, par Jean-Philippe Body

Pour un développement touristique durable.

Les Amis de la terre du pays de l’Eau d’Heure » propose, pour la région des Lacs de l’Eau d’Heure, un développement touristique durable respectueux de l’environnement et des paysages locaux, et en synergie avec la population locale.

Ce développement s’articule selon 3 priorités :

1) La première met l’accent sur la participation des communes avoisinantes, des associations et des populations locales, au devenir touristique de leur région. Pour cela, l’ASBL gestionnaire des Lacs de l’Eau d’Heure doit impérativement intégrer l’ensemble des acteurs locaux dans les processus de décision. Or, actuellement, les « autochtones » sont totalement mis sur la touche, et les projets touristiques sont imposés par la Région Wallonne via cette ASBL.
A titre d’exemples :
– les deux bourgmestres des communes directement concernées (Cerfontaine et Froidchapelle) ont dû insister pour être observateurs, et seulement observateurs (et donc sans droit de vote) au sein du C.A. de l’ASBL ;
– aucune synergie efficace et concrète n’existe entre les différentes associations touristiques régionales (Offices ou Maisons du Tourisme) et l’ASBL des Lacs,
chacun fait sa brochure, propose sa carte de la région, met en avant ses activités...

2) La deuxième priorité entend mettre en valeur les zones d’intérêt biologique et paysagère remarquable, afin de protéger le patrimoine naturel local. Lequel constitue, l’attrait majeur et l’atout économique de notre région. Dans cette optique, il est important de conserver et de maintenir dans leur état actuel toutes les zones d’intérêt paysager définies dans le plan de secteur de 1989, qui avait fait l’objet à cette époque d’un consensus avec toutes les parties concernées. C’est pourquoi l’association « les Amis de l’Eau d’Heure » insiste avec force pour limiter l’urbanisation du site des lacs à la seule zone de loisirs prévue au Nord de la Plate Taille, c’est-à-dire le village de Landal et ses environs immédiats .
De ce fait, tout changement du plan de secteur pour un projet urbanistique hors de cette zone nous semble inadéquat (voir notre document sur les zones d’intérêt biologique remis au ministre Lutgen)

3) La troisième priorité a pour objectif un développement touristique durable axé sur l’hébergement et l’animation .
- Le niveau de l’hébergement sur la zone de loisirs au Nord de la Plate Taille est loin d’être saturé aujourd’hui (un taux d’occupation inférieur à 60%). Or il est prévu de passer de 1500 à 4000 lits. Est ce bien nécessaire ? Un bilan des résultats économiques, sociaux et environnementaux de ce site urbanisé serait utile avant de poursuivre la construction de nouvelles infrastructures sur la zone nord et autour des lacs. Pour les Amis de la terre, d’autres projets de l’ASBL des Lacs, dans des sites d’intérêt biologique et paysager sont donc inopportuns et inappropriés. Si toutefois une augmentation de l’offre d’ hébergements devait être envisagés , celle-ci devrait être intégrées dans nos villages. Or, actuellement, de nombreux logements touristiques ruraux sont à vendre à quelques kilomètres à peine des lacs (Le Sausset, camping des lacs, gîtes du château de Soumoy...) et d’autres bâtiments (Moulin de Cerfontaine, ancienne ferme de l’aérodrome de Froidchapelle, Ballonet, ...) sont laissés à l’abandon par l’ASBL des Lacs ou la Région Wallonne.
- Pour ce qui est de l’animation et des loisirs, l’association « les Amis de la terre » n’a pas d’objection à la plupart des projets de l’ASBL des Lacs, à condition toutefois qu’ils respectent l’environnement. Cependant, des efforts supplémentaires sont à réaliser pour accentuer l’animation dans la région, et renforcer les synergies et la coopération entre tous les acteurs locaux et l’ASBL des Lacs. On ne perdra pas de vue, en effet, que les emplois sont en général plus nombreux dans les activités d’animation que dans le seul hébergement.

En conclusion, Les Amis de la terre du pays de l’Eau d’Heure demande : un développement touristique durable, avec le souci clair de respecter la biodiversité et le patrimoine naturel de notre région, d’associer les associations et la population locale à son propre développement, de limiter l’urbanisation touristique des lacs dans la zone prévue par le plan de secteur de 1989 au nord de la Plate Taille et de favoriser davantage l’animation et les activités sportives.
C’est en tout cas par rapport à ces lignes de force que nous avons remis une pétition aux ministres du tourisme et de l’aménagement du territoire en 2009 (voir le document sur notre pétition)