Les projets vignobles à Liège : compte-rendu de discussions Filles de la Croix – Évêché – Ville de Liège – Vin de Liège – Riverains - Vranken

, par Maxime Calay

Les coteaux de la Citadelle sont convoités par le groupe Vranken-Pommery, qui reçoit actuellement le soutien de la Ville de Liège et plus particulièrement de Michel Firket, premier Échevin. Un autre projet est également proposé sur ces coteaux par Vin de Liège, une coopérative à finalité sociale. Cet avenir des coteaux pose de sérieuses questions environnementales et de santé, tant pour des riverains que pour les Amis de la Terre.

Remarque préalable  : les propos relatés dans ce document n’engagent pas nos différents interlocuteurs. Ils sont la transposition de ce que nous, Amis de la Terre, comprenons de la situation actuelle et des deux projets proposés, suite aux discussions et rencontres que nous avons eues avec les différents intervenants.

Nous vous invitons à consulter l’article « Coteaux de la Citadelle : état des lieux » mis à jour, et notre communiqué de presse, afin de disposer d’une vue globale de la situation.

Que nous disent les Filles de la Croix ?

Après avoir envoyé leur communiqué de presse, les Amis de la Terre ont rencontré les Filles de la Croix et ont exposé leurs inquiétudes concernant le projet Vranken tel que présenté, mais aussi l’impact plus général d’une monoculture (et des pesticides !) sur les colonies d’abeilles.

  • Bien qu’elles déménagent, les Filles de la Croix ne doivent pas vendre leur terrain ; elles y sont attachées, historiquement et sentimentalement.
  • Les Filles de la Croix sont sensibles au respect de la Terre et des hommes. Elles nous ont écouté avec attention ; nous espérons leur avoir exposé des difficultés qui ne les laisseront pas indifférentes.

Que nous dit l’Évêché ?

Après lui avoir envoyé leur communiqué de presse, les Amis de la Terre ont rencontré le Vicaire général de l’Évêché de Liège. Outre les corrections et compléments dans notre « état des lieux des projets vignobles » qu’aura permis cette rencontre, nous pouvons clarifier ces points :

  • Pour l’Évêché, il n’est pas indispensable de vendre ce terrain, bien qu’il soit « inutilisé ».
  • L’école Saint-Barthélémy a été consultée avant d’entamer la discussion avec Vranken.
  • L’Évêché a refusé l’offre émise par la firme Vranken pour le rachat de son terrain car elle se situe bien en deçà des estimations réalisées par le notaire de l’Évêché et des Filles de la Croix.
  • Depuis cette offre fin juin, l’Évêché n’a plus de nouvelles de la part du groupe Vranken-Pommery. Pour l’Évêché, rien ne laisse croire qu’il serait encore intéressé par le terrain.
    Nous encourageons l’Évêché et les Filles de la Croix, dans le cas d’une vente éventuelle, à prendre prioritairement en compte les impacts sanitaires et environnementaux des projets qui seraient développés par l’acquéreur potentiel sur leur terrain.

Que nous dit la Ville ?

Mercredi 19 octobre, nous avons rencontré M. Firket ainsi qu’un représentant de la cellule environnement et un attaché spécifique architecte. Voici ce qu’il en ressort :

  • Le projet de M. Vranken serait à la fois « sentimental et économique » : M. Vranken désirerait implanter des vignobles à Liège qui est sa ville natale, dans le cadre d’un projet économique important.
  • La Ville de Liège aurait pratiqué la concertation d’entrée de jeu, désirant intégrer toute personne concernée par ce projet, à commencer par les riverains lors de la présentation fin juin ; la rencontre avec les Amis de la Terre le confirme.
  • M. Firket souhaite que Vranken et Vin de Liège puissent travailler en collaboration.
  • Le représentant de la cellule environnement nous confirme que l’agriculture « raisonnée durable » (termes annoncés pour le projet Vranken) veut dire qu’on met en balance l’efficacité d’un traitement et son coût. Raisonné est purement économique, durable aussi. Contrairement au bio, il n’y a pas de certification ni de contrôle dans la plupart des exploitations raisonnées durables, qui emploient des pesticides de synthèse.
    Avant d’aller plus loin, tant pour la Ville que pour les Amis de la Terre, il est donc nécessaire de connaitre très précisément la manière dont Vranken pense fonctionner en terme de traitement des vignes au cœur de la Ville. Pour les Amis de la Terre, cette préoccupation s’étend également à l’entièreté du projet.

Que nous dit la Région wallonne ?

Après lui avoir fait parvenir notre communiqué, nous avons contacté le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne, et nous pouvons résumer en quelques points notre conversation :

  • A ce jour, aucune demande de modification de plan de secteur n’a été introduite à la Région wallonne, seulement une note au sujet des vignobles pour avis.
  • Une zone verte au plan de secteur ne se change pas « comme ça », il faut un projet solide, précis et clairement respectueux de l’environnement. Ces zones sont protégées juridiquement, il ne faut pas imaginer que « tout est possible » !
  • La procédure du code wallon pour modifier une telle zone (par la mise en place d’un PCAR), nécessite le passage au conseil communal, une information claire à la population, mais également l’approbation par le ministre compétent en la matière.
  • Le projet Vranken, tel que présenté à ce jour, ne rencontre pas les critères nécessaires pour justifier et permettre la modification d’une zone verte.

Que nous disent les riverains ?

Certains riverains sont opposés à tout projet vignoble sur les Coteaux, d’autres sont coopérateurs de Vin de Liège, certains sont au courant de tel ou tel point, d’autres pas. Bien que certaines nuances soient palpables, leur message est clair à ce jour : ils ne veulent pas du projet Vranken sur les Coteaux. Nous avons publié les réactions de certains riverains sur notre site internet.

Nous n’avons pas connaissance à ce jour de riverains informés sur le sujet, ayant une opinion favorable à l’implantation de Vranken-Pommery sur les coteaux.

Que nous dit Vin de Liège ?

Nous avons contacté à plusieurs reprises les administrateurs de Vin de Liège afin de tracer un historique aussi précis que possible, complété, croisé par les informations recueillies auprès d’autres interlocuteurs. Nous avons également demandé un plan de cultures pour le terrain des Filles de la Croix, qui est disponible en ligne.

Vin de Liège nous précise de plus :

  • La coopérative reste intéressée par le terrain des Filles de la Croix.
  • Des points de rencontres possibles (partenariats sur des foires, etc) ont été énumérés par Vin de Liège fin avril afin de nouer un dialogue constructif, mais il n’y a pas de collaboration entre Vin de Liège et Vranken à ce jour.
  • Vin de Liège se concentre sur son objectif (le vin), tout en étant ouvert à tout projet complémentaire d’exploitation de terrain par une association ou des riverains.
  • La coopérative vise la production biologique, ses terrains seront en « conversion » les premières années.

Que nous dit M. Vranken ?

Fin septembre, M. Vranken déclarait aux médias « je ne viendrai pas à Liège sur fond de polémique ». Ce pourrait être rassurant pour certains opposants, motivant pour d’autres.

Suite à notre rencontre à la Ville lors de laquelle il nous a été précisé que les deux projets « continuaient », nous avons contacté Paul-François Vranken jeudi 20 octobre, afin de lui demander de nous exposer (dans son intérêt également !) la manière dont il compte cultiver la vigne en Wallonie et plus spécifiquement à Liège.

Nous espérons obtenir une réponse à cette question, ce qui permettrait d’avancer de manière constructive dans ce dossier.

Et vous, que dites-vous ?

Il reste de la place... nous vous invitons à nous faire parvenir votre réaction !