, par Geneviève Adam

Le tribunal de Dendermonde a annoncé aujourd’hui le verdict dans l’affaire contre les 11 militants jugés pour leur participation à la journée d’action contre des pommes de terre génétiquement modifiées, à Wetteren, le 29 mai 2011. La condamnation pour association de malfaiteurs est maintenue.

[Communiqué du FLM]

Termonde, le 24 Septembre 2013

Les peines de prison sont maintenues mais elles sont très allégées (de 3 à 6 mois de prison avec sursis). On ne peut qu’être choqué de l’inadéquation entre une accusation si sérieuse et les peines somme toute symboliques de prison avec sursis. Il semblerait que le tribunal, contre tout bon sens juridique, veut imposer l’association de malfaiteurs et créer un précédent. Nous sommes contents de voir que nous avons été entendus et les peines diminuées, mais nous ne pouvons pas accepter que la condamnation soit maintenue, notamment pour ce qu’elle pourrait augurer pour la répression de l’activisme citoyen à l’avenir. Jamais des écologistes en Belgique n’avaient été désignés comme faisant partie d’une association de malfaiteurs.

Bart Staes, membre du parlement européen pour les Verts et un des comparants volontaires pour ce procès réagit : « C’est un précédent très dangereux, très mauvais pour la démocratie. Condamner ce groupe de personnes pour bande de malfaiteurs constitue un risque dans le futur pour d’autres actions. Les mouvements sociaux et environnementaux seront en danger, ainsi que l’action syndicale ».En outre, le tribunal n’a accordé aucune attention aux comparants volontaires qui tenaient à être jugées avec les militants.

Cette action visait à rendre visible un important choix de société qui est d’aller vers une agriculture saine et durable, aux mains des agriculteurs et privilégiant la santé des consommateurs. L’option soutenue par l’industrie de la biotechnologie est au contraire la culture de plantes ultra-technologiques gorgées de produits chimiques phytosanitaires et dont tous les droits sont confiés à une poignée de multinationales. En outre, indépendamment de l’action, le permis pour l’expérimentation de ce champ de patates a déjà été annulé par un tribunal. Un champ illégal, donc. La liberté d’expression est bâillonnée.

’’En criminalisant l’action des militants, le tribunal passe à côté du vrai problème : l’introduction des ogms dans l’agriculture. Le but principal des OGM, c’est de privatiser les semences, ce qui privera à terme les populations de leur souveraineté alimentaire »’, a déclaré, François de Saint-Georges, l’un des accusés. Les ogm sont rejetés par une grande partie de la population mondiale, ils entraînent des risques importants pour l’environnement, et la santé. C’est inadmissible quand on pense que d’autres solutions existent et sont déjà efficientes.

Les onze militants et leurs avocats n’abandonnent pas et réfléchissent à la prochaine étape . « Nous lancerons certainement un recours contre cette condamnation totalement absurde ", a déclaré l’avocate Mieke van den Broek. D’autres juristes ont déjà réagi au sujet du procès et démontré les incongruités de cette affaire : 1.Dans le passé, il a complètement manqué un véritable débat sur la nécessité et l’opportunité des OGM. Grâce à cette action, finalement, il commence à émerger. A un niveau national, de plus en plus de personnes se forgent une opinion et prennent position. Il s’agit bien de se réapproprier cette question éminemment politique et sociétale, et de ne pas la laisser uniquement être un simple problème technique ; 2. La choréographe Anne Teresa De Keersmaeker réagit sur la condamnation :" Le crime de Barbara Van Dyck et ses camarades militants, c’est qu’ils ont exprimé leur opinion. Je trouve inacceptable que les gens qui ont le courage d’entreprendre des actions et de poser des questions sur les problèmes qui affectent notre santé et celle de nos enfants soient maintenant condamnés en tant que membres d’une association de malfaiteurs. Dans notre société où de grands groupes industriels manipulent la politique de manière cachée et souvent perfide, il est de la plus haute importance que le public réagisse et que la protestation démocratique reste possible. Dans un état de droit, il est nécessaire de laisser la place aux voix dissidentes."

A un niveau international aussi les soutiens se multiplient. Encore cette semaine, Vandana Shiva, chercheuse et scientifique reconnue dans le monde entier, a encouragé toutes les personnes qui ont participé à l’action de Wetteren à continuer à s’engager contre un modèle d’agriculture qu’elle considère comme non démocratique. Voir son message de soutien ici : https://vimeo.com/75279203

Pendant ce temps, le gouvernement flamand à continué à faire la promotion des OGM. Malgré une opposition importante, une nouvelle expérience sur le terrain avec du maïs GM (2012-2014) est déjà lancée, et une expérimentation de sept ans avec des peupliers génétiquement modifiés est en cours d’acceptation. Le gouvernement peut encore décider de ne pas accorder le permis. Le VIB reçoit une aide annuelle de 40 millions de la part du gouvernement flamand, ce qui constitue environ la moitié de son chiffre d’affaires. Une partie de cet argent public va à la promotion des cultures génétiquement modifiées.

Pour plus d’informations : 0485 487575

(1) www.legalworld.be/legalworld/Als-de-rechter-kijft-en-slaat-krijgt-de-rechtsstaat-klappen.html?LangType=2067&utm_source=LegalWorld.nl&utm_medium=Ezine&utm_campaign=Ezine%202013.03.28
(2) Anne Teresa De Keersmaeker dans le Standaard http://www.standaard.be/cnt/dmf20130225_00483191

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Criminaliser les actions contre les OGM ne mettra pas fin au débat, cela ne fera que le nourrir // Het criminaliseren van acties tegen genetisch gemanipuleerde organismen zal het debat niet stoppen, maar versterken.

Field Liberation Movement