En Belgique, la consommation de viande demeure excessive. Des sondages provenant d’instances officielles ont démontré que la consommation de protéines animales est 1,5 fois plus élevée que les recommandations maximales. Cette surconsommation entraîne non seulement des problèmes écologiques mais nuit également à la santé publique.

Selon la FAO (organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies), 18 % des émissions de gas à effet de serre (GES) sont imputables à l’élevage de bétail, soit un pourcentage supérieur à celui du secteur des transports.

En Belgique, des sondages provenant d’instances officielles ont démontré que la consommation de protéines animales est 1,5 fois plus élevée que les recommandations maximales. Cette surconsommation entraîne non seulement des problèmes écologiques mais nuit également à la santé publique : une trop grande consommation de viande augmente le risque de maladies cardio-vasculaires, d’obésité, de diabète et de certains types de cancer.

L’élevage de bétail requiert en outre une énorme superficie de terre arable (pour la production de fourrage). Sous ce rapport, la consommation de viande est un facteur central dans la crise alimentaire actuelle.

Une telle situation est parfaitement intenable.

Le Bureau Fédéral du Plan a récemment encouragé une diminution sensible de notre consommation de viande, afin de réaliser nos objectifs de développement durable. Rachendra Pachauri, qui préside le GIEC (groupe d’experts internationaux sur le climat) et a reçu en 2007, avec Al Gore, le prix Nobel de la Paix, partage ce souci : “Please, eat less meat !’. Telle est la teneur de son message urgent, aux consommateurs du monde entier.

Un message clair et net mais que le monde politique tarde à recevoir 5/5.

Les instances publiques ont jusqu’ici fait très peu d’efforts pour encourager les gens à manger plus sainement et plus durablement en adoptant une alimentation pauvre en viande. Le gouvernement fédéral n’est, pour l’instant, pas plus en mesure de répondre aux recommendations du Bureau Fédéral du Plan. Or, celles-ci confirment clairement l’urgence d’une dimunition de la consommation de viande.

Ce qui se trouve dans notre assiette est certainement un choix individuel. Ce choix n’est cependant pas sans conséquence à long terme pour notre environnement, notre santé et le bien-être du reste du monde. Les autorités se doivent de sensibiliser l’opinion publique à ce sujet. Nous demandons explicitement aux instances officielles d’entamer une politique visant à diminuer notre consommation de viande en faveur des alternatives d’origine végétale. Le gouvernement des Pays-Bas peut servir d’exemple : la diminution de la consommation de viande y est un des six piliers de sa politique de développement durable.

Il va de soi qu’en cette matière, il est indispensable de faire la connexion avec d’autres aspects de notre alimentation quant à sa durabilité écologique. Nous devons réduire au maximum l’empreinte écologique de ce qui se trouve dans notre assiette. Cela exige non seulement des modifications de nos habitudes alimentaires - moins de produits d’origine animale, plus de produits d’origine végétale - mais aussi un intérêt accru pour la façon dont notre nourriture est produite. Si l’élevage intensif est incompatible avec cette optique, un élevage familial, intégré et pratique à échelle réduite reste bien entendu envisageable.

Nous proposons les mesures suivantes, divisées en cinq groupes :

- 1. Donner le bon exemple

— 1.1. une offre suffisante en quantité et qualité de repas végétariens doit exister dans les restaurants du secteur public.
— 1.2. la consommation de repas végétariens doit être stimulée dans les restaurants du secteur public.

- 2. Sensibiliser les consommateurs à l’impact de leurs habitudes alimentaires

— 2.1. des campagnes axées sur la diminution de notre consommation de viande doivent être mises sur pied.
— 2.2. une attention accrue doit être portée aux thématiques ’alimentation durable’ et ’diminution de la consommation de viande’ dans les programmes scolaires.
— 2.3. une aide doit être envisagée pour permettre aux écoles et centres d’enseignement supérieurs d’élargir leur offre d’alimentation durable dans les catines.
— 2.4. Les radios et télévisions de service publique doivent jouer la carte du développement durable par le biais de l’alimentation.

- 3. Rendre les alternatives écologiques plus avantageuses

— 3.1. en engageant notre pays à accélérer le retrait du soutien européen à l’élevage intensif.
— 3.2. en étudiant de quelles manières les alternatives écologiques à la consommation de viande peuvent être stimulées financièrement.

- 4. Encourager le secteur de la restauration à étendre l’offre végétarienne

— 4.1. en organisant des concertations avec le secteur alimentaire pour améliorer
l’offre de repas végétariens dans l’HORECA.

- 5. Améliorer la coordination des différents secteurs publiques

— 5.1. en développant une politique commune orientée sur la diminution de la consommation de viande.

Cet appel st soutenu par Friends of the Earth Vlaanderen & Brussel et EVA (association pour le végétarisme flamande).