Nous sommes tous conscients que notre empreinte écologique est beaucoup trop importante et des conséquences catastrophiques que cela induit au niveau de notre environnement. Nous sommes, de plus, en période électorale et nos politiques semblent enfin se préoccuper sérieusement de l’écologie. Annonces et interviews se bousculent : nous pourrions presque dire « ouf, ça y est, tout le monde y pense ! »

Hélas, alors que je participais, il y a peu, à une animation à l’Ecole des Hougnes à Verviers, j’ai dû faire le constat suivant : l’information est donnée, elle est connue, mais elle n’est pas mise en pratique...

A la suite d’une demande de l’asbl RéForm, nous avons collaboré au projet que cette association avait initié : « Des enfants au Pays des Vergers ». A l’Ecole des Hougnes, il y a un petit verger dans lequel quelques pommiers imposants donnent leurs fruits généreusement chaque année. Le projet de RéForm est de sensibiliser les enfants à l’importance d’avoir une alimentation saine et naturelle, mais aussi de planter quelques jeunes arbres supplémentaires ainsi que des groseilliers et des framboisiers. Tout cela étant réalisé en activités extérieures. J’avais apporté ma contribution au projet en proposant un exposé succinct sur l’importance des insectes pollinisateurs et plus particulièrement sur la vie des abeilles : j’avais emmené une ruchette et j’ai pu montrer les cadres, les alvéoles remplies de miel ou de pollen. Quatre jours complets pour faire le tour des 14 classes, de la première maternelle à la sixième primaire !

Caroline Demey, permanente chez RéForm commençait l’exposé par un « tour de table » en demandant aux enfants de nous montrer ou nous dire quelle était la collation qu’ils avaient dans leur cartable. Au tableau, nous écrivions cela dans une colonne « Collation saine » et « Collation autre »...Nous fûmes étonnés de constater que la plus grande majorité des enfants étaient bien informés de ce qu’était une collation saine, mais que quasiment aucun n’en avait reçu de ses parents. Tous ou presque avaient comme « dix heures » une barre chocolatée, des biscuits hyper sucrés, des bonbons aux colorants nombreux et variés, des chips, etc...

Tous savaient, aucun n’avait... La réflexion d’une fillette un peu déçue de ce que l’on plaçait son biscuit dans les « Collations autres » m’a fait réfléchir. Influencée par le battage publicitaire de la marque de biscuit, elle pensait que le fourrage blanc qui se trouve au cœur de sa friandise était du lait. Je l’ai détrompée en lui expliquant qu’il y avait peut être quelques litres de lait ajoutés à la tonne de pâte, mais que cela n’avait rien à voir avec ce cruchon qui déverse tout un litre de lait dans un seul biscuit comme le montre la publicité...

Nous devons informer les jeunes générations, nous devons informer les petits et les tous petits en plus de leurs parents, mais je crois qu’il ne suffit pas de leur présenter une bonne pratique (écologique, énergétique, alimentaire...), il faut aussi leur donner les outils adaptés à leur âge pour décrypter les messages publicitaires et éveiller leur sens critique. A quoi cela sert-il, en définitive, d’informer si l’information n’est pas exploitée car parasitée, étouffée, par une autre, plus médiatique, plus alléchante, mieux présentée ?

Nous organisons, cet été, deux semaines de stage « Enfants » à Dave. De la balade nature à l’atelier « papier recyclé » ou « économisons l’eau », nous aurons de bons moments d’information ludique à offrir à nos petits participants. Nous veillerons à aller plus loin pour initier en eux non pas de la méfiance, mais une attention éveillée. Il est important qu’ils soient capables d’analyser un message publicitaire et qu’ils sachent faire la différence entre ce qui est dit, montré, et ce qui est réellement.

L’expérience vécue à l’Ecole des Hougnes fut tellement instructive, enrichissante et émouvante même (j’ai reçu au moins 35 bisous avant de partir le dernier jour), que je ne rêve que d’une chose : réitérer ce type d’expérience dès que possible.

Nos « tous petits » seront les adultes de demain. Nous avons tous été les « adultes de demain » à une époque. Nos parents nous ont appris la politesse, l’hygiène, le travail, etc. mais ceux de ma génération qui ont appris l’écologie et la santé sont rares.

Même si notre reconnaissance en tant qu’association d’Education Permanente oriente nos actions vers un public adulte, notre association doit s’intéresser à l’information des jeunes et des très jeunes. Leur donner aujourd’hui les outils qu’ils pourront utiliser demain à l’âge adulte est un devoir si nous ne voulons pas que les nouvelles générations soient englouties dans le consumérisme, le gaspillage d’énergie, ...

Nous avons commis des erreurs par le passé. Va-t-on laisser nos « tout petits » commettre les mêmes ? Leur ouvrir les yeux aujourd’hui leur permettra peut-être de ne pas reproduire nos erreurs. Notre société nous incite à protéger nos enfants des dangers de notre quotidien : la rue, le feu, les objets coupants... mais bien trop peu pour les préparer à leur future vie d’adulte où l’écologie devra avoir une place importante.

- Marc
permanent, animateur