Parmi les quelques voix qui proposent de sortir des crises actuelles autrement qu’en essayant de relancer la machine économique, certaines parlent d’une sortie de la croissance économique, du capitalisme.

Mais que veut vraiment dire « sortir de la croissance, sortir du capitalisme » et pourquoi ce message reste-t-il pour la grande majorité d’entre nous tout simplement inaudible et la réponse inconcevable. Christian Arnsperger, économiste et philosophe de l’UCL, nous a fait un immense cadeau en présentant en décembre dernier devant notre groupe SOS - groupe de réflexion autour de la décroissance et de la simplicité volontaire - une conférence intitulée : « comment dompter notre « capitalisme intérieur : une morale de l’autolimitation a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? ».

L’objet principal de cet exposé était d’expliquer pourquoi nous, habitants actuels des pays occidentaux, des pays riches, avons tant de difficulté d’imaginer une société sans croissance économique, sans capitalisme. L’histoire de la création de cette économie de la croissance, au 18ème siècle, permet de beaucoup mieux comprendre pourquoi notre imaginaire est aujourd’hui complètement colonisé par cette idée de croissance économique. Dans la dernière partie de la conférence, l’auteur a proposé deux pistes - la démocratisation et la simplification - qui doivent nous permettre d’éviter la catastrophe vers laquelle nous conduit le capitalisme. Le texte complet (12 pages) de ce remarquable exposé est disponible sur notre site internet mais il peut aussi être commandé à Dave au prix coûtant de l’envoi. Une synthèse de 2 pages, est également disponible sur la même page et au secrétariat.

Tout récemment, Christian Arnsperger a complété cette première analyse avec une autre remarquable conférence à Namur intitulée : « société de solidarité et de sobriété ». En partant cette fois de la limitation des ressources et en particulier du pétrole, il a bien montré toute la fragilité de notre économie mondialisée tout en développant ce que la relocalisation économique inévitable pourrait être. L’analyse de nos résistances intérieures « d’occidentaux » à ce changement pourtant souhaitable a constitué l’axe de la seconde partie de la conférence en prenant appui sur les neuro-sciences et plus particulièrement sur la structure particulière de notre cerveau où les niveaux modernes et anciens sont mis en conflit. Nous espérons pouvoir mettre bientôt à disposition un compte-rendu de cette conférence. Un livre est annoncé pour la fin de l’année.

Ezio Gandin