On ne parle que de lui depuis des mois et croyez- moi encore pour longtemps. En 2006, grande ouverture avec le film d’Al Gore puis avec le rapport économique Stern. En 2007, la suite en plusieurs temps avec les rapports du GIEC qui de Paris à Bruxelles et bientôt à Bangkok mettent en évidence, sur base de données scientifiques irréfutables, les catastrophes que l’humanité et tous les êtres vivants ont commencé à vivre. Les modèles se précisent et prévoient de plus en plus finement ce qu’elles seront demain si nous ne faisons rien, si nous faisons peu, si nous faisons beaucoup.

Les conséquences au niveau planétaire du phénomène enclenché, il y a près de 2 siècles, avec la révolution industrielle, et l’appétit énergétique de nos sociétés industrielles jamais assouvi sont là devant nous, sans aucune esquive possible : le carbone arraché à la Terre et envoyé dans le ciel, par milliards de tonnes, réchauffe le climat, provoque des changements climatiques incontrôlables partout et... angoisse : nous n’avons qu’une Terre !

Ecologistes, scientifiques et maintenant aussi des politiques, des économistes, des financiers demandent que l’on passe à l’action : « TOUS et TOUT contre le changement climatique ». Passer à l’action en finançant massivement toute la recherche de solutions technologiques qui vont nous sauver. Et même pour certains, passer à l’action au niveau de notre consommation en « consommant mieux ». D’autres, encore très minoritaires, osent : « consommons moins ». Les prémisses de cette révolution annoncent-ils une ère de sagesse pour l’Humanité ?

Pourquoi avoir attendu trente ans pour réagir ? Trente ans que l’appel du club de Rome a réclamé une halte de la croissance économique. Trente ans que presque tous les indicateurs de bonne santé des grands écosystèmes mondiaux et locaux (forêts, mers, montagnes, etc.) sont passés à l’orange puis au rouge.

Parce que depuis plus de trente ans, ces destructions environnementales et sociales, nous les avons soigneusement délocalisées dans les pays du Sud et cela bien avant qu’on ne parle de mondialisation. Plus de trente ans que les ressources matérielles et énergétiques « indispensables » à notre consommation comme le charbon, le fer, le bois, etc. viennent de moins en moins de chez nous mais de plus en plus de ces lointains pays du Sud. Autant d’années que la nourriture dont nous gavons nos animaux d’élevage confinés dans des conditions et des espaces révoltants proviennent de plantations lointaines établies en lieu et place des forêts primitives. Trente ans que nous avons pu maintenir, chez nous, notre environnement immédiat presque stable, presque sain... en détruisant largement celui du Sud.
Trente ans que nous avons pu maintenir, chez nous, la croissance économique pour le bien ... surtout des plus riches. Trente ans que, malgré les cris de quelques-uns, on garde le nez dans le guidon en pédalant de plus en plus vite.

Et maintenant STOP : avec le réchauffement climatique le chef d’orchestre change, l’homme s’efface : la menace est là, majeure, inéluctable, concernant indistinctement le Nord comme le Sud, les pauvres comme les riches.

Cette menace va-t-elle enfin nous obliger à remettre en question notre mode de développement dévastateur ?

Si cela pouvait être vrai, on ne pourrait que s’en réjouir et remercier le réchauffement climatique d’avoir mis la crise écologique au centre de nos préoccupations, sans possibilité de « glisser le tout sous le paillasson ». Un peu comme un dernier grand accord d’unisson pour nous rappeler que sans une Terre vivante, nos économies, nos sociétés sont du vent, disparaissent !

Mais que de souffrance, aujourd’hui et demain, pour notre humanité et toutes les formes de vie, cela représente et cela va représenter. La partition sera-t-elle celle de la solidarité ou de la barbarie ? Cela ne dépendra que de nous !

- Ezio Gandin
administrateur

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