Les implications climatiques du modèle de développement économique issu de la Révolution Industrielle, effectif depuis deux siècles, ne sont plus à démontrer. Les méthodes de production industrielle, puis la mondialisation à outrance rendue possible par une volée d’accords de libre-échange internationaux, ont provoqué de tels niveaux d’émissions de gaz à effet de serre que la température mondiale a déjà grimpé de plus d’un degré. Le dernier rapport du GIEC, tombé cet été, dresse un constat d’ailleurs sans appel, puisqu’il confirme bien que des seuils, soit des points de non-retour, ont été franchis et certains bouleversements seront irréversibles.

La rupture avec ce modèle doit être totale. Mais le problème est complexe, notamment pour les travailleur·ses des secteurs qui doivent disparaître compte tenu de leur empreinte carbone. En effet, des millions de travailleur·ses sont pris·es en otage, puisque leur situation d’emploi, en plus d’être souvent précaire, est pour l’instant dépendante de l’activité économique de multi-nationales ultra-polluantes.

La lutte contre le changement climatique, pour être juste, doit donc intégrer ses paramètres. C’est ce à quoi se consacre ce troisième numéro de la revue Justice Climatique, avec trois articles qui explorent les contours des enjeux qui relient travail et écologie.

Le premier article est une contribution proposée par trois membres du collectif des Actrices et acteurs des temps présents : Mathieu Verhaegen, Paul Hermant et Serge Mouravieff. Ils ont choisi de soulever l’épineuse question du syndicalisme, dans un contexte ou l’urgence climatique remet d’elle-même en cause le productivisme auquel beaucoup de syndicats ont traditionnellement souscrit.

Le second texte, rédigé par Willy Couvert, stagiaire chez les Amis de la Terre - Belgique, prolonge la question du syndicalisme, en discutant d’une stratégie issue du milieu syndicale pour faire le lien entre enjeux liés au travail et au climat : la transition juste. Il se propose également de donner quelques exemples d’expérimentations de convergences entre syndicats et écologistes.

Enfin, le troisième article de cette revue est une contribution proposée par Christiane Herman, Christine Pagnoulle et Daniel Puissant, du mouvement ATTAC Liège. Ancré dans l’actualité, ce texte impose une réflexion sur les récentes inondations qui ont touché le sud de la Belgique, et sur les leçons à en tirer en termes de gestion des territoires, des conséquences du modèle néo-libéral sur cette gestion et des voies souhaitables pour la transition écologique, notamment pour le monde agricole.

Pour voir la revue en format PDF, c’est ici :

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Bonne lecture ! ;-)