Ce qui était concevable, il y déjà 20 ans, mais non considéré car non rentable, commence doucement à être accepté par nos sociétés.
En 1984, dans un auditoire à Liège, Place du XX Août, un professeur d’université passionné par les énergies renouvelables présentait un état des lieux en se concentrant principalement sur les éoliennes...

Son laboratoire avait conçu, testé et optimisé un appareil de petite puissance (le rototherm) pour produire directement de l’eau chaude sans passer par la filière classique des transformations : conversion d’un mouvement tournant (vent, éolienne ou hydro, turbine hydraulique - des énergies renouvelables) en électricité via un alternateur (avec perte de rendement) puis enfin une conversion en chaleur par les résistances électriques d’un boiler d’eau à chauffer ». En parallèle des essais, le service universitaire avait également fait des études de rentabilité financière du projet car les subsides étaient déjà de plus en plus liés à ce critère. L’analyse de cette étude conclut, à regret pour ce professeur, à la non rentabilité des énergies renouvelables face au ... pétrole ! C’est alors que quelqu’un dans l’auditoire s’est insurgé, est monté sur l’estrade et a essayé d’expliquer sur base de sa propre réalisation d’éolienne, que cela n’était et ne pouvait être le cas. Mais les chiffres implacables de l’analyse étaient là, devant nous, bien justifiés par le jeune assistant du professeur...

Cet opposant - c’était René Meessen (notre spécialiste éolienne des Amis de la Terre) - avait bien raison ! Mais, ce que nous aurions dû comprendre et réaliser à cette époque là, c’est qu’il y avait des enjeux bien plus grands et bien plus dangereux... pour la planète entière. La non rentabilité n’aurait pas dû être une raison valable pour mettre les énergies renouvelables au placard pendant une longue période. Mais la fin des énergies fossiles (le pétrole d’abord) paraissait encore si loin et l’impact de leur combustion sur le réchauffement global était encore tellement méconnu.

Maintenant, ça se « réchauffe », les tempêtes se font plus nombreuses, le prix du pétrole grimpe .... et les énergies renouvelables deviennent rentables et même presque indispensables pour la survie de la planète. Alors, les éoliennes « poussent à nouveau » mais dans un meilleur terreau. Les esprits sont plus mûrs pour entendre ce discours axé sur la vie, le bien-être et le respect de ce que nous offre la Terre. C’est le moment, c’est l’instant du changement.

Nous sommes petits mais si nombreux sur notre Terre. Indépendamment de ce que la publicité peut nous inoculer dans le cerveau, nous sommes des « pompes » pour les ressources de la Terre afin de couvrir nos besoins. Et tout cela doit être extrait ! Analysons au plus profond de nous nos besoins en terme de nécessité, de quantité et d’impact. Cela choque peut-être, mais si on produit des choses inutiles, c’est uniquement parce que « des gens » les achètent. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Pour tout ce qui n’est pas imposé, nous, les acheteurs, pouvons être les « orienteurs ». Ainsi, nous pouvons choisir de l’électricité verte, par exemple, même si elle coûte un peu plus cher. Nous renforçons par ce choix un mode de production bien plus respectueux de la planète. Ou encore pour les voyages nécessaires, pour notre travail par exemple, poussons le train quand c’est possible, même s’il y a déjà une locomotive en tête...

Mais la technique n’est pas tout... En 1985, il travaillait chez un fabricant de bougies d’allumage et vissait les petits bouts pour recevoir la cosse du fil électrique. Le hasard l’amena à visiter notre camp scout. Après y avoir fait un petit tour, il s’assit sur l’herbe et nous dit : « Et vous vivez comme cela, simplement, ensemble pendant 15 jours dans la nature. Mais c’est le paradis ça ! Moi il ne me faudrait rien de plus ». Nos scouts étaient médusés ! Il avait éveillé nos consciences : le bonheur était là dans nos moments de vie ensemble. Réveillons nos consciences puis comme lui, éveillons les consciences ...

Jacques Remy, militant des Amis de la Terre