Tour d’horizon de l’état des eaux en Région wallonne

, par Maxime Calay

Pendant les congés estivaux, touristes (ou non) profiteront des joies du patrimoine nautique wallon. Pourront-ils le faire en toute sécurité ? Quel est l’état écologique de nos cours d’eau ? C’est ce que nous allons découvrir.

Eaux de baignade

Selon le rapport 2012 sur la qualité des eaux de baignade européennes, la Wallonie possède le taux le plus élevé d’eaux de qualité « insuffisante ». Sur les 36 zones de baignades officielles, la qualité de 16 zones est non conforme et, pour 11 d’entre elles, la pollution constatée au cours des 5 dernières années impose une interdiction à la baignade. Ce rapport est irrévocable : nous sommes les mauvais élèves européens et ce, depuis plusieurs années. Les causes principales de ce bilan négatif sont des retards importants tant en matière d’assainissement des eaux usées que de protection de la qualité de l’eau.

Eaux de surface

Certains cours d’eau risquent de ne pas atteindre le bon état écologique imposé par la directive 2000/60/CE, suite à des apports de matières organiques, d’azote, de phosphore et de divers micropolluants (métaux lourds, pesticides) qui excèdent le pouvoir d’auto-épuration des écosystèmes aquatiques. Ces dernières années, les efforts consentis en termes d’épuration des eaux usées laissent entrevoir une amélioration progressive de la situation avec une diminution de 5 à 40 % (selon le type d’élément) des charges polluantes issues des rejets urbains entre 1992 et 2005 et une diminution de 20 à 90 % selon le type de composé des charges polluantes industrielles sur la période 1994-2007.

Nappes d’eau souterraine

Des résultats récents indiquent que la contamination par des herbicides, comme la bentazone, font partie des micropolluants les plus problématiques car ils impliquent des traitements de potabilisation spécifiques et parfois très coûteux. Cette contamination par des herbicides est plutôt localisée au Brabant wallon (sables Bruxelliens), au Hainaut occidental (sables Thanétiens) et aux alluvions de la Meuse (Engis/Herstal) alors que les aquifères situés en Ardenne sont relativement bien préservés, probablement parce qu’ils sont exposés à une pression phytosanitaire plus faible. De plus, des molécules interdites comme l’atrazine sont toujours présentes en concentration élevée dans les nappes phréatiques en raison de leur mobilité et de leur persistance dans les sols et les aquifères.

En conclusion

Force est de constater qu’une sensibilisation de l’ensemble des acteurs (citoyens, industriels et services de distribution) doit encore être mise en œuvre afin de réduire l’impact des charges polluantes puisque l’amélioration biologique des cours d’eau est lente et en dents de scie en raison, essentiellement, de la variabilité des conditions climatiques et de la lenteur avec laquelle les écosystèmes se restaurent. Les joies de la baignade autorisée sur tous les sites wallons, ce n’est pas encore pour toute suite !

Consultez en direct l’état bactériologique des zones de baignade en Région wallonne