Voilà bien une expression que l’on entend, voire que l’on prononce, le plus souvent sans y prêter trop attention. Et pourtant, elle mérite un temps de réflexion ...

Plus de quoi ? Deux suites viennent directement à l’esprit.

« Si j’avais plus de temps, je ferai, j’irai, ... »

La course après le temps, voilà bien une course qui préoccupe beaucoup d’entre nous et qui pour presque autant d’entre nous est perdue d’avance. La solution est pourtant évidente : « il faut ralentir ». Pas ralentir le temps qui lui défile inexorablement mais ralentir le rythme de nos activités. Car malgré tous nos bijoux technologiques - de la voiture à la machine à laver et passant par le four à microonde - qui devraient nous donner plus de temps, nous en avons de moins en moins ; en tout cas, c’est ce que nous ressentons. Même les prépensionné-e-s ont le même sentiment !

A chacun de nous de méditer ces 2 éléments :
- notre société nous crée en permanence tellement de nouveaux besoins que dès qu’un peu de temps se libère, il est rempli par de nouvelles activités ; d’autres attendant le prochain trou dans l’agenda ...
- le temps passé devant la TV ne cesse d’augmenter ; on est maintenant pratiquement à 4 heures par jour par personne. Considère-t-on que ce temps est « hors du temps » et qu’il n’est pas question de le réduire ...

Si j’avais plus d’argent, j’achèterai, je remplacerai...

Avoir plus d’argent pour posséder plus mais aussi pour se rassurer au cas où ... Ce besoin d’AVOIR PLUS pour vivre mieux, comme notre quête de temps libre, ne pourra jamais être assouvi tant que nos besoins enflent au rythme des messages publicitaires porteurs de bonheur garanti ... et pourtant toujours plus éloigné ! Nous consommons aujourd’hui au moins deux fois plus de biens matériels que la génération de nos parents et pourtant notre envie d’AVOIR est toujours là et même probablement encore plus grande.

Pour en sortir, la meilleure voie semble être de reconsidérer tous ces besoins matériels insatisfaits qui nous envahissent ; de découvrir qu’ils ne sont, le plus souvent, qu’envies passagères et que nos réels besoins sont bien moins nombreux et ailleurs qu’au bout de notre portefeuille.

Au final, RALENTIR pour mieux satisfaire ses besoins matériels, psychologiques, spirituels fondamentaux pourrait être l’antidote libérateur. Saurons-nous bousculer nos habitudes, notre mode de penser pour arriver à concrétiser : « Et si je faisais avec moins de ...et encore avec moins de ... pour vivre tout simplement mieux ».

Ezio Gandin

Amis de la Terre : administrateur