En mars 2019, nous avons lancé un appel à volontaires pour créer un groupe de support informatique et de diffusion des logiciels libres et services libres en ligne. Aujourd’hui, nous vous présentons ses objectifs et ses membres.

Depuis des années, les Ami.es de la Terre se mobilisent pour une économie non-violente. Nous participons à la construction d’une économie soutenable et équitable par le développement d’une société collaborative et par une relocalisation importante de l’économie. C’est dans cet esprit que nous utilisons uniquement des logiciels libres au sein du bureau. En mars 2019, nous avons lancé un appel à volontaires pour créer un groupe de support informatique et de diffusion des logiciels libres et services libres en ligne. Rapidement le groupe, constitué d’une dizaine de férus et moins férus d’informatique, s’est fixé comme objectif principal de « Faire la promotion du logiciel libre et des services libres en ligne ». Cet objectif pouvant être abordé sous différents angles d’approche, le groupe a défini « la surveillance généralisée » et « le pistage » comme premiers enjeux sur lesquels travailler. En décembre 2020, le groupe a organisé son tout premier atelier en ligne sur le sujet. A présent, le groupe travaille sur la création de différents modules d’ateliers de sensibilisation et d’ateliers pratiques aussi bien pour le grand public que pour les associations.

Les membres

François Dossogne

Je suis ingénieur civil en télécommunications et ingénieur civil en chimie des procédés de formation. Après une conversion informatique d’un an et une autre année comme programmeur, j’ai rejoint l’École Royale Militaire, où c’est à mon tour de former nos candidats officiers. Je donne des cours d’initiation à l’informatique et à la programmation. Partant de mon intérêt pour l’aspect technique des technologies de la communication, je me suis rendu compte au fil des choses que l’enjeu dépasse de loin la simple technique : nous assistons à une transformation des rapports entre les gens et nous sommes devenus sans nous en rendre vraiment compte les instruments des géants du net, pour qui nous sommes en réalité des poules pondeuses (de données). Leurs appétits financiers passent par la mise en péril de la démocratie, ce qui n’a pas du tout l’air de les inquiéter. Je connais beaucoup d’alternatives. On peut très bien vivre sans G*** et F***. Il faut juste savoir où chercher (ou s’y faire aider !)

Kim

Je ne suis pas un « féru » d’informatique et je suis plutôt du côté des « béotiens ». Pourquoi je participe à ce groupe de travail ? Pour la même raison qui m’a poussé à m’intéresser aux Amis de la Terre, à savoir l’économie non-violente, thème découvert au printemps 2017. Au XXe siècle les plus grosses capitalisations boursières étaient le fait des compagnies pétrolières, principalement états-uniennes, au XXIe siècle les géants de la Tech les ont dépassés au sommet de l’échelle et sont eux aussi presque exclusivement états-uniennes. Tout comme le pétrole était partout autour de nous et l’est encore très largement (il est quasiment impossible de trouver un objet autour de nous, sur nous, qui ne soit pas directement ou indirectement tributaire du pétrole) le numérique est partout et conditionne plus encore nos existences, notre réalité sociétale ainsi que notre univers mental. Le numérique est une formidable caisse de résonance pour comprendre la violence pathologique du modèle économique et sociétal actuel, celui qui est directement responsable des désastres planétaires, climatiques, environnementaux et humains. Bref, si je suis loin d’être un féru d’informatique, je suis concerné par les impacts du numérique sur nos existences individuelles et collectives aussi bien physiques que mentales, en constatant que très peu de gens y prêtent attention et encore moins de manière conséquente. C’est donc plutôt comme engagement citoyen que je comprends ma participation au groupe de travail « InformÉthique » des Amis de la Terre : le numérique doit pouvoir retourner d’où il provient c’est-à-dire aux collectivités et au bien commun.

Jacques Rémy

J’étais aux études lorsque nous programmions avec les cartes perforées... Mais l’arrivée des PC a tout changé et m’a subjugué ! J’ai commencé avec Windows et Soft, mais je me suis converti complètement à Linux et aux logiciels et services en ligne libres depuis 4 ans. Depuis lors, je tente de convertir autant de monde que possible à Linux et aux logiciels libres mais il y a encore du boulot ! C’est pourquoi j’ai rejoint ce groupe, qui m’a également permis d’apprendre que le "non-libre" était vraiment une prison et une pompe à données personnelles. En résumé, je suis plutôt un usager expert qui désire trouver le logiciel adapter, l’installer et le promouvoir.

Michel N.

Je n’ai pas une formation d’informaticien mais d’imprimeur. Lors de mes 35 années passées chez mon unique employeur, j’ai posé ma candidature pour passer au service informatique lorsqu’il s’est vraiment informatisé. J’ai donc été formé et ai acquis l’habitude d’utiliser différents outils de traitement de texte, de mise en page et de transmission. Celle-ci se faisait à une vitesse particulièrement lente par rapport à l’ADSL actuel , donc c’était un très mauvais moment de stress lorsque la connexion ne s’établissait pas et que l’article d’un journaliste assistant à un match de foot de Coupe d’Europe, par exemple, était attendu en fin de soirée pour boucler le journal du jour...
Depuis de nombreuses années, je gère et m’occupe de coder de deux sites internet, et depuis une dizaine d’années, j’encode, notamment, les cotisations et les dons pour les Amis de la Terre. C’est depuis 4 ou 5 ans que je me suis intéressé au « libre » et notamment à Ubuntu en l’installant sur les PC portables de mes enfants et petits-enfants. Mais j’ai découvert avec bonheur Linux Mint et il remplacera progressivement Ubuntu…
En tous les cas, j’ai toujours soif de connaissances et découvertes en informatique.

Rémi Letot

En une ligne, je suis un papa musicien informaticien libriste réinventeur du monde à ses heures dites perdues.
J’ai toujours été intéressé par l’informatique, depuis les premiers Sinclair et autres Commodore, jusqu’aux premiers PC. Mais c’est pendant mes études d’ingénieur civil en architecture que j’ai vraiment accroché et que j’ai commencé à me former et à l’utiliser de façon plus intensive. Puis le logiciel libre apparaît discrètement sur mon radar à la fin de mes études. En début de carrière j’ai oscillé plusieurs fois entre les mondes de l’architecture et de l’informatique, pour finalement me fixer sur cette dernière en créant ma société à Namur. Mon travail consiste à aider les petites structures (indépendants, PME, associations,...) dans la gestion de leur informatique : matériel, gestion, stratégie, sécurité,... J’utilise personnellement presque exclusivement du logiciel libre, mais je supporte et gère des systèmes de toutes sortes pour mes clients.
Les excès en tous genre des gros acteurs de l’informatique propriétaire me poussent cependant depuis quelques temps à m’orienter vers une promotion plus active du logiciel libre. Pour moi, il tient dans l’informatique la place que le bio/local occupe dans d’autres secteurs : une possibilité éthique, saine et durable face aux excès des multinationales.
L’appel des Ami.es de la Terre pour former un groupe de travail « informatique libre » est donc tombé à point nommé :-).

Michel Giacomelli

J’ai un jour, il y a une dizaine d’années, reçu un CD live de Ubuntu distribué par l’association LiLiT. Je me suis empressé de l’installer sur un portable "expérimental" et ma curiosité ne s’est plus jamais éteinte ! Quand j’éprouvais des difficultés, je me tournais vers les forums dédiés où je faisais la connaissance d’une communauté super sympa. Le virus du libre était en place et assez vite je suis passé à Linux sur mon pc principal.
En parallèle avec la découverte du système d’exploitation et des logiciels libres, j’ai suivi un cours de hardware en promotion sociale de manière à ne pas craindre de mettre les mains dans le cambouis. Cette formation m’a conduit à récupérer Pc et portables jugés obsolètes par beaucoup, à les "rajeunir", à les équiper Linux, (surtout Mint et Ubuntu), et à les offrir à des personnes ou des associations soucieuses de découvrir le monde merveilleux du libre.
Je me suis aussi engagé dans l’association LiLiT avec laquelle nous tentons de promouvoir les logiciels libres.
Membre des Amis de la Terre depuis bien longtemps, j’ai été heureux d’y rencontrer quelques membres intéressés par la problématique. Même si la question de la "surveillance de masse" est essentielle, je crois que bien d’autres thèmes pourraient donner du grain à moudre au groupe, comme la fracture numérique, l’éthique informatique, l’installation des logiciels libres sur son pc, les addictions diverses (smartphones, réseaux sociaux, jeux…) etc…
Longue vie à ce groupe "informÉthique" !

Benoit

Au départ, je suis jardinier, la terre, la botanique et les plantes me passionnent…
Des cours du soir en soudure m’ont amené à devenir soudeur, tout en exerçant la ferronnerie d’art en activité accessoire. Comme je ne savais pas dessiner et que ça me serait bien utile en ferronnerie d’art, j’ai suivi des cours du soir en dessin assisté par ordinateur. C’est ainsi que je me suis découvert une nouvelle passion pour l’informatique. J’avais la tête dans des bouts de code, que je rédigeais le soir après le travail. Puisque j’y passais tout mon temps libre, j’ai décidé de faire un graduat en informatique. GNU/Linux, le logiciel libre et la programmation furent mon autre grande passion. J’ai travaillé comme programmeur durant quelques années.
Puis, j’ai fait un bilan, la ferronnerie d’art me passionne, la programmation encore plus, mais qu’en est-il de la terre et les plantes qui étaient ma première voie ? J’ai pris quelques années de pause carrière durant lesquels j’ai suivi une formation en agriculture biologique, vagabondé à pied et fait des stages chez des maraîchers bio. J’ai trouvé un terrain agricole et compte m’installer comme maraîcher bio.
Mais ma passion du logiciel libre et de la programmation n’a pas pour autant disparu. D’autant plus que l’informatique a une telle emprise sur nos vies, des codes s’immiscent partout, de la télécommande au smartphone. Cette emprise des codes informatique sur nos vies est telle, qu’il ne peut y avoir de liberté, sans liberté numérique.

Michel Bamps

Tombé très jeune dans la marmite informatique, je compte maintenant plus de 40 ans d’expérience(s) ... J’ai vu arriver et souvent disparaître les premiers "micros"-ordinateurs : Tandy, Commodore, Dai, Sinclair ZX80 ... ensuite cp/m, le dos, windows 1.3, et tous les suivants. Je suis gradué en Informatique depuis 1983, à l’époque nous n’utilisions que des cartes perforées. Ensuite, j’ai fait tous les métiers de l’informatique, en vrac : technicien hardware, programmeur, ingénieur système, vendeur, formateur, consultant, ...
Adepte de linux depuis le début du siècle, je suis un fervent supporter du logiciel libre et de l’open-source. Je ne diabolise cependant pas les grands acteurs que l’on ne nomme pas, n’oubliant pas qu’ils sont aussi de grands contributeurs. J’ai connu l’informatique d’avant, je préfère celle d’après. J’utilise actuellement Linux Manjaro avec le gestionnaire KDE et pour le serveur une configuration Ubuntu pour garder la main sur cette famille de logiciels.

Si vous souhaitez explorer et construire avec nous un projet stimulant autour de ces thématiques, merci d’envoyer un mail à l’adresse informethique chez listes.amisdelaterre.be