Photo : Friends of the Earth Europe

  • (Septembre 2011)
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  • Compte rendu: [Photos de la conférence de Rajagopal->http://www.flickr.com//photos/jbmarechal/sets/72157627704686674/show/] Après la vision du film sur la marche organisée par le mouvement Ekta Parishad, appelée « Janadesh 2007 », nous avons eu le plaisir d'accueillir RajaGopal parmi nous. Sans vouloir ré-écrire ce qui a déjà été écrit sur l'origine du mouvement et son développement en Inde ces trente dernières années, voici quelques éléments qu'il m'a paru important de relever durant le passage de RajaGopal à Namur : -* L'Inde est un pays qui affiche au monde une croissance surprenante (8%) avec le développement de nouvelles technologies, de grandes infrastructures et une exportation galopante de ses produits (riz, matériel informatique, etc.). Le pays assure de très bonnes conditions financières aux investissements étrangers – Il existe, comme c'est le cas dans d'autres régions du monde, des zones franches (exemptes de taxation aux investisseurs mais également de lois sociales et de protection des travailleurs). Cela n'est pas sans répercussion sur l'accès aux terres pour tous. Les investisseurs étrangers (de l'Union européenne, de Chine notamment) achètent des terres sur lesquelles vivent depuis toujours des populations indigènes (Adivasi, populations nomades) représentant près de 39 % de la population totale de l'Inde. La demande d'Ekta Parishad va dans le sens d'une réforme du droit foncier pour assurer un accès à l'eau, aux ressources de la forêt et à la terre pour tous. -* Ces pressions sur les terres et la répartition très injuste des bénéfices de cette croissance fulgurante attise de plus en plus la violence parmi la population la plus touchée (mouvement des Naxalites). Ekta Parishad utilise la non-violence comme outil d'action. Le mouvement veut faire participer les jeunes en les aidant à (re-)construire leur confiance en eux pour émettre des revendications. Aussi, la logique des castes maintient une domination des riches sur les pauvres en attribuant leurs conditions d'existence à un mauvais karma hérité d'une vie antérieur, ne leur donnant pas la motivation de faire changer les choses. En formant ces populations à l'autodétermination, à la solidarité, Ekta Parishad leur permet de prendre ne main leur vie et leur donne espoir qu'ils auront aussi un accès à la terre, à leur dignité. -* Ces populations entretiennent depuis toujours un lien sacré à la terre, la respectant pour ce qu'elle leur offre (la quasi totalité des besoins essentiels: eau, fruits, légumes, riz). Avec l'achat des terres par les industriels, la terre perd cette place dans l'environnement, elle devient un objet dont on « pompe » un maximum de rendement pour un profit immédiat (la terre est « épuisée » par l'utilisation des produits chimiques, les nappes phréatiques n'offrent plus que de l'eau contaminée ou sont tout simplement asséchées par des cultures très gourmandes en eau (cotton BT -OGM par exemple). -* {{Ekta = unité}} : La logique du mouvement est de mettre les gens ensemble pour émettre des revendications auprès du gouvernement. Ekta travaille en réseau avec des dizaines d'organisations et plus de 500 animateurs de terrain. Combattre seul, chacun de son côté alors qu'il existe beaucoup d'associations en Inde revendiquant des droits élémentaires (santé, nourriture, logement, éducation) n'est pas efficace, c'est pourquoi Ekta Parishad rassemble le peuple pour faire pression ensemble auprès du gouvernement. Les animateurs d'Ekta travaillent de manière à former les jeunes à un nouveau type de leadership: « you first and me second » (toi d'abord et moi ensuite) pour favoriser la coopération plutôt que la compétition entre les gens, recréer une solidarité nécessaire à un travail de pression unifié. -* La méthodologie utilisée pour rassembler le peuple est la suivante: -* 1) Dialoguer avec tous – ne pas fermer sa porte – dialoguer avec le gouvernement -* 2) Garder la pression par le rassemblement non-violent du peuple -* 3) Maintenir des actions dans la rue pour continuer à construire le programme de revendications Ces trois points font partie de la tratégie « walk and talk »: tout le monde peut l'appliquer puisque tout le monde peut marcher et parler. Ainsi, le peuple reprend possession de son destin. RajaGopal, accompagné de membres de la plateforme Ekta-Belgique, a répondu présent à l'invitation de députés écolo et Cdh qui l'ont reçu au parlement wallon juste avant cette rencontre. L'échange a été très positif: les représentants du gouvernement belge présents à cette occasion ont manifesté un vif intérêt pour les questions d'accès à la terre en Inde et aussi en Union européenne. Ils assureront un suivi au niveau du gouvernement belge et européen. Nous convoquerons à nouveau les personnes désireuses de s'impliquer pour établir ensemble les différentes forces présentes chez chacun(e), à son échelle pour faire pression et retrouver un accès à la terre pour les paysans, au Sud tout comme au Nord. Pour les Amis de la Terre, Geneviève Adam

A partir d’octobre 2011, Rajagopal a programmé une "longue marche" d’un an qui va parcourir 300 districts de l’Inde, de Kanyakumari (au Sud) jusqu’au Nord, pour mobiliser les sans-terre à réclamer leurs droits à la terre, à l’eau et aux forêts dans une action non-violente qui culminera en octobre 2012 par une marche de 100.000 personnes sur Delhi.

A l’occasion de son dernier passage en Europe (pour une conférence internationale à Genève), nous avons pu obtenir le passage de Rajagopal à Bruxelles, et ETOPIA a accepté d’organiser une "grande conférence écologique". Retenez déjà la date du jeudi 15 septembre à Bruxelles (ULB-Solbosch).

Les Amis de la Terre-Belgique supportent le mouvement Ekta Parishad dans le cadre de leur thématique "Alimentation solidaire".