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Big Jump, pour une gestion durable des eaux

Dimanche 10 juillet, nous avons répondu présents à l’appel lancé par GoodPlanet de sauter à l’eau afin de réclamer des eaux de surface propres.

Nous avons choisi de sauter un pas plus loin et de proposer des recommandations fortes pour une gestion durable des eaux . Le système d’égouttage a été construit vers 1830 et a été bénéfique d’un point de vue sanitaire. Maintenant pour des raisons écologiques et climatiques, nous devons changer le système de tout à l’égout et trier nos eaux comme nous trions nos déchets

Nous préconisons de traiter les eaux usées différemment.

Comment ? En séparant partout et en permanence les eaux noires (matières fécales + urines = matières organiques et bactéries) des eaux grises (eaux savonneuses = détergents et savons). Même si les déjections de matières fécales ne représentent que 1 % des eaux usées, elles contiennent la majorité des polluants les plus nuisibles pour l’environnement ! Le problème est le suivant : il n’existe pas de système permettant de traiter efficacement ces 2 eaux lorsqu’elles sont mélangées. Ayons la même attitude avec nos eaux usées que celle développée pour nos déchets avec le tri sélectif. Le tout à l’égout actuel obéit aux mêmes logiques que celles du tout à la poubelle, ce système est désuet.

Au lieu d’être épurées, toutes les eaux domestiques usées doivent être valorisées. Valorisons
les eaux grises directement pour l’agriculture après une filtration par lagunage. Les eaux grises ne
devraient plus être rejetées dans nos rivières, elles doivent être infiltrées dans nos sols. Les micro-
organismes du sol ont ainsi le temps de décomposer la charge polluante, ce qui ne se produit pas
dans les rivières ! Sans les eaux noires, les eaux grises ne représentent pas de danger sanitaire, ni de risques de pollution pour la nappe phréatique.
Les eaux noires pourraient être valorisées en énergies mais aussi pour régénérer nos sols.

Comment réaliser cela ? De nouveaux principes sont possibles :


Les déjections de 7 milliards d’humains ne sont pas une quantité négligeable de matière organique
que l’on peut se permettre de transformer en pollution en raison d’une épuration inadaptée.

Le passage vers ce nouveau système devra être réalisé progressivement, par phases.

1) Adaptation des normes et de la classification des produits ménagers en vue de simplifier le traitement des eaux dans les stations d’épuration et de diminuer leurs impacts environnementaux.

2)En zone périurbaine :

  • Utilisation de toilettes sèches ou si ce n’est pas possible des WC avec une fosse à vidanger, uniquement pour les eaux noires issues des toilettes à chasse d’eau.
  • Compostage domestique des déjections des toilettes sèches
  • Traitement des déjections des fosses à vidanger dans des centres d’imprégnation avec compostage
  • Dispersion des eaux grises dans le sol ou utilisation pour l’irrigation des plantes

3)En zone urbaine :

  • Traitement sélectif des eaux grises et des eaux noires par dédoublement du système d’égouttage.

4)Limiter les stations d’épuration existantes au traitement sélectif des eaux grises en les adaptant
au principe de l’assainissement écologique. STEP simplifiée signifie : dégrillage, déshuilage et décantation.

  • Les beaucoup plus petites quantités de boues des STEP sont alors à incorporer dans un système de compostage.
  • Les égouts existants traitent uniquement les eaux grises et les eaux de voirie pour les amener vers les stations d’épuration.
  • A la sortie de la STEP, les eaux sont utilisées en agriculture pour l’irrigation ou déversées dans une zone humide artificielle ou naturelle à écoulement lent avant de rejoindre la rivière.

Supprimons le système du tout à l’égout dans les rivières pour restaurer le cycle naturel de l’eau et préserver les nappes phréatiques !

Les participants prêts à se lancer à l’eau sur la plage de The Flow pour le Big Jump 2022.

Ces recommandations sont basées sur les études de J. Orszagh, disponibles sur le site eautarcie.org

Libellune – Femmes en transition de vie

Dans sa vie d’avant, Nina était assistante sociale jusqu’à ce qu’elle fasse un burn-out il y a 5 ans et demi. Depuis, elle a changé de vie. Elle anime des ateliers de travail qui relie et suit une formation pour devenir coach, car elle souhaite pouvoir combiner ateliers et proposer des pratiques individuelles. C’est cette transition vers une vie plus simple, en connexion avec la nature et dans le respect des autres et de l’environnement qui nous intéresse.

Après avoir découvert dans le podcast « L’instant papillon » le témoignage de Sandrine, qui a créé la communauté « Libellune » ainsi que celui de Nina qui l’a rejoint en cours de route, nous sommes parties à leur rencontre. Nous avons rencontré Nina, 41 ans, et avec son fils de 9 ans, ils vivent depuis 1 an et demi dans cette communauté de femmes.

Libellune est un lieu de vie, de soin et de partage! Inspirées de la permaculture, nous souhaitons tisser du lien pour faire face aux nombreux défis de notre société et expérimenter hors des sentiers battus.

Page Facebook de Libellune


Pourquoi as-tu fait le choix de vivre dans la communauté Libellune ? Et quelle a été ta porte d’entrée vers la transition ?

« Quand je me suis séparée du papa de mon fils, il y a maintenant 3 ans, j’étais à la mutuelle en difficulté financière pour trouver un logement. J’ai cherché pour trouver un appartement, un studio et c’était hyper cher. À Bruxelles ce n’était pas mieux. Assez vite s’est imposée à moi l’idée de créer une colocation avec une autre maman, en me disant si on est deux chacune avec un enfant, on trouve une maison 4 chambres. Finalement, ça revenait au même financièrement, je n’avais pas les moyens. Je n’étais pas capable de payer les charges donc ça ne réglait pas le problème. Je ne trouvais pas de logement avec un loyer suffisamment accessible. De plus, j’avais vraiment le souhait de ne pas vivre seule. Très vite ce qui s’est imposé à moi, c’est que je ne m’imaginais pas vivre dans un petit studio près de la gare alors que moi j’ai juste envie d’être dans la nature. Puis, je discutais avec une femme sur Facebook qui me disait que deux chambres allaient se libérer dans sa colocation et je vois que c’est une femme du même âge que moi donc c’était déjà assez exceptionnel une colocation avec des personnes plus âgées, c’était une colocation mixte. Donc on est restés là pendant 1 an et demi, après la maison était mise en vente donc il fallait quitter les lieux. Mon fils m’avait dit que c’était chouette une colocation avec pleins de gens mais qu’il aimerait bien une coloc avec des enfants car il s’embête un peu.

Peu de temps après ça, une amie a vu l’annonce des Libellunes et elle était faite pour moi. Il était mis : « Cherche maman solo avec un enfant pour chouette coloc pour femmes en transition ». Ce qui m’a motivé c’est que c’est un habitat entre femmes donc ça me parlait à fond. J’avais déjà fait des ateliers spécifiquement entre femmes et je trouve que c’est très « empuissançant ». C’est une vie que je trouve intéressante, il y a moins d’enjeux typiquement qu’on peut rencontrer dans un groupe où c’est mixte. Et puis en tant que maman avec un enfant, c’est plus confortable de se dire qu’il y a une autre maman, elle avait 2 enfants au départ. Ça fait vraiment tribu c’est super chouette.

Le côté financier c’est ma porte d’entrée vers un choix de colocation. Celle vers la transition a commencé avec un réel problème de sens dans notre société tant au niveau de ma vie professionnelle que face à l’état du monde. Le fait de vivre en communauté avec des femmes, de partager des moments, d’avoir des moments rituels, etc. C’était l’occasion de mettre en œuvre dans mon quotidien ce que j’ai découvert ces 5 dernières années avec le travail qui relie et l’écoféminisme. »

Peux-tu présenter la communauté ?

« Les Libellunes c’est le nom donné à une communauté de femmes en transition (de vie, professionnelle, …) aux alentours de Bruxelles. Il y a deux mamans avec chacune un enfant (une fille de 6 ans et un garçon de 9 ans) et 2 femmes « solo ». Chacun.e à sa chambre et sa salle de bain. Le reste de la maison et le jardin est commun. Il y a une charte de vie qui définit leur fonctionnement.

C’est une maison de femmes mais les hommes sont les bienvenus ! Plusieurs des femmes sont en couple et les compagnons viennent régulièrement.

Nous sommes :

  • Nina, 41 ans, et son fils Léon (en garde alternée), écoféministe et facilitatrice d’atelier de reliance à la nature. Elle adore bricoler et partager.
  • Son fils, Léon, 9 ans. Sensible et passionné. Fan de Lego, de mangas et de vélo. Il adorera vous emmener dans son univers.
  • Katrin, 42 ans, femme connectée à la nature, elle est heureuse dès qu’elle est au jardin. Elle est accompagnée de son chat, Wilda, charmante avec les humains mais féroce avec les autres chats et chiens… Elle aime chanter, jouer de la guitare. Toute en délicatesse, elle crée de jolis bijoux.
  • Maëlle, 36 ans, avec sa fille Anoucha (en garde alternée). Tout en douceur, elles s’offrent cette transition de la ville vers la campagne. Maëlle aime beaucoup bricoler et cuisiner. Elle souhaite mettre les mains dans la terre et voir ce qui peut en sortir.
  • Anoucha, 6 ans, adore rire, expérimenter, faire des omelettes, faire plaisir, découvrir, et les animaux. Elle est très sociable, attachante et parle volontiers.

D’autre part nous avons la chance d’avoir notre propriétaire comme voisine. Son jardin, à côté du nôtre et auquel nous avons accès, est un écrin d’abondance. Il s’y déroule énormément de choses : des stages, des formations, des cours…

Nos valeurs de base :

  • Plaisir de vivre au contact avec les enfants
  • Femme en transition (écologique, de vie, profession, …)
  • Aimer jardiner (point essentiel, le jardin en a besoin !)
  • Prise d’initiatives au bénéfice du collectif !
  • Consommation raisonnée et consciente, avec une empreinte écologique légère
  • Respect et bienveillance envers les autres habitants de la maison. Vive la communication non-violente et les accords toltèques !
  • Chacune à ses talents et ses compétences… Respect des complémentarités. Les différences sont des richesses.
  • Appréciant la vie en communauté : se faire un film ensemble le soir, jardiner, cuisiner ensemble…»
Lieu de vie de Libellune
Libellune

Pourquoi avoir fait ce choix de ne vivre qu’entre femmes ?

« Ce n’est pas moi qui l’aie initié mais je pense que si je l’avais fait, j’aurais fait la même chose. Il y a quelque chose de l’ordre de la reconstruction, c’est quasiment une communauté thérapeutique. On se remet, en tant que maman, sortant d’un couple classique et où on a clairement été dans des jeux de dominations. Moi ça me permettait d’équilibrer clairement les choses. C’était vraiment sortir de ça pour pouvoir se reconstruire et avoir un rapport plus égalitaire. J’ai l’impression que j’avais besoin d’une période de pause pour me retrouver moi en tant que femme, pour retrouver mes valeurs, les choses qui sont importantes pour moi. Je trouve que ça a vraiment du sens. D’autant que c’est une maison pour femmes en transition, et être en transition c’est aussi en rapport à ces rapports de domination clairement. Je dirais que sur les quatre on est au moins trois à avoir des enjeux à ce niveau-là. À la suite d’une séparation, d’avoir envie de vivre autrement et se dire qu’après on pourra exporter ça. Si demain je décide de vivre éventuellement dans une vie de couple, le fait d’avoir vécu ici une vie autrement, plus égalitaire, ça va me permettre d’avoir des bases beaucoup plus stables par la suite. C’est une sorte d’apprentissage aussi quelque part. »

Est-ce que tu connais le concept de la simplicité volontaire ? Si oui, est-ce que vous le mettez en pratique ici dans la communauté ?

« Sans le nommer comme ça, oui en effet. On a clairement ralenti. Il n’y en a aucune de nous qui travaille à temps plein. On passe beaucoup de temps à la maison, au jardin. On a complètement ralenti au point que ça devient compliqué pour moi de revivre d’une autre manière. Donc je suis vraiment en questionnement par rapport à mon avenir professionnel parce que je me dis « Bosser 38 heures par semaine, plus jamais ! ». Je me suis épuisée entre autres à cause de ça. Je me suis vraiment fait violence. En fait, je me sentais obligée de continuer à travailler pour pouvoir répondre à mon niveau de vie et quand je me suis séparée et que j’ai eu mon burn-out je me suis dit : « mais ce truc n’a aucun sens en fait, c’est l’inverse qu’il faut faire ». J’avais créé des besoins en fonction du salaire que j’avais. Mais j’avais mal calculé mon coup et finalement je ne m’y retrouvais pas. Donc il fallait que je change ma manière de vivre. Mon rapport à l’argent a aussi changé : de combien ai-je besoin pour vivre au minimum, pour me nourrir, faire des choses que j’ai à faire et je vais essayer de travailler en fonction de ça. Ça c’est mon idéal en tout cas.

Par rapport au fait de consommer, mieux et moins, clairement, on tend vers ça. Alors après, je crois que s’il n’y avait pas d’enfants on arriverait à le faire encore plus, car ça joue quand même sur notre manière de consommer, sur les choses qu’on achète. Mais on tend à avoir une consommation raisonnée, avec le moins de déchets possible. On essaie de s’améliorer vers ça.

Ensuite, le fait de retisser des liens, pour le coup on est à fond dedans. Il y a vraiment quelque chose de l’ordre du thérapeutique ici, parce qu’on est toutes à des niveaux différents de notre avancée personnelle. On s’est toutes crashées à un moment donné et on tente de reconstruire qui on a envie d’être. Le fait d’être chacune à notre niveau, on s’influence positivement tout le temps. On se nourrit tout le temps, c’est hyper important. On se soutient aussi très fort. Le fait de vivre entre femmes avec un projet de communauté fait que dès que quelqu’un a un souci on est hyper solidaires. Il y a vraiment cette solidarité inhérente au fait d’être des femmes dans ce monde-ci.

Mon rapport à la nature est beaucoup plus puissant parce qu’il y a un jardin tout autour et qu’on a un petit bois derrière. J’ai vue de ma chambre sur ce petit bois. Et je me rends compte que je passe beaucoup de temps à regarder par la fenêtre et à être à l’écoute des oiseaux. Je suis très connectée avec les oiseaux depuis 2 ans. Depuis que je vis ici en fait. C’est un peu ma télé. J’ai vue sur le bois, sur les oiseaux, les écureuils et tout ce qu’il se passe autour. Le fait d’être entourée de nature, c’est vraiment hyper ressourçant. Le fait d’aider à travailler en permaculture au jardin, le fait de mettre les mains dans la terre, ça me fait du bien. Ça me décharge et me recharge.

Dans leur reconnexion à la nature, je pense que beaucoup de gens y arrivent par la permaculture. Et ils se rendent compte qu’il y a vraiment un lien, qu’on est nature nous et qu’en fait on l’oublie. Moi-même, j’avais oublié que j’étais naturelle, j’avais l’impression d’être un truc déconnecté, une sorte d’ordinateur. Je pense qu’avec mon burn-out et mon espèce de « survie », j’ai perdu tout rapport naturel, à mon corps, à mes besoins, à la nature. Alors que c’était présent quand j’étais enfant et adolescente. Ici c’est gai de pouvoir manger ses légumes et ses fruits et de voir à quel point la nature est luxuriante quand on en prend soin.

La solidarité et la communauté ce sont des valeurs qui me sont vraiment chères, qui naturellement étaient très présentes chez moi. Mais que j’avais complètement mises de côté. Il vaut mieux être regroupé plutôt que d’être tout seul, surtout en tant que maman solo. J’ai l’impression que l’action que je fais sur moi, dans mon habitat, avec mes colocataires, dans les ateliers que je propose, c’est déjà agir pour un monde meilleur demain. »

Le site internet des Amis de la Terre se renouvelle !

Vous l’aurez remarqué, ce mardi 28 juin 2022, nous avons mis en ligne un tout nouveau site internet. Pourquoi se renouvellement pour une association qui prône la décroissance et la simplicité volontaire ? Plusieurs raisons ont amené l’asbl à prendre cette décision.

Les raisons de ce changement

Tout d’abord, comme pour toute association, le site internet est un des moyens de communication principaux que ce soit pour nous présenter, expliquer nos actions et ce que nous prônons, vous inviter à nos activités… mais également pour convaincre de potentiels nouveaux membres. Or, le site précédent (créé en 2011) ne remplissait plus ses différents objectifs.

En effet, son organisation et sa présentation ne permettaient plus de comprendre ce que sont et ce que font actuellement les Amis de la Terre et ses membres mais aussi son design ne constituait pas un atout majeur pour attirer de nouvelles personnes dans notre mouvement et à nos activités. Or, notre mission est de continuellement sensibiliser et informer des personnes différentes afin d’atteindre le changement de société souhaité. Nous avons donc aussi bien travaillé sur l’organisation de l’information que nous diffusons que sur le design de celui-ci.

Cohérence avec nos messages principaux

Cependant, il était essentiel pour nous que ce nouveau site soit construit et pensé en cohérence avec nos messages principaux, à savoir ; la simplicité volontaire, le logiciel libre, l’accessibilité pour tou·tes, le partenariat et le tout en utilisant des ressources locales.

C’est pourquoi nous avons le plaisir de vous présenter un site simple (sans effets inutiles gourmands en énergie par exemple), basé uniquement sur du libre et réalisé en collaboration avec deux partenaires bruxellois ; l’asbl Tactic pour le développement et la coopérative Cobea pour le design et l’organisation de l’information. Nous avons également profité de ce renouvellement pour migrer le site vers le serveur de l’asbl Tactic situé à Bruxelles. Ce déménagement était essentiel pour travailler avec une structure plus proche et avec laquelle nous partageons des valeurs essentielles ; l’absence de recherche de lucre, l’utilisation de logiciels libres…

Sans oublier notre présence en dehors du numérique

Concernant l’accessibilité pour tou·tes, nous n’arrêtons pas là la transformation de notre image. Nous sommes également en train de finaliser la création d’un nouveau dépliant de présentation de l’association. Car même si nous sommes conscient·es de l’importance de notre présence dans le monde numérique, il nous semble essentiel de repenser aussi notre présence dans le monde réel, humain.

Ces nouveaux site internet et dépliant nous permettront donc de présenter clairement et succinctement ce qu’est et ce que fait l’asbl actuellement et pour les prochaines années.

Lettre ouverte – Le droit universel d’installer n’importe quel logiciel sur n’importe quel appareil

La conception des logiciels est cruciale pour l’éco-conception et la durabilité des produits et des matériels. Les systèmes d’exploitation et services Libres permettent la réutilisation, le remaniement et l’interopérabilité des appareils. Le droit universel de choisir librement ses systèmes d’exploitation, ses logiciels et ses services est crucial pour une société numérique plus durable. C’est pourquoi Les Amis de la Terre ont signé cette lettre ouverte destinée aux législateurs de l’Union européenne.

À : Législateurs de l’Union européenne

En copie : Citoyens de l’Union européenne

La numérisation en cours des infrastructures et des services se présente avec un nombre continuellement croissant d’appareils électroniques qui sont connectés à Internet — que ce soit en environnement privé, public ou d’affaires. Un grand nombre de ces appareils ont besoin que plus d’énergie et de ressources naturelles soient produites que l’énergie qu’ils consomment pendant leur durée de vie complète. Et un trop grand nombre de ces appareils sont gaspillés et non réparables simplement parce que les logiciels cessent de fonctionner ou ne sont plus mis à jour.

Une fois que les logiciels préinstallés conduisent les utilisateurs à cesser d’utiliser leur matériel, des modèles de propriété contraignants empêchent les utilisateurs de se permettre d’apprécier une utilisation plus longue de leurs appareils. Les restrictions vont du blocage physique du matériel, à l’obscurité technique par l’utilisation de logiciels propriétaires, et aux restrictions légales via des licences de logiciels et des contrats de licence avec l’utilisateur final. Ceci étant, les fabricants interdisent souvent la réparation, l’accès et la réutilisation de leurs appareils. Même après l’achat, les clients ne sont souvent pas réellement propriétaires de leurs appareils. Ils ne sont pas capables de faire ce qu’ils veulent avec leurs propres appareils. Si vous ne pouvez pas installer les logiciels que vous voulez sur votre propre appareil, vous n’êtes pas réellement son propriétaire.

Nous, signataires de cette lettre ouverte :

  • reconnaissons que l’accès libre aux matériels et aux logiciels détermine pendant combien de temps ou à quelle fréquence un appareil peut être utilisé ou réutilisé ;
  • déclarons qu’une longévité et une réusabilité augmentées de nos appareils sont nécessaires pour une société numérique plus durable.

C’est pourquoi nous demandons aux législateurs d’Europe de saisir l’opportunité historique en offrant une utilisation plus durable des produits et appareils électroniques avec un droit d’installer et d’exécuter tout logiciel sur tout appareil.

À cette fin, nous demandons :

Nos tablettes, téléphones et autres appareils connectés sont des ordinateurs à objectifs généraux. Remplacer les logiciels et les systèmes d’exploitation sur ces appareils nous permet d’étendre la durée de vie initiale d’un appareil et de profiter pleinement de nos matériels. Pour avoir la possibilité de réutiliser et remanier nos ressources de façon créative te durable, nous avons besoin du droit universel d’installer et développer tout système d’exploitation et logiciel que nous voulons sur n’importe lequel de nos appareils. Tout obstacle juridique, technique ou autre à la réutilisation de ces appareils pour tout objectif doit être interdit.

Les utilisateurs doivent avoir le libre choix des fournisseurs offrant des services relatifs aux logiciels, ce qui signifie pouvoir utiliser l’appareil d’un fabricant avec les services d’un autre. Aujourd’hui, de nombreux appareils clients connectés sont jetés simplement parce que leurs services en ligne sont arrêtés. Le choix libre des services permet à ces appareils clients d’être réutilisés en se connectant à un autre service.

Les systèmes d’exploitation et les logiciels embarqués déterminent les interactions possibles entre capteurs, modules et systèmes génériques avec leurs services en ligne connectés. Pour que les utilisateurs exercent le choix libre des services, ils doivent pouvoir utiliser l’appareil d’un fabricant avec tout service en ligne, qui peut être fourni par tout autre tiers ou par eux-mêmes. Les services connectés ainsi que les logiciels sur les appareils connectés et les applications doivent offrir l’interopérabilité et les pleines fonctionnalités de l’objectif initial de chaque appareil avec l’utilisation de Standards Ouverts.

Les conceptions et les architectures des logiciels déterminent l’accessibilité et la compatibilité des matériels via des standards, des pilotes, des outils et des interfaces. Les logiciels et protocoles propriétaires entravent la concurrence entre les fabricants, minent la réparabilité des appareils et créent une incompatibilité artificielle des différents appareils dans la même infrastructure. L’interopérabilité des appareils individuels cependant est cruciale pour la création d’infrastructures informatiques suffisantes, durables et à longue durée de vie. Pour permettre l’interopérabilité, les fabricants doivent assurer que toute donnée nécessaire pour exécuter la première fonction d’un appareil est compatible avec et puisse être importée/exportée dans des standards ouverts.

Les plus petits composants des appareils requièrent souvent des pilotes, des outils et des interfaces spécifiques pour fonctionner. Les utilisateurs ont besoin de l’accès complet et de la réutilisation libre du code source de ces appareils, ces outils et ces interfaces pour analyser et intégrer un appareil dans un ensemble d’appareils interconnectés de différents fabricants. La réutilisabilité du code source est également la clé pour exercer le droit complet de réparer pour toute tierce partie dans les boutiques professionnelles de réparation ainsi que dans les ateliers de réparation pour les utilisateurs finaux.

Une licence libre est toute licence qui donne à tout le monde les quatre libertés d’utiliser, étudier, partager et améliorer les logiciels, ce qui inclut les licences de Logiciels Libres et les licences de Logiciels à Source Ouverte (Open Source). L’obligation de publier les pilotes, les outils et les interfaces sous une telle licence libre après l’entrée sur le marché sont la clé pour le plein accès à nos appareils et l’exercice du droit universel de réparer.

Voir la liste des signataires dont Les Amis de la Terre sur le site de Free Software Foundation Europe (FSFE)

Photo de Tara Winstead depuis Pexels

La Commission européenne doit renforcer sa proposition de loi sur la responsabilité des entreprises

Plus de 220 organisations de la société civile, dont les Amis de la Terre, et syndicales demandent à l’UE de renforcer la proposition sur la responsabilité des entreprises. Nous énumérons nos points de vue collectifs sur la façon de l’améliorer.

Le 23 février 2022, la Commission européenne a publié sa proposition de loi sur la responsabilité des entreprises (analyse en anglais). Cette directive pourrait représenter une avancée historique pour mettre fin aux abus des entreprises envers les travailleurs, les communautés et l’environnement dans le monde entier. En réponse, plus de 220 ONG, dont les Amis de la Terre, et syndicats du monde entier saluent la proposition d’une étape tant attendue vers la responsabilité des entreprises et l’accès à la justice.

Cependant, la proposition contient des lacunes importantes qui risquent d’empêcher la nouvelle loi d’assurer la protection dont les personnes, la planète et le climat ont un besoin urgent. Les organisations et réseaux de défense des droits de l’homme, du travail et de l’environnement soussignés appellent le Parlement européen et les États membres de l’UE à renforcer le texte conformément à ce que les citoyen·nes, les travailleur·euses et les communautés de l’UE touché·es par les violations des entreprises dans le monde entier ont demandé vocalement et publiquement.

La déclaration conjointe expose nos points de vue collectifs sur la manière d’améliorer la proposition afin de garantir que la loi protégera efficacement les droits de l’homme, l’environnement et le climat en prévenant les dommages causés par les entreprises et en offrant aux personnes touchées par les violations des entreprises un accès à des recours et à la justice.

Photo de bannière de Tara Winstead provenant de Pexels
Photo de logo de Nothing Ahead provenant de Pexels

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Réflexion d’un membre sur la prolongation du nucléaire

Vous m’interrogez sur ma position au sujet de la loi de fermeture de toutes les centrales en 2025 puis de la contre-loi de la prolongation des réacteurs de Doel4 et Tihange3 sur chacun de ces sites. Effectivement, ces tergiversations gouvernementales de quelques ministres qui prennent des décisions aussi importantes en levant le doigt pour décider en fonction de la direction du vent, me paraissent bien légères au vu de la gravité de la question.
Les réponses apportées au défi de l’approvisionnement énergétique, nous posent bien des questions.
Ainsi, lorsque le président du MR voudrait que les travaux soient rapides et se fassent sans arrêter les réacteurs Doel4 et Tihange3. C’est comme vouloir continuer à rouler en voiture pendant que le garagiste procède à l’entretien du moteur. Les conseillers de certains partis ne semblent pas très éclairés, fait-on remarquer à Fin du nucléaire.

Madame la Ministre Tinne Van der Straeten déclare qu’elle ne négociera pas avec Engie en étant acculée mais les travaux de rénovation et de sécurisation des deux réacteurs se chiffrera en milliards. Elle invoque qu’elle dispose de CRM (d’un Mécanisme de Rémunération de Capacité) pour le gaz. Cela laisse-t-il entendre que le nucléaire ne s’imposait pas ? Dans ce cas, la loi de rétro-pédalage nucléaire n’est-elle qu’un caprice des libéraux peu éclairés en la matière, comme déjà évoqué ci-dessus ?
Les provisions de démantèlement des cadavres nucléaires sont insuffisantes.? Nous comptons bien qu’ on n’aille pas y puiser pour financer les prolongations. ?

La prolongation des deux dernières centrales nécessiteront des travaux importants et longs, qui devront encore être agréés. Cela suppose une mise à l’arrêt. Quand ? S’il était vrai que ces centrales sont indispensables, comment assurer l’approvisionnement électrique ? Par les centrales au gaz ? Mais alors, revient la question de l’absolue nécessité de cette prolongation.
La Ministre Tinne Van der Straeten déclare s’appuyer sur le CRM pour assurer l’approvisionnement électrique. Mais ce CRM – elle s’appuie donc sur le gaz – a été approuvé par l’Europe au vu de circonstances définies. Ce CRM est-il encore approuvé lorsque les circonstances ont bien changé ?

La prolongation du nucléaire s’est aussi faite sous la pression du conflit russo-ukrainien. Cela nous paraît aussi très léger. D’une part, 25% du combustible des centrales vient justement de Russie. D’autre part, prolonger ces deux réacteurs n’est-il pas se jeter dans la gueule du loup en ces temps incertains ? Ces centrales de Doel et Tihange sont un objet privilégié de vulnérabilité et de chantage. Est-ce une bonne manière d’assurer notre Liberté que de se mettre un pistolet sur la tempe ? La roulette russe, ce n’est pas mon affaire.

La prolongation de deux réacteurs nécessitera une enquête d’impact environnemental dans un rayon de 1000 km. Combien de temps prendra cette enquête ? Si les militants belges sont restés, tant qu’à présent dans la sidération tant ils ont été surpris par le revirement politique de ceux qui se disent écologiques, déjà les militants allemands s’inquiètent : l’enquête sera-t-elle purement consultative ?
Il paraît requis de rappeler et rappeler toujours que la meilleure manière de stabiliser le prix de l’énergie est de lever notre dépendance à cette énergie. Il faut économiser l’énergie, isoler nos maisons, généraliser les énergies renouvelables et locale. Je dois vivre dans mon environnement proche. Si le citoyens occidental dispose de « 200 esclaves énergétiques », il doit les affranchir et s’en affranchir.

Monsieur le Ministre Gilkinet déclare : « … Engie devra se débrouiller pour que Doel 4 et Tihange 3 n’empêchent pas les énergies renouvelables de produire. C’est un nouveau paradigme … » De belles paroles qui ne convainquent pas. Engie est d’abord une société anonyme, financière et elle n’a que faire des nouveaux paradigmes écologistes. Certains disent que l’énergie nucléaire est « pilotable », c’est à dire facilement ajustable à la demande. Bien, prenons cette déclaration au mot et décrétons que le renouvelable sera désormais prioritaire et devra s’ajuster à la production renouvelable. L’Allemagne l’a décrété depuis longtemps. Une déclaration d’un ministre face à la réalité d’Engie parait un peu légère.

Si la préoccupation première s’inscrit dans le cadre du dérèglement climatique On constate que la question climatique est intimement liée à la question économique. Ainsi, pour stabiliser le prix de l’énergie la réponse est identique lorsque se pose la question de la stabilisation climatique : il faut s’affranchir de nos « 200 esclaves énergétiques ». Et le nucléaire n’est peut-être pas la bonne réponse. C’est une question de choix politique pour chaque citoyen. Dois-je continuer sur les mêmes rails qui nous conduisent dans le mur climatique ou vais-je opter pour l’humble sobriété énergétique ?

À mes yeux, le choix du nucléaire reste le choix d’une liberté avec un pistolet sur la tempe. Ce n’est pas ma conception de la liberté. J’espère que nous ne connaîtrons pas de drames énergétique mais si les circonstances devaient devenir dramatique tant au niveau géopolitique qu’au niveau climatique, je préfère devoir me chauffer modestement au bois glaner que de devoir quitter mon pays irradié comme c’est le cas de certaines populations près de Tchernobyl ou de Fukushima.

Permettez-moi de rappeler que la terre n’a pu développer la vie que lorsque la radiation s’est calmée. La pollution nucléaire nous fait faire une marche arrière imbécile. La France a pollué les mers, et maintenant impose à Bure que la population absorbe la pollution jusque dans son sol.

J’espère que mon positionnement vous aura éclairé et vous accompagnera dans votre réflexion. Je voudrais remercier ici mes amis qui m’aide à réfléchir un peu et à garder la tête froide à propos de ces questions délicates. Merci aux Amis de la Terre, merci à Fin du Nucléaire.

Benoît Dupret

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Retour sur Reclaim : une journée écoféministe qui ouvre nos imaginaires

La journée du 27 mars « Reclaim : une journée écoféministe qui ouvre nos imaginaires » a été riche en découvertes, rencontres et réflexions, le tout dans une atmosphère détendue et bienveillante, dans le cadre apaisant qu’est l’Arbre qui Pousse à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Retour sur cette journée inspirante !

La journée a été organisée dans le but de (re)penser, de manière individuelle et collective, notre rapport au monde et au vivant, et pour explorer de nouveaux récits de société qui nous relient à notre plus profonde raison d’être ! Différentes questions ont été soulevées à travers la pièce de théâtre Reclaim et les espaces de rencontre pour approfondir le message transmis par le spectacle : Qu’est-ce que les luttes écologiques et féministes éveillent en nous ? Comment sortir du modèle actuel basé sur des rapports de domination et la prédation du monde vivant ? Quelles pistes dessiner pour imaginer et créer un autre monde ? Et comment remettre au cœur de nos existences notre condition d’humain et de vivant sur terre ?

La pièce de théâtre, inspirée du recueil écoféministe « Reclaim » d’Emilie Hache, associait jeu de théâtre ‘classique’, chant, musique et danse contemporaine pour transporter le spectateur·rice dans l’univers de l’écoféminisme. A travers le choix des musiques, les réclamations et messages passés par le mouvement étaient transmis et interprétés de manière très touchante et inspirante. Toutes les émotions ont été représentées dans la pièce : la peur et l’éco-anxiété, le désespoir face à la non-action, la colère qui motive à agir, et la joie et l’espoir du partage et de la prise d’initiatives en communauté. Le message, délivré de manières variées, a pu frayer son chemin dans l’esprit d’un public plus ou moins averti, et toucher tout un chacun·e. La pièce abordait plusieurs aspects de l’écoféminisme, son avènement et la manifestation devant le Pentagone en 1980, où les femmes sont allées crier et montrer leur mécontentement face au nucléaire, et leur peur face à leur avenir et celui de la planète ; mais également l’interdépendance du vivant, la synergie entre chaque être humain et chaque élément de notre environnement ; l’aspect plus spirituel et la reconnexion à son corps et à son esprit ; et enfin le message d’espoir et de renouveau qu’inspire l’écoféminisme : un nouveau monde est possible et célébrer la vie est notre meilleur moyen de résilience.

Après avoir assisté à la représentation théâtrale, les participant·es ont pu prendre part à un atelier de leur choix parmi les quatre ateliers qui proposaient des moyens différents pour découvrir ou approfondir les imaginaires écoféministes : laisser libre cours à notre imagination à travers la peinture, nous inspirer et nous relier à la nature qui nous entoure, explorer comment le système actuel renforce les mécanismes qui nous surchargent et malmènent au niveau mental, remettre au cœur de nos existences l’importance du corporel et du sensoriel dans nos vies…

Le premier atelier, facilité par Frédou Braun, chargée de projets chez Corps écrits et facilitatrice d’ateliers d’auto-santé, s’appelait « D’un corps à soi au corps de la planète » et consistait en un atelier artistique via la création d’une fresque en extérieur, sous le beau soleil de la journée. Frédou Braun écrit : « Suite aux voix qui dans le spectacle nous interpelleront, écoutons ce qui résonne en nous et explorons nos sensations et nos émotions. Appréhendons autrement nos chemins de vie pour nous réapproprier nos corps et notre pouvoir d’action : face aux normes sexuelles et patriarcales, face à la surmédicalisation et face à l’exploitation de notre environnement. Et surtout, laissons libre cours à la créativité naissante, l’espace d’un instant, à travers les mots et les couleurs … ! ». Après un moment de méditation pour se reconnecter à soi et à son enfant intérieur, l’atelier a permis aux participant·es d’explorer ensemble, à travers un moment créatif, ce que la pièce de théâtre Reclaim leur a inspiré et ce que l’écoféminisme éveille en eux.

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Après une immersion de la part des participant·es dans un monde plein de créativité et de ressources, nous retrouvons dans cette magnifique fresque des images, des dessins et des mots de joie, de partage, de bienveillance, de lutte, d’espoir, d’inspiration, de colère, d’émotions… Un beau mélange entre individuel et collectif, chacun·e installé de part et d’autre de la feuille, chacun·e en train de dessiner ses propres émotions, sans trop réfléchir, en laissant parler son corps et son subconscient, pour créer, tous ensemble, une fresque colorée et inspirante. Mélange de messages d’espoirs, positifs et lumineux, et de messages plus sombres, pleins de rages et de colères qui, en étant là, mettent en valeur la lumière et le positif représentés tout autour.

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Le deuxième atelier « Résonner avec la terre », était facilité par Corinne Mommen, de Terr’Éveille. Défini par Corinne Mommen comme un : « atelier pour s’ancrer dans nos corps et dans nos respirations, entrer en relation avec la Terre, comme « notre plus grand corps » et écouter les résonances suscitées par la présentation de la pièce Reclaim. Comment une relation renouvelée avec le vivant nous permet d’accueillir nos émotions, nos ressentis, nos mémoires et histoires de femmes et d’hommes, dans une perspective plus large, plus profonde… et réveiller de nouvelles intuitions pour aller de l’avant ». Cet atelier consistait en une balade sensorielle dans la forêt, hors des sentiers, pour se reconnecter à soi et à la Terre, et ainsi explorer la partie la plus sensorielle et sacrée de l’écoféminisme : le lien aux autres, à la terre et au monde vivant. L’écoféminisme met un point d’honneur à la reconnexion à la Terre car à travers ce moyen s’ouvre une relation de partage, d’humilité et d’appartenance à un tout beaucoup plus grand. En se reconnectant à la terre et à notre environnement, cela permet de comprendre les mécanismes naturels et de retrouver sa place au cœur d’un monde qui tourne avec ou sans nous, et dans lequel l’humain doit retrouver sa place.

Le troisième atelier « Charge mentale : comment cesser de subir et retrouver notre pouvoir de changer le monde » était facilité par Patricia Mignone, de Madame Charge Mentale, et autrice du livre « La charge mentale des femmes : de l’effondrement au sens ». Les réflexions abordées lors de cet atelier étaient alimentées par différentes questions : Par quels mécanismes contribuons-nous à ce système que nous condamnons ? Comment se fait-il que nous malmenions celles et ceux que nous aimons ? Comment nous libérer de nos paradoxes pour œuvrer à l’avènement du monde dont nous rêvons ? Les questions de Patricia Mignone permettent un éveil sur le système capitaliste qui exploite et oppresse, ajoute une pression supplémentaire à la charge mentale des femmes qui veulent s’engager pour la planète et ne valorise pas le travail domestique. Le care et la réclamation de reconnaissance du travail fourni en dehors des heures payées de travail sont également des moteurs de revendications écoféministes. Cet échange a permis de dénouer les blocages liés à cette charge mentale excessive afin de pouvoir se sentir libre de s’engager et de s’épanouir dans le monde.

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Enfin, le quatrième atelier « Rituel de réconciliation féminin / masculin », facilité par Laurence Leduc, de Célébrer.be, consistait en un moment de partage et de bien-être à travers la méditation. Selon Laurence Leduc : « Nous avons toutes et tous, en nous, une part de féminin et une part de masculin, que nous soyons femme ou homme. Et nous avons toutes et tous une histoire commune, parfois très ancienne, teintée de domination, inégalité et souffrance. On parle de féminin et de masculin blessé. Aujourd’hui, le chemin du pardon et de la guérison est devant nous, dans nos mains et dans nos cœurs. Le temps de la réconciliation est arrivé… ». Parmi les différents courants de l’écoféminisme, on retrouve un grand mouvement spirituel, qui met en avant le ralentissement par la reconnexion à soi, à son corps et au sacré. La méditation a une grande place dans cette pratique qui demande de ralentir son esprit par la respiration et, d’une manière humble, de se recentrer dans son environnement, et de retrouver sa place au centre du vivant, de se (re)connecter aux autres et à soi-même.

Étant donné que le soleil brillait ce jour-là, et que l’Arbre qui Pousse fêtait le début du printemps, la journée s’est terminée dans l’herbe à siroter une boisson au son d’un concert live, avec des stands de nourriture, des maraîchers et une pépinière. Un moment de détente duquel les participantes ont pu gracieusement profiter !

Vous n’avez pas pu assister à cette journée ou elle vous a donné envie d’approfondir davantage ce qu’est l’écoféminisme ? Un groupe thématique écoféministe existe au sein des Amis de la Terre ! Vous souhaitez vous y engager, partager, échanger, ou même participer à la création de projets autour de cette thématique ? Rejoignez-nous ! C’est par ici.

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Un membre des Amis de la Terre a rénové sa maison de façon décarbonée

Passionné par le vivant depuis tout petit, ce professeur de biologie, engagé dans la locale du Pays de Herve, a décidé de rénover sa petite fermette, pour qu’elle soit le plus autonome possible. En première partie et en vidéo, nous allons parler de sa maison et des moyens mis en place pour assurer l’autonomie de la maison, en terminant par de petits conseils pour celui qui aurait envie de rénover sa maison de manière plus durable. En bonus, ci-bas, nous avons rédigé l’expérience qu’il a eue au sein des Amis de la terre, de son investissement et de l’évolution de l’association.
 » Au niveau énergétique, ce que j’ai retenu des Amis de la Terre, c’est que la première des choses à faire c’est isoler. »
L’interview est disponible en vidéo ici :

Maison décarbonée : comment as-tu mis ça en place ? Et concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

« Concrètement, c’est essayer au maximum de se passer du système et de ne plus être dépendant de celui-ci. Par exemple, au niveau de l’eau de pluie, toute ma toiture est raccordée à deux citernes qui au total comptabilisent 12 000 litres d’eau, et ceux-ci passent par une pompe. Maintenant je trouve que la technologie offre des possibilités intéressantes, à savoir que, si un jour, en cas de sécheresse ou canicule, il n’y a plus d’eau dans mes citernes, la pompe bascule sur l’eau de distribution. Le raccordement existait au moment où j’ai rénové la maison donc je ne suis pas allé jusqu’à m’en priver, on ne sait jamais, au cas où. Le but c’est de tout faire avec mes 12 000 litres d’eau donc pour épargner au maximum l’eau, j’aurai des toilettes sèches […] et un système d’épuration de l’eau avec une fosse septique, le trop-plein qui passe par un lagunage, épuration par les plantes, des phosphates, des nitrates, par les plantes mais aussi toutes les bactéries qui se trouvent dans le gravier du lagunage et le trop plein du lagunage arrive dans une petite marre. Celle-ci a deux fonctions : les dernières molécules chimiques qui pourraient se trouver dans l’eau sont dégradées par les UV et puis aussi pour la biodiversité du jardin, tout comme le lagunage, c’est offrir un milieu différent pour les insectes, batraciens et les plantes aussi. Au niveau potabilisation de l’eau, […] l’eau la plus propre serait celle qui ne touche pas le sol, donc l’eau de pluie. Celle-ci est décantée dans les citernes et puis elle passe par ma pompe où il y a un premier filtre et puis j’aurai un point d’eau dans ma cuisine où il y aura une cartouche céramique qui filtre alors au niveau d’un micron, donc qui retient les bactéries qui pourraient rester dans l’eau. Et là j’ai un point d’eau potable. […] Au niveau énergétique, ce que j’ai retenu des Amis de la Terre, c’est que la première des choses à faire c’est isoler. Ma fermette doit dater de 1875 donc elle a subi un lifting total […]. Au niveau de l’enveloppe de la maison, des 4 murs extérieurs, on a 17cm d’ouate de cellulose sur tous les murs extérieurs. L’avantage ou le désavantage c’est que je n’avais pas un bâtiment qui était très beau, donc ce n’était pas un souci architectural de tout isoler par l’extérieur. Du coup j’ai fait un bardage bois pour avoir une meilleure intégration dans le paysage. Et alors j’ai gardé la façade puisque c’est vraiment le cachet « fermette » ancestral et ça c’était beau, donc je l’ai isolée par l’intérieur. Au niveau du toit, il y a 30cm (le max) d’ouate de cellulose pour vraiment avoir un matelas d’isolation. En gros, c’est devenu une basse énergie. J’ai besoin de moins chauffer vu qu’il y aura une bonne isolation et de même en été je risque de garder un meilleur habitat et d’avoir moins de souci de maison intenable quand il fera trop chaud. Le gros point c’était l’isolation, avec de nouveaux châssis aux fenêtres. Je voulais des châssis en bois en me disant que ça maintiendrait le naturel, ça reste quand même le meilleur isolant. […] Donc je me suis tourné vers le mélèze, encore une fois c’est un compromis parce que le bon mélèze ne vient pas de chez nous, donc il vient de Sibérie. Ce n’est pas évident, même quand on réfléchit, à un moment donné il faut lâcher prise sur ses choix parce que sinon on devient fou. J’ai pris du bois avec capot d’aluminium, ça a un coût environnemental aussi mais d’une part je ne dois pas repeindre mes châssis tous les 4-5 ans, ce qui a aussi un impact environnemental, et je leur assure une meilleure longévité donc si finalement je pense à l’énergie grise dans la mise en œuvre de mes châssis, elle sera répartie sur un plus grand nombre d’années. Maintenant, au niveau du système de chauffage, encore une fois, suite à mes réflexions Amis de la Terre, je m’étais dit « panneaux solaires pour l’eau chaude », je suis allé dans une société bien connue qui travaille avec l’énergie solaire depuis toujours. Sans même me parler d’isolation, ils ont dit de mettre 24 panneaux photovoltaïques et de tout faire avec l’électricité. Je suis sorti de là en me disant qu’ils étaient fous. […] J’ai réfléchi à d’autres solutions, j’ai été conseillé par un bon guide énergie aussi et on s’est accordé sur des panneaux thermiques, donc pour faire de l’eau chaude avec le soleil. Et ces panneaux dans 20 ans sont toujours bon, c’est juste une boite noire avec du glycol pour qu’il n’y ait pas de problème en cas de températures trop élevées ou trop froides. Donc voilà, 2 panneaux thermiques pour avoir de l’eau chaude, quand il y a du soleil. Les copains des Amis de la Terre m’ont conforté dans cette idée parce qu’il y en a qui ont installé ça depuis une vingtaine d’années et en gros, quand il fait bon, ça suffit à chauffer l’eau sanitaire. Ce qui coûte le plus cher dans une maison en électricité, c’est faire de l’eau chaude. L’avantage de faire de l’eau chaude avec le soleil c’est qu’en fait mon ballon qui réceptionne l’énergie solaire et aussi de mon poêle à bois, ce ballon renvoie l’eau chaude vers les radiateurs de la maison, mais aussi vers la machine à lessiver et au lave-vaisselle, ce qui évite que ces deux derniers ne doivent trop chauffer et trop consommer d’électricité. On peut aussi faire de l’économie électrique avec ça. Le poêle à bois, qui va principalement chauffer la maison et l’eau, c’est une marque belge, qui s’appelle DDG, ce sont des poêles hydro. Donc en fait il va rayonner seulement 30% de l’énergie et stocker 70% de l’énergie des bûches qui va passer dans un serpentin d’eau chaude qui est lié à ce même ballon. Et du coup, quand on se chauffe au gaz ou au pétrole on ne prend pas trop conscience de sa consommation. Alors que se chauffer avec des bûches demande un peu plus de manipulation, et on est conscient de ce que ça coûte en énergie aussi, ça demande quand même de la logistique. […] Je peux aussi me faire livrer du bois si je n’ai pas le temps et ce sera quand même moins cher que de se chauffer avec des pellets, du gaz ou du pétrole. Et l’idée c’est d’être au maximum autonome et d’utiliser ce que j’ai à disposition chez moi, et de peut-être compléter avec des achats extérieurs si besoin. Au niveau électricité, je serai encore dépendant du système, je n’ai pas de solution. Je parle d’une rénovation qui coûte le prix d’une maison neuve, voire peut-être un peu plus, alors peut-être que je mettrai quand même un jour des panneaux photovoltaïques mais pour le moment, à la fois économiquement ce n’est plus possible et toute la maison est équipée avec du LED donc j’attends de voir après un an de consommation d’électricité où j’en suis et on verra s’il y a moyen de trouver une solution alternative et plus verte au niveau de l’électricité. Au départ, il était important pour moi de ne pas condamner un terrain naturel à être retourné pour y faire une maison. Notre beau Pays de Herve a déjà trop souffert de l’urbanisation et je trouve important de valoriser ce qui existe déjà comme bâtiments. Aussi, dans mon projet zéro carbone (ou carbone minimum pour rester modeste), la façade a été rénovée avec des pierres de réemploi, tout comme une partie du pavage intérieur. Les meubles sont tous d’anciens meubles rustiques centenaires (je pense même qu’ils sont moins cher que les neufs de chez Ikéa qui ne durent qu’une demi génération). Le plafonnage est réalisé à l’argile pour avoir une matière naturelle non transformée comme le plâtre. Les plafonds sont en lambris de sapin qui proviennent de France, via une filière qui fait de la récupération et de la mise au travail de personnes handicapées.

Quelles aides et quels corps de métier as-tu sollicité pour ce projet ?

On dira peut-être qu’il n’y a pas de hasard mais grâce à mes cours d’apiculture j’ai rencontré un jeune bio-ingénieur qui travaille au guichet de l’énergie à Marche et dont c’est le boulot, et donc c’est à 75% grâce à lui. C’est lui qui m’a orienté vers le chauffage hydro avec ce système-là, qui m’a mis en garde au niveau isolation, donc c’est mon conseiller principal. Il faut quand même avoir les conseils de gens qui ont vécu les choses sur le terrain. En plus l’avantage de la technologie c’est qu’avec une petite vidéo on peut envoyer et recevoir sa réponse directement, c’est pratique. [J’ai fait appel à] un peu tous les corps de métiers. Un super électricien qui en même temps a été un super sanitariste parce que coup de bol, il est dans le bâtiment donc il a fait office de conseiller et gestionnaire de chantier […]. J’ai aussi eu la chance de trouver un maçon d’exception puisqu’on a démoli et reconstruit pour embellir les choses donc il a fallu aussi que je lui fasse confiance. Et puis au niveau isolation et toiture, c’est la même personne. J’ai aussi trouvé un bon menuisier aussi pour le bardage bois et le caisson d’isolation, les lambris, les parquets etc. Toutes les entrepreneurs du chantier proviennent de ma commune ou de communes voisines.

Est-ce que la construction s’est bien déroulée ?

C’est vraiment usant, c’est très compliqué. En plus j’ai coordonné le chantier moi-même. Ça demande beaucoup d’investissement, ne fut-ce que pour se former soi-même puisque moi je suis biologiste je ne suis pas dans le bâtiment. Il a fallu que moi-même je comprenne ce qu’était une bonne isolation et comment ça fonctionne pour l’expliquer au menuisier ou au maçon […]. Sinon il n’y a pas eu de gros problème particulier je dois dire, ça s’est globalement bien passé. C’est toujours compliqué de tomber sur les bonnes personnes de confiance, et qui s’entendent bien entre elles. Au niveau de l’investissement financier, est-ce que tu peux nous parler de l’investissement de départ ? Est-ce que le coût est accessible pour être envisagé par d’autres personnes ? Oui c’est ça le problème. Je suis convaincu depuis 20-25 ans, je prévoyais déjà le coup donc j’ai vécu en considérant qu’un jour j’allais me lancer et que j’aurais besoin d’une certaine somme pour réaliser mon rêve. En gros, le système de chauffage il faut compter entre 20 et 25 000€ pour la mise en œuvre, donc c’est vrai que c’est déjà quand même un budget. L’isolation je ne saurais pas la chiffrer comme ça. Pour la toiture, il fallait tout refaire on en avait pour plus ou moins 50 000€ pour le toit et l’isolation mais je ne connais pas exactement la surface exacte de mon toit. En fonction des maisons peut-être que la surface ne sera que de moitié, ou le toit sera toujours correct donc on ne refera que l’isolation. Un projet n’est pas l’autre. Pour voir le plan de la maison rénovée, cliquez ici : plan_didier_brick.pdf

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite rénover sa maison ?

La première chose c’est qu’il y a des guichets de l’énergie, gratuits. Un conseiller énergétique vient chez vous, fait le tour de la maison et voit où sont les problèmes donc il y a déjà moyen d’éviter des pertes d’énergie en réfléchissant à corriger tout ce qui ne va pas, à supprimer les appareils trop énergivores dans la maison, peut-être à se dire qu’on va vivre avec un degré de moins et un petit pull de plus. Je pense qu’il y a moyen d’être très raisonnable et de, sans investir, déjà, de raisonner pour consommer moins, mieux prendre conscience de notre consommation, de notre mode de vie lié à l’usage de l’énergie. Donc un bon conseil énergie c’est un bilan global de la maison, peut-être pour se dire qu’il y a des pièces qu’il faut moins chauffer ou peut-être se concentrer dans une seule partie de la maison en hiver pour ne pas chauffer les parties accessoires. Deuxième point, quand on le peut, c’est investir dans l’isolation, et d’abord l’isolation du toit. Attention à ne pas isoler avec du polyuréthane (pétrole), la maison ne respire plus donc besoin de photovoltaïque. Intéressant, ouate de cellulose, déchets de papier, qui ne perd pas son pouvoir isolant avec le temps. Donc recyclage, qui ne perd pas son pouvoir avec le temps, et qui laisse la maison respirer. Ensuite, en fonction du budget, faire de l’eau chaude. Et envisager le photovoltaïque en dernier lieu.

L’association : Comment as-tu connu les Amis de la Terre pour la première fois ?

«Je pense qu’on a un impact, mais on ne s’en rend peut-être pas compte.»
C’est très simple. J’étais déjà intéressé par tout ce qui était « différentes variétés de pommes » et il y avait une petite animation dans un garage à Bolland au pays de Herve, chez les premiers irréductibles Amis de la Terre que j’ai rencontrés. J’ai sympathisé avec quelques personnes du groupe qui m’ont invité à la réunion suivante et depuis j’en fais partie. J’ai aussi été pendant quelques années président de la locale « Pays de Herve ».J’ai guidé pas mal balades natures, principalement des balades ornithologiques. J’ai aussi travaillé sur tout ce qui est petit élevage et perte biodiversité de nos races locales, avec la poule de Herve. J’ai lancé avec l’équipe « La journée de la Pomme » qui se redonnera tous les ans je l’espère, au Château de Wégimont à Soumagne, qui est quand un même un événement qui réunit 1500 visiteurs quand les conditions climatiques sont bonnes. Et le verger conservatoire de Soumagne est aussi un de mes bébés, ainsi que la presse qui sert à faire du jus de pomme, nous permet autonomie et conservation des fruits. Aussi, ce qui va arriver cette année c’est un « Local Presse » au Château de Wégimont qui nous permettra d’avoir un point de chute pour y laisser notre presse et offrir un service collaboratif et social aux particuliers pour conserver leurs fruits. J’allais oublier l’apiculture non loin du verger, car je donne aussi des cours d’apiculture.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer dans l’association ?

Il y a à peu près 25 ans je trouvais que chez les Amis de la Terre, il y avait un vent de réflexion qu’on ne trouvait pas ailleurs, des gens très critiques sur le fonctionnement de la société. On avait l’habitude de dire que les Amis de la Terre avaient 20 ans d’avance par rapport à leur temps au niveau de la réflexion, et je pense toujours que c’est le cas. Je trouvais que c’était un mouvement très novateur, très en avance sur son temps au niveau des réflexions sur les enjeux écologiques et au niveau de l’engagement des personnes qu’on y trouvait. Il y a déjà 20 ans on y parlait de la gestion de l’eau, l’épuration domestique, les toilettes sèches, etc. Ce qui est comique, c’est qu’à l’époque on nous prenait pour des fous et puis aujourd’hui on se rend compte qu’on avait raison, et on vient nous demander des conseils.

Pendant toutes ces années au sein de l’association, est-ce que tu as un/des événements qui t’ont marqué ?

Le côté humain, finalement. Comme dans tous les groupes, c’est compliqué de fonctionner avec tout le monde. En tant que président, j’ai dû m’occuper de maintenir la flamme chez tout le monde et de devoir aussi gérer les conflits, qui sont inhérents au sein d’un groupe. Ça demande beaucoup d’énergie. Le reste, ce que le groupe avait déjà il y a 25 ans, il l’a toujours. Mais le côté humain m’a beaucoup appris.

Avec toutes tes années d’expériences, as-tu pu assister voire observer des changements sociétaux et comportementaux en faveur de l’écologie ?

Oui, bien sûr. Autant on se foutait de nous il y a 25 ans, autant aujourd’hui si je parle de toilettes sèches on me regarde quand même étonné mais j’ai l’impression qu’on ne rit plus. […] Je me rends compte que j’ai un discours qui intéresse, que les gens sont plus amenés à nous écouter, à s’intéresser, et au niveau des choix personnels de pas mal de monde, on a travaillé beaucoup sur le verger et on reçoit plein de retours positifs de gens qui sont venus à nos animations il y a 5-10-15 ans, qui ont replanté un verger et qui maintenant ont des fruits, ou qui changent leur mode de vie. Donc je pense qu’on a un impact, mais on ne s’en rend peut-être pas compte. On a toujours évidemment envie de faire beaucoup plus mais on a ajouté, je pense, une chouette pierre à l’édifice.

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FFA : Le greenwashing des vendeurs de pesticides au coeur de l’Europe

Ce 15 mars à Bruxelles, Syngenta, multinationale de l’industrie des pesticides, ELO, lobby des grands propriétaires terriens, et divers acteurs de l’agrobusiness (Cargill, Nestlé, Pepsico, John Deere, etc.) organisent le Forum pour le futur de l’agriculture (FFA). Derrière une façade de dialogue ouvert entre l’agriculture et l’environnement se déroule en réalité une grande opération de lobbying et de greenwashing. Une coalition d’organisations paysannes (membres du mouvement La Via Campesina), d’organisations de la société civile et de citoyen-ne-s dénoncent cette événement et invitent à se mobiliser contre.

Comme chaque année, le FFA est un moment privilégié pour l’agrobusiness pour promouvoir ses fausses solutions (numérisation de l’agriculture, pesticides, nouveaux OGM, financiarisation de l’agriculture, marché carbone, etc.), consolider sa place dans le système alimentaire et renforcer son influence politique auprès des orateur·rice·s et des invité·e·s issu·e·s directement des institutions européennes. Parmi les orateur·rice·s de marque déjà confirmés, on retrouve notamment le Vice-Président de la Commission européenne en charge du Green Deal, Frans Timmermans, et la Commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides.

Il faut dire que depuis l’adoption du Green Deal, les acteurs de l’agrobusiness ont intensifié leurs efforts de lobbying auprès des responsables politiques européens. Ils ont notamment mené une série d’attaques coordonnées contre les objectifs des stratégies « de la ferme à la fourchette » et « biodiversité ». Ces manœuvres de lobbying ont été exposées et dénoncées par la société civile : « we strongly condemn the coordinated efforts of some industrial agri-food lobbies to discredit, delay, and weaken the Farm to Fork Strategy. The tactics deployed by these actors amount to disinformation and scaremongering and must be exposed as such« .

Cette édition du FFA arrive à point nommé pour les acteurs de l’industrie agro-chimique. La Commission européenne peaufine en ce moment même sa cible de réduction des pesticides. Une proposition de directive est attendue pour la fin du mois de mars. Syngenta et son lobby-group CropLife Europe multiplient les efforts afin d’éviter une législation qui entraînera la diminution de l’utilisation de leurs produits et l’atteinte à leurs profits. Dans ce sens, l’organisation de lobbying des pesticides CropLife (présidé par le CEO de Syngenta Erik Fyrwald), ainsi que d’autres lobbies de l’agrobusiness ont directement financé des études d’impact visant à discréditer les objectifs de réduction des pesticides de la stratégie “de la ferme à la fourchette”. Et CropLife a organisé plusieurs événements médiatiques pour diffuser largement les résultats de ses études et d’autres études biaisées, brandissant la menace d’une réduction catastrophique de la production agricole européenne.

On sait par ailleurs que Syngenta et les autres producteurs d’agrotoxiques sont particulièrement inquiets par les initiatives visant à interdire l’exportation des pesticides très dangereux. Depuis la publication d’une enquête de Public eye et Unearthed, qui a révélé que plus de 81.000 tonnes de pesticides interdits d’utilisation en Europe étaient encore produits et exportés dans des pays en développement ou émergents, la pression publique augmente sur l’industrie pour mettre fin à ces pratiques dangereuses pour l’environnement et la santé des populations locales. La France a notamment adopté une loi interdisant la production et l’exportation de ces pesticides et elle entend profiter de sa présidence tournante pour faire avancer le dossier au niveau européen. Une situation inacceptable pour Syngenta et les autres groupes agro-chimiques qui tirent d’importants bénéfices de ce commerce juteux.

Une coalition d’organisations se mobilise donc contre la tenue du FFA. Mobilisation que les Amis de la Terre soutiennent.

Nous dénonçons la tenue d’un événement de greenwashing visant à renforcer l’influence de l’industrie chimique et agroalimentaire dans la conception de politiques publiques. Nous ne pouvons pas accepter que des responsables politiques européens préfèrent passer la journée avec Syngenta et ses comparses plutôt que de préparer une politique juste et ambitieuse pour la réduction des pesticides que nous attendons toutes et tous.

Nous dénonçons les manœuvres antidémocratiques de l’agro-industrie pour imposer son agenda et ses produits, sans égard pour la santé, l’environnement et les conditions de travail de toute la population, en Europe comme dans le Sud global. Ces manœuvres sapent les efforts des mouvements sociaux et de la société civile pour une réelle gouvernance démocratique et inclusive des systèmes alimentaires et la réalisation des droits humains.

Nous regrettons la participation d’ONG environnementales, comme le WWF et The Nature Conservancy, à cet événement, car elle permet aux industriels de se prétendre ouverts aux enjeux environnementaux, tout en détruisant l’agriculture et la nature.

No FFA ! No Future for Agrobusiness, No Future for Agrotoxics !

Nous construisons dès à présent une transition vers des systèmes alimentaires justes, durables, démocratique et solidaires. Afin de garantir aux agriculteurs et agricultrices du Nord comme du Sud des conditions de vie dignes, une alimentation de qualité accessible et des pratiques agricoles qui prennent soin de la nature, nous défendons l’agroécologie, l’agriculture paysanne, la souveraineté alimentaire, qui sont en rupture avec les modèles et solutions défendues par l’agro-industrie. Pour atteindre ces objectifs, celles et ceux « qui mettent des bottes » doivent être les premières personnes conviées aux réflexions sur le futur de leur secteur et de leur métier, et non les multinationales proposant des solutions axées sur leur seuls intérêts économiques.


Puisqu’un forum sur l’agriculture qui ne donne pas une place centrale aux agriculteurs et agricultrices et à celles et ceux qui en sont solidaires n’a aucune légitimité, nous imposerons notre présence ce mardi 15 mars.

pesticide agroécologie

Déclaration commune sur la révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides

Plus de 70 organisations, dont Les Amis de la Terre, demandent à la Commission européenne d’introduire un règlement ambitieux pour un monde sans pesticides et publie une déclaration commune dans laquelle elles appellent à une transition vers des systèmes alimentaires agroécologiques qui protègent la biodiversité et la santé humaine.

Nous, les organisations soussignées, sommes profondément préoccupées par le manque d’ambition de la proposition sur « l’utilisation durable des produits phytosanitaires » que la Commission européenne prévoit de lancer le 23 mars. Étant donné que la directive sur l’utilisation durable des pesticides (SUD) n’a pas réussi à réduire l’utilisation des pesticides dans l’UE, il est grand temps que la Commission présente une proposition qui conduira la transition vers des systèmes alimentaires agroécologiques qui protègent la biodiversité et la santé humaine. Le modèle agricole actuel, fondé sur l’utilisation intensive de machines, de combustibles fossiles, d’engrais et de pesticides de synthèse, montre aujourd’hui clairement ses limites. Outre ses effets dévastateurs sur l’environnement et la santé, ce modèle a enfermé les agriculteurs européens dans un cercle vicieux de dépenses accrues en pesticides pour compenser la baisse des rendements, sans pour autant garantir des revenus corrects. Les bénéfices économiques de ce modèle sont unilatéraux et reposent entre les mains d’une industrie très concentrée, dont les profits en Europe étaient estimés à 900€ millions en 2017. La même année, les coûts sociétaux étaient estimés à 2,3 milliards d’euros1Bureau d’Analyse Sociétale d’Intérêt Collectif (Basic), Analyse de la création de valeur et des coûts cachés des pesticides de synthèse (2021).

L’urgence de s’éloigner de l’utilisation des pesticides de synthèse est évidente. Depuis l’adoption du SUD en 2009, les preuves scientifiques des effets négatifs des pesticides, et des cocktails chimiques, se multiplient2Les évaluations de sécurité de l’UE pour les pesticides sont basées sur des modèles plutôt que sur des études en situation réelle et ne tiennent pas compte des risques des cocktails de pesticides et des effets indirects dans le réseau alimentaire. sur tous les écosystèmes, la biodiversité et la santé humaine. Les scientifiques avertissent que la pollution chimique a dépassé les limites de sécurité pour l’humanité, menaçant la stabilité des écosystèmes mondiaux3Persson et al. (2022), Outside the Safe Operating Space of the Planetary Boundary for Novel Entities,Environ. Sci. Technol : 10.1021/acs.est.1c04158. Ces risques sont aggravés lorsqu’on tient compte des effets de la pollution chimique sur la biodiversité et le changement climatique4Groh et al. (2022), Anthropogenic Chemicals As Underestimated Drivers of Biodiversity Loss : Scientific and Societal Implications, Environ. Sci. Technol : 10.1021/acs.est.1c08399.

La réduction de l’utilisation des pesticides et la transition vers un système alimentaire sain, durable et sans toxicité basé sur l’agroécologie est à la fois possible et nécessaire, comme le démontrent de nombreuses expériences pratiques, pratiques et études5D’Annolfo et al. (2015), A review of social and economic performance of agroecology, International Journal of Agricultural Sustainability , 6van der Ploeg et al. (2019) The economic potential of agroecology : Preuves empiriques en Europe. Journal of Rural Studies. L’étude INRAE de 2017 montre qu’il est possible de réduire significativement l’utilisation des pesticides sans affecter les performances économiques et productives des exploitations7Lechenet et al. (2017), Réduire l’utilisation des pesticides tout en préservant la productivité et la rentabilité des cultures dans les exploitations de grandes cultures, Nature plants. D’autres recherches de l’Iddri montrent que l’agroécologie peut nourrir sainement les Européens, réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole, contribuer à restaurer la biodiversité et protéger les ressources naturelles8Poux et al.(2018), Une Europe agroécologique en 2050 : une agriculture multifonctionnelle pour une alimentation saine. Résultats de l’étude Ten Years For Agroecology (TYFA). Iddri-AScA.

Récemment, 1,2 million d’Européens ont signé l’initiative citoyenne Save Bees and Farmers dans laquelle ils demandent une réduction de 80 % des pesticides de synthèse d’ici 2030, l’élimination progressive des pesticides de synthèse en Europe d’ici 2035, et un soutien fort aux agriculteurs dans leur transition vers l’agroécologie9https://www.savebeesandfarmers.eu/eng/. Des investissements massifs et des changements politiques importants sont nécessaires de toute urgence pour aider les agriculteurs européens à se libérer de l’industrie des pesticides. Nous rappelons également que le Parlement européen  » souligne la nécessité que ces objectifs de réduction aient un caractère contraignant et l’importance de les poursuivre par des approches holistiques, préventives et circulaires telles que les pratiques biologiques et agroécologiques « Résolution du Parlement européen du 20 octobre 2021 sur une stratégie de la ferme à la table pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement (2020/2260(INI)). Les principes consacrés par l’article 191.2 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, doivent guider la révision du SUDLes politiques environnementales de l’UE doivent être fondées sur le principe de précaution et sur les principes selon lesquels il convient d’agir de manière préventive, de réparer en priorité à la source les atteintes à l’environnement et de faire payer le pollueur.

Le projet de proposition de règlement de la Commission sur l’utilisation durable des produits phytopharmaceutiques ne parvient pas à apporter les changements transformateurs nécessaires pour assurer la transition de l’UE vers l’agroécologie, malgré quelques éléments positifs.Nous saluons la proposition d’un règlement pour remplacer la directive actuelle qui est essentielle pour parvenir à une mise en œuvre efficace par les États membres. De plus, la proposition visant à interdire l’utilisation des pesticides dans les zones utilisées par les groupes vulnérables et dans les zones sensibles, comme les sites Natura 2000, est un pas important dans la bonne direction.Cependant, de nombreux éléments de la proposition sont inquiétants et n’apportent aucune amélioration au SUD qui a échoué. En outre, certains aspects positifs de la législation SUD actuelle, en accord avec la transition agroécologique et les objectifs du Green Deal de l’UE, sont absents du projet de proposition.

Nous demandons instamment à la Commission de prendre en considération les éléments suivants pour sa proposition de nouveau règlement :

  1. Fixer comme objectif clair la transition vers des pratiques agroécologiques et un avenir sans pesticides.
  2. Fixer des objectifs de réduction réellement ambitieux et juridiquement contraignants tant au niveau de l’UE qu’au niveau national de l’utilisation et des risques liés aux pesticides synthétiques, et interdire immédiatement l’utilisation des pesticides les plus dangereux. En outre, le règlement devrait refléter l’appel de la société civile en faveur d’une élimination progressive et complète de l’utilisation des pesticides synthétiques.
  3. Maintenir l’objectif des États membres de réduire la dépendance à l’égard de l’utilisation des pesticides, ainsi que la nécessité de promouvoir l’application obligatoire de la lutte intégrée contre les parasites (IPM), de l’agriculture biologique, des méthodes non chimiques, et de désigner une part suffisante de la surface agricole sous des caractéristiques paysagères à haute biodiversité.
  4. Mise à jour de la définition de la lutte intégrée contre les parasites. Si la législation actuelle fait référence, à juste titre, à la nécessité de perturber le moins possible les agro-écosystèmes, la façon dont la LAI est actuellement définie laisse trop de place aux pratiques destructrices. Le règlement doit au contraire renforcer la définition en rendant obligatoire l’application de pratiques agroécologiques pour atteindre les objectifs de réduction de l’utilisation des pesticides. La définition doit établir une hiérarchie allant du moins perturbateur pour les agrosystèmes – y compris la lutte naturelle contre les parasites – au plus perturbateur, les pesticides synthétiques n’étant utilisés qu’en tout dernier recours10https://www.low-impact-farming.info/sites/default/files/2017-02/ipm-pyramid.pdf.
  5. Exiger que les Plans d’action nationaux rédigés par les États membres soient examinés et approuvés par la Commission et un groupe d’experts composé de scientifiques indépendants et environnementaux et de la société civile afin de garantir la transparence et l’indépendance des avis scientifiques.
  6. Exclure l’incitation à l’utilisation de l’agriculture de précision et les techniques de génie génétique, qui ne feront que maintenir un modèle d’agriculture industrielle et une dépendance structurelle aux pesticides.
  7. Interdire l’utilisation de pratiques hautement nuisibles, telles que la pulvérisation aérienne, l’enrobage des semences, la pulvérisation calendaire, l’utilisation de drones et l’utilisation de pesticides de synthèse dans les zones résidentielles et les zones fréquentées par les enfants, sans aucune exception. Prévoir des zones tampons obligatoires et de taille appropriée autour des maisons, des écoles, des bureaux et des cours d’eau.
  8. Garantir l’accès du public à des statistiques adéquates sur les pesticides afin de surveiller leur utilisation et de mesurer efficacement les progrès réalisés par rapport aux objectifs contraignants. Le règlement doit inclure des indicateurs environnementaux, fixer un délai court et clair pour améliorer les indicateurs de risque harmonisés et développer un ensemble complet d’indicateurs supplémentaires.
  9. Veiller à ce que le budget de la Politique agricole commune soit utilisé pour favoriser la transition vers l’agroécologie.
  10. Changer le nom de la proposition en l’intitulant, par exemple, « Règlement visant à réduire la dépendance à l’égard des pesticides de synthèse ». Le nom « Règlement sur l’utilisation durable des produits phytopharmaceutiques » est un euphémisme qui utilise une terminologie biaisée introduite par l’industrie des pesticides. L’utilisation de pesticides synthétiques n’est tout simplement pas durable.

Nous demandons à la Commission de prendre en compte de toute urgence ces demandes dans la future législation afin de garantir la cohérence politique entre les objectifs de l’UE en matière d’écoconception et de tracer la voie vers un monde sans pesticides. L’objectif de réduction des pesticides des stratégies « de la ferme à la table » et « biodiversité » ne doit pas rester une promesse vide.

Signataires

EU and International organisations

  • Agroecology Europe
  • Feedback Global
  • ARC2020
  • FIAN European Sections
  • Biodynamic Federation Demeter International
  • Friends of the Earth Europe
  • BirdLife Europe and Central Asia
  • Greenpeace
  • Client Earth
  • Health and Environment Alliance (HEAL)
  • Compassion in World Farming EU
  • IFOAM Organics Europe
  • Corporate Europe Observatory
  • Navdanya International
  • European Environmental Bureau (EEB)
  • PAN Europe
  • European Federation of Water Services (EurEau)
  • Slow Food Europe
  • European Professional Beekeepers Association

National organisations

  • Arche Noah
  • Latvian Ornithological Society (LOB)
  • ASEED Europe
  • Latvijas Dabas fonds (Latvian Fund for Nature)
  • Asociacion Balear de Apicultores (Bee keepers asociation of the Balearic Islands)
  • Les Amis de la Terre Belgique
  • Asociación Bee Garden
  • Lipu
  • AssoBio
  • Mouvement d’Action Paysanne
  • Biom Association
  • NABU Germany
  • Birdlife Austria
  • NOAH – Friends of the Earth Denmark
  • Bond Beter Leefmilieu
  • Ogólnopolskie Towarzystwo Ochrony Ptaków
  • BUND e.V. -Friends of the Earth Germany
  • Oost West Centrum vzw
  • Bündnis für eine enkeltaugliche Landwirtschaft e.V.
  • Pestizid Aktions-Netzwerk e.V. (PAN Germany)
  • Centar za životnu sredinu – Friend of the Earth Bosnia and Herzegovina
  • Plataforma Transgenicos Fora
  • DOF BirdLife
  • Save Our Seeds
  • Earth Thrive
  • Slow Food Nederland
  • Eco Hvar
  • Slow Food Italy
  • Ecologistas en Acción
  • Slow Food Germany
  • Entraide et Fraternité
  • Sociedade Portuguesa de Entomologia
  • France Nature Environnement
  • The Greens Movement of Georgia – Friends of the Earth Georgia
  • Friends of the Earth Cyprus
  • Umweltinstitut München
  • Générations Futures
  • Voedsel Anders
  • Greenpeace Belgium
  • Voedsel Anders Nederland
  • Hnutí DUHA – Friends of the Earth Czech Republic
  • Vogelbescherming Nederland – BirdLife in The Netherlands
  • Hogar Sin Tóxicos (Spain)
  • WECF France
  • ImPAACte – Pour une politique agricole et alimentaire wallonne de la transition écologique
  • Werkgroep Natuurlijk Imkeren
  • Inter-Environnement Wallonie
  • WWF Italia
  • ISDE Italy, Associazione Medici per l’Ambiente
  • ZERO – Associação Sistema Terrestre Sustentável
  • Justice Pesticides
  • Zukunftsstiftung Landwirtschaft