Photo : luttespaysannes.be

À l’initiative de Nature & Progrès, de l’UNAB, du CEB, de la FUGEA et Greenpeace, les associations environnementales seront présentes afin d’exiger un décret le plus strict possible.

Le Gouvernement wallon a approuvé il y a deux semaines, en dernière lecture un avant-projet de décret relatif à la coexistence des cultures génétiquement modifiées avec les cultures conventionnelles et les cultures biologiques. Ce décret, proposé par le Ministre de l’Agriculture, Benoît Lutgen, transpose un article de la directive européenne qui autorise les Etats membres à prendre les mesures nécessaires pour éviter la contamination d’autres produits par les OGM. 

Ce décret va dans le sens de la défense de l’agriculture paysanne et biologique qui favorise une relocalisation de l’économie en faveur de notre agriculture wallonne, créatrice d’emplois, de plus value et de produits sains. Le décret adopté en Wallonie définit strictement les conditions auxquelles doit répondre toute implantation éventuelle d’un champ de plantes génétiquement modifiées. Il s’agit avec ce décret de se prémunir contre tout risque de dissémination irréversible d’OGM dans l’environnement.

Or l’importance des risques de disséminations irréversibles de plantes génétiquement modifiées est un fait que plus personne ne peut aujourd’hui contester. Le nouveau décret wallon se doit d’en tenir compte. Le texte adopté par le Gouvernement prévoit donc notamment :

- une obligation d’inscription : toute personne souhaitant implanter une parcelle de plantes génétiquement modifiées sur le territoire wallon doit en demander l’inscription auprès de l’autorité compétente et .doit le notifier à tous les agriculteurs voisins. Il est évident que l’autorité compétente et les citoyens doivent être tenus au courant de l’implantation de telles cultures.
- l’isolement de la parcelle doit être rigoureusement organisé par des distances de séparation avec les autres cultures, et cela pour ne pas les contaminer.
- les conditions de culture sont également définies, du semis jusqu’au stockage des récoltes. Le colza transgénique retrouvé dans le Hainaut est un bon exemple de l’importance de ce type de précaution.
- les agriculteurs qui font le choix de cultiver des OGM doivent cotiser à un fond, en vue d’indemniser les agriculteurs qui pourraient subir une perte d’ordre économique suite à une contamination fortuite. Il serait en effet anormal que ce soit la collectivité qui paie les dégâts occasionnés par une telle pollution.
- enfin, le décret wallon prévoit aussi, pour les agriculteurs qui le désirent, la possibilité de définir des zones sans OGM. Les cultivateurs doivent avoir le droit au libre choix de cultiver sans OGM. 

Ce mardi 27 mai, ce projet de décret sera discuté en Commission de l’environnement au Parlement wallon. Nature & Progrès, l’UNAB (l’Union Nationale des Agrobiologistes Belges), le Centre d’Essai Bio (CEB), la Fédération Unie de Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs (FUGEA) et Greenpeace exigent un décret le plus strict possible et rappellent l’importance de fixer le seuil de coexistence au niveau le plus bas possible (seuil de détection d’OGM de 0.1%). Nous avons cette exigence car nous pensons que, sans ce seuil, la coexistence est simplement impossible.
Pour cela, nous serons présent au Parlement pour offrir aux Parlementaires un bouquet de colza, qui risquerait, à l’avenir, de n’exister qu’en version transgénique, s’ils ne prennent pas les bonnes décisions !

Lettre aux parlementaires

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Le Gouvernement wallon a approuvé il y a deux semaines, en dernière lecture l’avant-projet de décret relatif à la coexistence des cultures génétiquement modifiées avec les cultures conventionnelles et les cultures biologiques. Ce décret, proposé par le Ministre de l’Agriculture, Benoît Lutgen, transpose un article de la directive européenne qui autorise les Etats membres à prendre les mesures nécessaires pour éviter la contamination d’autres produits par les OGM. Vous allez aujourd’hui l’examiner.

Ce texte définit strictement les conditions auxquelles devra répondre toute implantation éventuelle d’un champ de plantes génétiquement modifiées. Il s’agit essentiellement de continuer à défendre une agriculture de qualité et à se prémunir contre tout risque de dissémination irréversible. Depuis la régionalisation de l’agriculture, notre région a développé une politique agricole basée sur le maintien d’une agriculture familiale, offrant des produits de grande qualité, à haute valeur ajoutée. Qui voudrait que ce système change et que la qualité de notre production s’amenuise ?

Or l’importance des risques de disséminations irréversibles de plantes génétiquement modifiées est un fait que plus personne ne peut aujourd’hui contester. Le nouveau décret wallon se doit d’en tenir compte :

- Il est évident que l’autorité compétente et les citoyens doivent être tenus au courant de l’implantation de cultures OGM. Pour cette raison, l’obligation d’inscription doit impérativement se trouver dans le décret : toute personne souhaitant implanter une parcelle de plantes génétiquement modifiées sur le territoire wallon doit en demander l’inscription auprès de l’autorité compétente et doit le notifier à tous les agriculteurs voisins.
- Pour ne pas contaminer les autres cultures, l’isolement de la parcelle doit être rigoureusement organisé par des distances de séparation.
- Le colza transgénique retrouvé dans le Hainaut est un bon exemple de l’importance de définir toutes les conditions de toutes les étapes de culture : du semis jusqu’au stockage des récoltes.
- Il serait anormal que ce soit la collectivité qui paie les dégâts occasionnés par une pollution OGM. C’est pourquoi les agriculteurs qui font le choix d’en cultiver doivent cotiser à un fond, en vue d’indemniser les agriculteurs qui subiraient une perte d’ordre économique suite à une contamination fortuite.
- enfin, les cultivateurs doivent avoir le droit au libre choix de cultiver sans OGM. C’est la raison pour laquelle, la possibilité doit être laissée aux agriculteurs qui le désirent de définir des zones sans OGM. 

Nature & Progrès, l’UNAB (l’Union Nationale des Agrobiologistes Belges), le Centre d’Essai Bio (CEB), la Fédération Unie de Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs (FUGEA) et Greenpeace prennent la défense de l’agriculture paysanne et biologique qui favorise une relocalisation de l’économie en faveur de notre agriculture wallonne, créatrice d’emplois, de plus value et de produits sains.

Nous exigeons donc un décret le plus strict possible et nous souhaitons vous rappeler l’importance de fixer le seuil de coexistence au niveau le plus bas possible (seuil de détection d’OGM de 0.1%). Nous avons cette exigence car nous pensons que, sans ce seuil, la coexistence est simplement impossible. Pour cela, vous recevez ce bouquet de colza. Cette plante, qui risquerait, à l’avenir, de ne plus exister qu’en version transgénique, si vous ne prenez pas les bonnes décisions !