Refuser le ciel ... pour préserver la Terre

L’été, saison du soleil, saison des premiers fruits est aussi la période des grandes migrations humaines. Dans notre pays, les dernières statistiques nous disent que plus de 6 millions de belges traverseront la frontière pour passer quelques jours, quelques semaines à l’étranger. « Partir à l’étranger » est devenu un objectif annuel important pour la majorité d’entre nous, nécessitant une quantité de travail importante tout au long de l’année. Cette évasion à l’étranger doit permettre de satisfaire les mille et un « besoins » que notre société de surconsommation a su créer en chacun d’entre nous : trouver le soleil à tout prix, voir le monde, aller toujours plus loin, ...

Cette migration estivale se fera pour quelques centaines de milliers de personnes en transport en commun, pour près de 3 millions avec la voiture et pour les autres 3 millions de belges grâce à l’avion ! Et oui, en quelques années, l’offre des compagnies à bas prix ou « low cost » a réussi à séduire presque la moitié des vacanciers. Il faut dire que le prix de ces « vols vers le soleil et le rêve » est le plus souvent bien inférieur - quand ce n’est pas dérisoire - par rapport à celui demandé pour les mêmes trajets en train, bateau ou car.

Cherchons l’erreur écologique quand on sait que chaque kilomètre parcouru par un avion produit la même quantité de gaz à effet de serre - ce fameux CO2 qui détraque notre climat - que 1000 km pour une voiture ; quand on sait que chaque gramme de CO2 produit par un avion à haute altitude à un impact environnemental presque 3 fois plus important que celui produit au niveau du sol ; quand on sait qu’au cours de ces 15 dernières années la quantité de CO2 produite, dans nos pays, par les avions a doublé alors que la quantité totale produite par tous les autres secteurs réunis est à peu près restée constante !

Ne cherchons plus l’erreur financière quand on sait que les pouvoirs publics ne prélèvent aucune taxe sur le carburant de nos « chers » avions alors que pour les autres modes de transport ... ; quand on sait que l’aéroport de Bierset est le plus grand chantier public de Wallonie et cela depuis des années et encore pour des années : c’est-à-dire le plus grand « aspirateur - gouffre » de notre argent public.
Refuser le ciel ... pour les transports en commun, refuser le ciel pour le vélo, refuser le ciel pour la marche à pieds, refuser le ciel pour le voyage intérieur au pays de chez soi. Les alternatives durables et conviviales plus en accord avec notre Terre et avec nous-mêmes ne manquent pourtant pas ! Mais, il est vrai, qu’elles ne s’étalent pas sur toutes les affiches et ne débordent pas de tous nos écrans !

7 consommateurs sur 10 utilisent des sacs jetables !

En Belgique, trois milliards de sacs sont distribués chaque année. Autrement dit, chaque belge utilise 300 sacs jetables par an. Le plastique utilisé, du polyéthylène à haute densité, est fabriqué grâce à des produits pétroliers et génère des émissions polluantes dans les eaux et l’air. La quantité de pétrole dans ces sacs n’a rien de dérisoire. En effet, la fabrication d’un sac en plastique de sortie de caisse nécessite 2 cl de pétrole. Cela équivaut donc à 60 millions de litres de pétrole par an pour toute la Belgique.


De pus, il lui faut 400 ans pour se décomposer alors que sa durée d’utilisation moyenne est de 20 minutes. Un grand nombre de ces sacs, portés par le vent, échouent dans la nature et représentent outre une nuisance visuelle, un piège mortel pour la faune. Les sacs jetés à la poubelle, eux, finissent soit dans une décharge soit dans un incinérateur où ils participeront, suite au traitement, à l’effet de serre et à l’acidification atmosphérique.

Les chaînes de grands magasins proposent des alternatives à leur clientèle de façon de plus en plus singulière tel que les sacs en plastiques réutilisables, les caisses pliables ou encore les sacs en toile de jute. Il s’avère même que selon le magasin fréquenté, le consommateur adopte des comportements très spécifiques. Les alternatives les plus souvent rencontrées sont tout de même les cartons, les sacs réutilisables et les bacs en plastiques.

Néanmoins, le comportement des consommateurs n’évolue que trop lentement et les sacs jetables restent monnaie courante. C’est pourquoi, la majorité au parlement wallon demande sa disparition. En effet, le PS et le CDH ont tous deux déposé une proposition de résolution relative à la disparition de sacs plastiques jetables. Ces deux propositions ont comme point commun, la disparition dans les trois régions des sacs en plastique jetable à l’horizon 2007.

Les Droits de l’Homme noyés dans des barrages !

Il y a plus de dix ans déjà, au Paraguay, l’un des plus grand et des plus complexe projet hydroélectrique de tout les temps a vu le jours : le Yacyretá. Depuis le début, ce projet était miné par les retards, la corruption, les controverses, l’instabilité politique et les abus de pouvoir. Les tentatives de la société civile pour participer à la prise de décision ont toujours buté sur une forte résistance institutionnelle. Ce projet à nécessité la construction d’un barrage de 67 km en travers d’une large rivière. Le lac artificiel ainsi créé a noyé 110 000 hectares de terres dont, des écosystèmes naturels uniques au monde, de riches terres agricoles et des zones urbaines densément peuplées. Les impactes du projet sur les communautés étaient énormes, avec des milliers de familles déplacées. La hausse du niveau de l’eau et les modifications du régime des eaux de surfaces ont contaminé les approvisionnements en eau et donc exposé des milliers de familles pauvres à des forts risque de maladies. Les Amis de la Terre - Paraguay avaient à l’époque demandé aux responsables de Yacyretá de compenser les préjudices causés par le barrage via un mécanisme de remboursement de la dette pour financer des compensations, l’atténuation des préjudices subis, le réinvestissement des bénéfices au profit des communautés touchées et de développer des programmes visant à restaurer les systèmes hydrologiques et les écosystèmes, pour mettre sur pied une agriculture durable et à revitaliser les villes environnantes.


Les compensations et les programmes de relogement se sont avérés incapables de satisfaire les besoins de base des milliers de familles. C’est dans cet état des lieux que le gouvernement paraguayen a prévu de faire monter la surface du lac de 76 à 83 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui devrait déplacer au moins 57000 personnes de plus.

Il en va de même en chine, où un projet gargantuesque prévoit de créer un réservoir de plus de 600 km de long permettant de produire autant d’électricité que 15 centrales nucléaire. Le projet de barrage des Trois Gorges déplace actuellement plus de 1,9 millions de personnes, détruit d’inestimables trésors archéologiques et fait du fleuve Yangtze un égout rempli de déchets toxiques.

Le Réseau International pour la protection des cours d’eau (IRN) ainsi que d’autres groupes de défense de l’environnement ont appelé les gouvernements étrangers et les institutions financières internationales à ne pas soutenir le projet des Trois Gorges. Malgré tout, les gouvernements d’Allemagne, de Suisse, de Suède, du Canada, de France et du Brésil ont approuvé des crédits à l’Exportation de plus de 1,5 millions de dollars pour un projet dont leurs entreprises nationales tirent de juteux contrats.

En 2003, l’IRN a enquêté sur ce projet en terme d’impactes sur les Droits de l’Homme. L’enquête a révélé que les terres et les emplois promis aux populations déplacées n’existaient pas et que les fonds de compensation étaient couramment détournés en faveur d’autres projets ou de particuliers. Le rapport conclut que le projet des Trois Gorges est devenu un instrument de répression comprenant de très larges infractions aux Droits de l’Homme. La plupart des gouvernements occidentaux n’ont pas répondu aux critiques et inquiétudes qui leur ont été adressés suite à ce rapport. A l’heure actuelle, la construction du barrage est terminée et le réservoir est à moitié rempli.

Les énormes impacts sociaux de ces projets colossaux constituent une violation grave des droits fondamentaux de l’homme à la propriété, au logement, à la santé, à l’environnement et à la qualité de vie.