1. Mise en garde

Devenir apiculteur ne s’improvise pas. Avant de se lancer dans l’aventure, il faut savoir que les abeilles sélectionnent celui qui s’en occupera. En effet, cette passion nécessite d’être à la fois autodidacte, curieux, observateur, calme, patient et régulier dans le travail. Celui qui n’est pas prêt à mettre toutes ses compétences ou les développer au service de ses ruches n’en obtiendra rien.
Il est illusoire de vouloir placer une ruche au fond du jardin sans jamais y toucher pour le plaisir de la nature. Cette expérience risque de tourner à boîte à piqûres, source de maladies pour les ruchers voisins et finalement de conduire, de manière sûre, à la mort de la colonie.

Si vous voulez aider les abeilles, il est souvent préférable d’aménager un jardin naturel et d’y installer des plantes mellifères que de vouloir acquérir une ruche.

Après cette mise en garde, je m’empresse de dire que cette passion est une véritable source d’émerveillement, de question et de réflexion sur la vie.

2. Le matériel pour bien débuter

Première règle : acheter du neuf, chez un marchand reconnu de matériel apicole, un modèle standard de ruches, prévoyez deux à trois hausses par ruche, un chasse-abeilles et un nourrisseur.
Les vieux apiculteurs qui vendent des ruches complètes risquent de vous fournir du matériel non standard, mal entretenu (car ils vendent souvent pour raison de santé et donc manque de suivi de leur cheptel). Il faut donc être plus vigilant dans ce cas.
Deuxième règle : acheter un essaim d’abeilles plutôt au printemps (avril à début mai) chez un apiculteur reconnu et sérieux. C’est-à-dire un apiculteur qui pratique l’élevage de reines et qui est en mesure de vous fournir une colonie avec une reine F1 (de race ou sous-espèce pure fécondée naturellement dans l’environnement) marquée ! Pour information, un essaim sur 4 cadres de nourriture et 2 cadres de couvain coûte environ 100 euros. En général, les prix bradés donnent de mauvaises surprises (mauvaise reine, ruche bourdonneuse, abeilles agressives, …). Mettre le prix, c’est donc s’assurer un bon départ sans ennuis.
Au total, il faut être prêt à investir environ 700 à 800 euros pour 1 ruche, 1 essaim, petit matériel pour la visite des ruches et l’extraction du miel, ainsi qu’un petit extracteur manuel.

3. Le choix de la race d’abeilles

En tant qu’Amis de la Terre, nous ne pouvons que déplorer les erreurs commises par le passé. Voici 150 ans que les apiculteurs ont pollué génétiquement notre abeille noire du pays par des importations de reines étrangères. Aujourd’hui, celle-ci n’est plus présente à l’état pur que dans la botte de Chimay. En dehors, on trouve toutes les races en passant par toutes les hybrides possibles, des plus douces aux plus agressives.
Si vous voulez élever de la noire du pays (Apis mellifera mellifera), il faudra vous résigner à conduire vos reines en ruchettes de fécondation à la station de Virelles. En effet, l’hybridation de celle-ci donne souvent des résultats agressifs.
On ne saurait trop vous conseiller de choisir la race la plus utilisée autour de chez vous. Ainsi, les fécondations naturelles sur place vous permettent de rester en lignée pure plus longtemps, ce qui est plus pratique pour la sélection et le maintien de la douceur.