Vendredi soir 18h, arrivée d’une quinzaine de jeunes âgés de 16 à 25 ans au gîte du Hurlevent situé dans un cadre verdoyant et enchanteur à Fraipont, non loin de Verviers : tout le monde est à l’heure, enfin presque !

Une fois les chambres réparties, Mireille et Liliane nous précisent l’organisation du week-end. Le groupe doit se prendre en charge pour l’intendance, à savoir : préparation des repas, vaisselle et rangement du gîte.
Une première mission nous attend, la préparation du souper. Toute l’alimentation est « bio », donc respectueuse de l’environnement. Des Amis de la Terre fournissent également des produits de saisons (merci à ceux-ci pour leurs dons en nature !). On se régale de gratin de courgettes accompagné de pommes de terre persillées ...

Le soir, nous faisons connaissance tout en jouant au « TierMondopoli » autour d’une troublette. A cette occasion, c’est Siméon qui s’improvise animateur ! Une façon assez concrète de se rendre compte des nombreux désagréments auxquels les agriculteurs des pays en voie de développement doivent faire face. Mauvais temps, champignons dévastateurs, maladies, ... autant de facteurs qui endettent très vite ces personnes au budget déjà tellement limité. Nous finissons pour la plupart avec une ardoise bien chargée !!! Ecœurés par le système économique, nous rejoignons nos petits lits douillets.

Samedi matin, le déjeuner et le café chaud nous attendent sur la table dressée par les bons soins de notre ami Laurent, victime de quelques insomnies.

Nous accueillons Ezio Gandin qui nous expose une conférence sur le Pic du Pétrole. Il nous ouvre les yeux sur l’évolution de nos modes de vie et nos manières de consommer qui vont à l’encontre de la viabilité de la Terre et du respect de ses ressources, tout cela sans nous culpabiliser. Il nous amène à reconsidérer nos agissements quotidiens et à revoir nos façons de raisonner pour faire face aux problèmes qui risquent d’être les nôtres à très court terme. Nous comprenons que la Terre est une entité finie et qu’en conséquence, ses ressources le sont elles aussi. Le pétrole facile et bon marché, c’est terminé !

Dès maintenant, nous pouvons agir en favorisant le covoiturage, en limitant nos déplacements en avion, en favorisant les transports en commun ou encore le vélo pour de petits trajets. Nous devons également penser à ne plus consommer de produits venant de loin et qui coûtent bien trop cher en pétrole pour arriver dans nos magasins. Dirigeons-nous aussi vers des produits de saisons qui ne nécessitent pas de serres surchauffées pour être produits.

L’après-midi, nous enfilons nos bottines pour une balade nature, accompagnés de notre guide Bénédicte Moon. Tout au long du chemin, elle nous présente ses amies les plantes et leurs vertus. Dans nos grands paniers en osier, nous récoltons tout ce qui sera utile pour la préparation du souper. Le menu : lasagnes aux orties et aux berces pour le plat et comme dessert, crème aux fleurs de reine des prés et gâteaux aux mûres. Quel délice ! Et pourtant, beaucoup d’entre nous pensaient n’avoir affaire qu’à de vulgaires mauvaises herbes !!!

A la fin de ce repas atypique, Didier nous invite à visionner deux films.
« L’assiette sale » ou un concentré d’informations sur les conséquences du mode de fonctionnement de nos supermarchés et les solutions : bio, AMAP, circuits courts, ... ; une réflexion sur nos choix alimentaires, sur l’exploitation des ouvriers agricoles dans les grandes fermes, ...
« L’île aux fleurs » nous laisse bouches bées en nous faisant découvrir les aberrations des chaînes de consommation alimentaire. L’être humain est doté d’intelligence et naît libre, mais sans connaissances et sans argent, il peut tout juste survivre.

Nous poursuivons par une balade nocturne sans recharger les piles (de l’enregistreur qui devait appeler la chouette) avec Didier Brick ! La chouette Hulotte n’était malheureusement pas au rendez-vous. Néanmoins, certaines oreilles entraînées ont pu percevoir quelques cris lointains. Au retour, les plus endurants dégustent un premier et dernier petit verre de pékèt framboises made in Brick ! On s’endort sereinement ...

Dimanche matin, réveil un peu tardif pour certains ! Nous visitons l’exploitation de Michel Monseur, maraîcher et agriculteur biologique à Louveigné. Il nous accueille chaleureusement avec toute sa famille. Passionné et passionnant, il nous explique le fonctionnement de sa ferme. Recherchant la qualité de ses légumes, il n’utilise aucun pesticide et accepte les pertes dues aux insectes comme les pucerons. Leur nombre est régulé de façon naturelle par un de leur prédateur, la coccinelle. Un équilibre s’est établi, pour l’assiette des consommateurs également !

L’exploitation, d’une douzaine d’hectares est constituée d’un hectare de maraîchage où une large place est laissée aux courges, de quelques serres de tomates, d’une quarantaine de moutons et d’une douzaine de vaches. Nous terminons la visite par le petit magasin et l’étable où l’apéro nous est gentiment servi par deux petites hôtesses.

Nous voyons l’étincelle qui brille dans le coeur de cet homme fier de ses productions, de nourrir les hommes et la terre à la fois, dans le respect de cette dernière. Quel contraste avec la plupart des agriculteurs conventionnels qui ne parlent que de prix, se plaignent et râlent contre le système. Ici, une exploitation à taille humaine, une profonde écoute de la nature et de ses cycles : la logique même ! Mais hélas, une activité plus passionnante que rentable. Quoique, si on compare la richesse du coeur de notre ami Michel et celle de la plupart des agriculteurs conventionnels ... c’est lui qui a gagné le plus.

Des idées plein la tête, nous retournons à pied jusqu’au gîte. Autour d’un dernier repas avec notre maraîcher invité ainsi que sa petite famille, nous échangeons nos impressions par rapport au week-end avant de faire nos bagages et de passer la serpillière !

Après avoir vécu ces excellentes journées remplies de rencontres, de découvertes et de discussions enrichissantes, chacun reprend son chemin et son quotidien avec des idées plein la tête et ce, dans l’attente d’autres week-ends comme celui-ci. Ces échanges nous ont permis de prendre davantage conscience de certains problèmes présents dans le monde mais surtout d’être informés sur la voie à suivre pour les solutionner. Car c’est cela le plus important : savoir agir pour minimiser au maximum notre impact sur la Terre et pouvoir en informer les personnes qui nous entourent.

Nous tenons à remercier Didier pour sa bonne humeur et la mise en place de ce séjour, Liliane et Mireille pour l’intendance mais également les différents intervenants qui nous ont appris beaucoup et nous ont ouverts les yeux sur une réalité. Merci à tous les participants pour l’ambiance !

Un blog pour découvrir le week-end en images.

Anaïs Grecco, Laurena Ingorgia
& Céline Remy