Les agro-carburants sont produits à
partir de végétaux tels que l’huile de
palme, la canne à sucre, le soja oula betterave. En théorie, ils sont plus « propres » que le pétrole ou le diesel parce
que la plante absorbe du dioxyde de carbone durant sa croissance. Certains y
voient donc une réponse facile aux problèmes posés par le réchauffement climatique et la raréfaction des carburants fossiles. Se prononcer en faveur des agrocarburants permet de dire que l’on va faire
quelque chose pour le climat sans devoir
s’attaquer à la demande générale en énergie. C’est également un marché en développement dont certaines compagnies
attendent des profits substantiels. Ainsi la
compagnie pétrolière BP investit d’ores et
déjà dans ce secteur en prévision du prochain choc pétrolier !

Mais les agro-carburants sont loin
d’être la panacée qu’ils semblent être :
ils peuvent même se révéler plus nocifs
que bénéfiques pour le climat.


Pourquoi ? De vastes étendues de forêt tropicale sont défrichées pour y installer ces
nouvelles cultures. Or ces forêts éliminent
le CO2 de l’atmosphère et réduisent le
changement climatique. Cette déforestation ­ souvent effectuée par la mise à feu est une source importante de pollution. Les méthodes de culture intensives utilisées pour produire les agro-carburants
peuvent générer plus de gaz à effet de
serre que leur utilisation n’en épargne.

Engrais et pesticides gravement également la pollution de l’eau.Des espèces animales telles que les
Orang-Outans sont menacées par l’extension incontrôlée de ces cultures qui se fait
au détriment de leur milieu naturel.La main-mise de sociétés commerciales
sur des terres agricoles contribue à fragiliser les communautés locales, qui sont
chassées de leurs terres ancestrales et
privées de leurs moyens de subsistance,
et cela dans des conditions parfois très
violentes. Cette atteinte aux droits des
populations est autorisée par l’Etat dans
des pays comme le Brésil ou la Malaisie.

Les paysans chassés de leur terre vont
grossir le nombre des pauvres dans les villes, ou sont réduits à travailler pour un maigre salaire dans les plantations où les
conditions de travail sont proches de l’esclavage.

Enfin, la compétition entre cultures alimentaires et agrocarburants pour l’utilisation de la terre et de l’eau provoque
une hausse des prix des denrées alimentaires de base. Des dizaines de millions de personnes souffrent de plus en
plus de la faim parce que l’on détourne
des denrées alimentaires de leur usage
pour nourrir nos voitures !

Dans le cadre d’une Directive sur le développement des énergies renouvelables,
l’Union européenne envisage de rendre
obligatoire l’addition de 10% d’agrocarburants dans tous les carburants mis sur le
marché européen d’ici 2020. Cet objectif
ne peut être atteint sans augmenter encore
les surfaces consacrées à ces cultures
dans les pays en développement : au final,
encore plus de personne déplacées et de
vie sauvage et de biodiversité détruites
pour une aggravation de la crise alimen-
taire mondiale !

Les Amis de la Terre ont lancé, en
Europe, une campagne pour amener
l’Union Européenne à revenir sur cet
objectif destructeur pour les hommes et
la planète.

Selon Adrian Bebb, responsable
de cette campagne pour Friends of the
Earth Europe :« les agrocarburants sont unefausse solution aux problèmes de climat et
d’énergie. Utiliser des produits agricoles
pour nourrir des voitures alors que des êtres
humains souffrent de la faim est moralement
indéfendable. L’Union Européenne doit
abandonner cette voie et opter pour de
vraies solutions telles que des véhicules
plus propres et des mesures d’économie
d’énergie dans tous les secteurs en
Europe ».

Pour agir :

- http://www.foeeurope.org/agrofuels/index.html

Véronique : pour FoE Europe