, par Maxime Calay

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Ce 8 mai 2012 commencera le procès de 11 militants du FLM à Dendermonde (Termonde). Selon les accusés, ils comparaissent pour : vandalisme, destruction de biens, association de malfaiteurs, coups et blessures suite à une action non violente de désobéissance civile à Wetteren sur le champ d’essai de pommes de terre génétiquement modifiées l’an dernier en mai. Les organisations et les personnes qui soutiennent ce texte expriment leur soutien aux onze accusés et demandent aux gouvernements belge et flamand d’abandonner tous les essais en plein champ d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

L’année dernière, le 29 mai, un groupe de plus de 300 militants s’est réuni sur le champ d’essai d’OGM à Wetteren pour un « échange de pommes de terre ». L’événement a débuté avec un marché paysan pour présenter des exemples positifs de la petite agriculture biologique familiale. Ensuite, les militants ont tenté de manière non-violente de déterrer les pommes de terre OGM et les remplacer par des patates non-OGM. Cette action a été menée ouvertement et les militants ont pris leurs responsabilités. Les activistes ont agi sans violence tout au long de l’action.

La réaction des responsables politiques flamands, qui soutenaient l’expérimentation OGM, a été impitoyable. Le ministre-président Kris Peeters a appelé à des poursuites judiciaires - pour association de malfaiteurs et vol - et a ainsi violé de manière flagrante le principe de séparation des pouvoirs de l’Etat. Le soutien politique à l’industrie des biotechnologies est basé sur l’hypothèse que la croissance dans le secteur de la haute technologie est nécessaire pour le développement économique d’une région, mais cela sert clairement les intérêts de l’industrie de la biotechnologie [1].

Les jours suivant cette action, on pouvait lire et entendre partout dans les grands médias des accusations de ce type : les activistes n’étaient que des « hooligans » et des « vandales ». Pourtant, il n’existe aucune preuve qu’un activiste ait utilisé la violence pour atteindre ses objectifs. Il y eut effectivement des dommages limités aux clôtures suite à l’action et un certain nombre de plants de pommes de terre ont été arrachés. Mais cela n’est rien en rapport à l’immense dommage et à la violence portés dans le monde entier aux agriculteurs, aux citoyens et à l’environnement par l’utilisation des OGM.

Le risque causé par la dissémination d’OGM dans notre environnement - risques sanitaires de l’utilisation du glyphosate, contamination par les OGM de l’agriculture biologique (non-OGM par définition) - peut être considéré comme une raison suffisante pour entreprendre une action avec l’intention de limiter ce risque au maximum.

Un autre exemple de cette prise de risque insensé est celui vécu actuellement par les apiculteurs qui ne peuvent plus garantir de miel 100% sans OGM en raison de l’acceptation au niveau de la législation d’un taux de 0,9% de contamination de notre alimentation par les OGM ; encore une conséquence du lobbying européen pour défendre les intérêts financiers de quelques grandes entreprises productrices d’OGM.

La violence structurelle engendrée par les politiques de Bayer, Monsanto, BASF et consorts pour la production massive d’OGM fournit un argument encore plus convaincant pour une réaction citoyenne. L’expansion des OGM, le plus souvent en culture intensive, a forcé des milliers de petits agriculteurs (en particulier dans les pays en développement) à quitter leurs terres, ce qui a eu des répercussions catastrophiques sur leurs moyens de subsistance et la survie des communautés locales.

L’utilisation des OGM a encouragé l’utilisation généralisée des pesticides tels que le glyphosate [2] - un herbicide systémique plus connu sous le nom de Roundup. L’affirmation selon laquelle les OGM peuvent résoudre, à la fois, la famine dans le monde et limiter les problèmes de réchauffement de la planète est complètement fausse ; encore un bel exemple de « Greenwashing ».

Le cas de Barbara van Dyck, une chercheuse universitaire qui a été licenciée en raison de son soutien manifeste à l’action de Wetteren, met en évidence le rôle d’une grande partie des institutions scientifique et éducative dans le maintien de cette violence structurelle. Le développement de la technologie OGM ne peut pas être séparé de l’utilisation réelle qui en découle. En ces temps de pression financière croissante sur les universités, la dissidence contre les intérêts économiques de quelques grandes entreprises n’est visiblement plus tolérée. Simultanément, des moyens insuffisants sont investis dans la recherche de solutions écologiques durables aux problèmes réels auxquels les agriculteurs en Belgique et ailleurs dans le monde sont confrontés. Cependant, il y a de nombreux projets dans le monde entier issus de groupes de base où le modèle agricole est adapté de manière optimale aux possibilités locales, en conformité avec l’environnement, la communauté et les paysans.

Il y a, en Belgique et ailleurs, une longue tradition de citoyens qui mènent des actions de désobéissance civile non-violente pour s’opposer à l’injustice. Dans une situation où, clairement, le gouvernement, les institutions de l’industrie et de l’université créent et maintiennent une situation injuste et dangereuse, il est de notre responsabilité de citoyens de soutenir celles et ceux qui prennent position en faveur de la sauvegarde de l’environnement et de notre santé contre des expériences génétiques incontrôlées.

Associations signataires

Mise à jour le 9 mai 2012


Friends of the Earth Vlaanderen & Brussel vzw – www.motherearth.org

Les Amis de la Terre – Belgique asbl – www.amisdelaterre.be

Groupe de Liège du Mouvement politique des objecteurs de croissance – http://liege.mpoc.be

Climaxi vzw – www.climaxi.be

Klimaat en Sociale Rechtvaardigheid – Climat et justice sociale – www.climatetjusticesociale.be

CEO (Corporate Europe Observatory) - www.corporateeurope.org

Wervel - www.wervel.be

vzw t’Uilekot – www.uilekot.org

Rencontre des Continents – www.rencontredescontinents.be

Texte original flamand de Famke Vekeman, traduit par Paul De Neyer

Notes

[1La biotechnologie est une technique scientifique qui utilise les micro-organismes pour produire une grande variété de produits.

[2Il a été démontré que le glyphosate, même à des doses inférieures à celles utilisées d’habitude dans l’agriculture, provoque des fausses couches, des anomalies dans les embryons et le cancer. En outre, il contribue à l’émergence de « super » mauvaises herbes résistantes, ce qui augmente finalement l’utilisation d’herbicides.