Et les scientifiques et experts nous expliquent que dès ce moment, deux événements vont se produire quoi que l’on fasse.

Premièrement, on continuera encore à ouvrir quelques nouveaux sites de production mais plus assez pour compenser le déclin de la plupart des sites actuels et répondre aux besoins mondiaux sans cesse croissants. Cette période, nous y sommes peut-être déjà et tout semble indiquer qu’elle sera de courte durée, quelques années tout au plus. Au cours de cette période, le prix du pétrole devrait être élevé mais, plus encore, fluctuant en fonction de nombre d’effets perturbateurs : un ouragan dans une zone de production, un crash boursier, un hiver particulièrement chaud ou froid... vont imprimer des mouvements à la hausse ou à la baisse du prix laissant croire que le pétrole est ainsi tributaire d’aléas conjoncturels.
Deuxièmement, après quelques années de fluctuation des prix, le temps du pétrole facile à extraire sera terminé et les prévisions nous annoncent alors un déclin de son extraction et de sa disponibilité de 2 à 3 % chaque année. Nous aurons alors franchi le sommet de production appelé « pic de pétrole ou peak oil » au-delà duquel, malgré les réserves toujours existantes, au prix devenu alors très cher s’ajouteront inexorablement des pénuries au niveau mondial. La dépendance de tous les secteurs économiques au pétrole bon marché est telle que la récession économique sera alors inéluctable !

En Belgique, des chercheurs de l’université de Mons-Hainaut ont créé l’ASPO-Belgique et ils ont informé de la situation, il y aura bientôt un an, tous les bourgmestres, tous les partis démocratiques du royaume. Les politiques, quel que soit leur niveau de pouvoir ont donc été informés et qu’entendons-nous en retour ? Rien, tout continue comme si rien ne devait perturber les prévisions et les efforts pour avoir une économie avec un vigoureux taux de croissance. Cette situation est d’une folle désinvolture. L’opportunisme, la brièveté des mandats politiques et la peur de mesures impopulaires semblent figer les politiques dans des décisions visant le très court terme et/ou prônant des choix de compétition généralisée s’opposant radicalement à la cohésion sociale. Pour le grand public que nous sommes, nos comportements sont bien souvent guidés par l’ignorance totale (et la pub nous entraîne bien loin des vraies réalités), par le refus de savoir, par l’égoïsme, par le manque de courage individuel et l’absence de vision collective.

Dans les prochaines semaines, nous organiserons une première rencontre « officielle » avec des membres de l’ASPO-Belgique au cours de laquelle nous discuterons dans le détail d’une collaboration entre nos deux associations. L’ASPO-Belgique a déjà mis à notre disposition une partie de son matériel didactique que nous avons intégré dans nos conférences de présentation de la décroissance économique soutenable et de la simplicité volontaire. Deux thématiques, de plus en plus au cœur des actions de notre association, qui constituent respectivement au niveau collectif et au niveau individuel probablement les meilleures réponses à cette future déplétion du pétrole.

Si vous vous sentez concerné(e) par ces futures actions, si vous souhaitez approfondir cette question, contactez notre secrétariat à Dave qui vous donnera toutes les informations utiles

ASPO Belgique, Association pour l’étude du pic du pétrole et du gaz