Le chemin individuel vers une vie
plus simple se marque souvent par
des changements au niveau de la
consommation (le désencombrement),
du rythme de vie (ralentir) et des liens
que nous tissons avec notre entourage
(plus de liens). Les groupes de SV que
nous mettons en place et soutenons,
depuis quatre ans, constituent une aide
importante pour celles et ceux qui sont
ou qui veulent s’engager sur ce chemin
encore très largement à contre-courant.

La structure, l’organisation des ces
groupes - développés par le réseau québécois
de SV et plus particulièrement par
M. Burch - permettent via les thèmes de
réflexion, de partage proposés de soutenir
nos démarches de désencombrement
matériel et intérieur, premier pilier de la
SV. Le ralentissement du rythme de
notre vie est également abordé via une
réflexion qui s’appuie sur la réalité de
notre agenda, de notre gestion du temps.

Pour le troisième pilier, par contre,
aucun outil n’est actuellement proposé
pour développer notre capacité à établir
et à maintenir des liens riches. Ce point
est pourtant essentiel car c’est ce sentiment
profond d’être en sécurité, d’être
relié à ceux qui nous entourent qui facilite
notre détachement progressif de tous
ces objets, de tous ces achats qui nous
offrent généralement qu’un plaisir immédiat
suivi rapidement d’un retour douloureux
au sentiment d’insécurité initial.
Ces achats souvent « inutiles » nous obligent
également à « travailler plus » pour
maintenir ce niveau de consommation,
de bien-être éphémère !
Créer des liens, les conserver, les nourrir,
est donc un élément essentiel de la
SV. La communication non violente
CNV, développée par Marshall
Rosenberg [1] nous paraît être une méthode
très riche pour aller vers ce « plus de
liens ». La CNV nous engage à reconsidérer
la façon dont nous nous exprimons
et dont nous entendons l’autre. Basée sur
l’analyse de l’origine de nos émotions
déclenchées par des mots, des écrits, des
images, etc... elle vise à comprendre
lequel de nos besoins essentiels est « touché
 ». Ensuite, elle nous guide pour nous
exprimer sincèrement et clairement,
même dans des conditions éprouvantes,
en laissant toujours à l’autre la possibilité
d’accepter ou de refuser notre demande.
Cette méthode a franchi rapidement
l’Atlantique et est maintenant bien
implantée dans notre pays.

Notre collaboration, depuis deux ans,
avec Thomas d’Ansembourg, un des formateurs
belges de la CNV parmi les plus
reconnus, se marquera dans les prochains
mois de 2009 par la mise sur pied d’un
stage de 4 jours de CNV-SV : voir l’annonce
sur cette page. On soulignera le
fait qu’après avoir publié 2 livres qui ont
connu un gros succès (Cessez d’être gentil,
soyez vrai ! ; Etre heureux, ce n’est pas
nécessairement confortable), Thomas
d’Ansembourg vient de publier un nouveau
livre [2] dans lequel il développe le
concept d’intériorité citoyenne : « l’intériorité
ne relève plus de la seule sphère
privée : elle acquiert plus que jamais une
dimension citoyenne » et met en avant
l’intérêt des groupes de SV dans ce cheminement
vers une transformation personnelle,
étape indispensable à une transformation
collective.

Nous attendons avec beaucoup d’intérêt
ce stage et nous espérons qu’il rencontrera
beaucoup de succès auprès des participants.
Si c’est le cas, nous essaierons
de proposer, dans l’avenir, aux membres
des groupes de SV, un module de sensibilisation
à la CNV.

Notes

[1Marshall B. Rosenberg « Les mots sont des
fenêtres (ou des murs) - introduction à la communication
non violente », Editions Jouvence, 2005

[2Thomas d’Ansembourg « Qui fuis-je ? Où
cours-tu ? A quoi servons-nous ? vers l’intériorité
citoyenne », Les Editions de l’HOMME, 2008