Serge Latouche, né en 1940, est professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay et le plus connu des théoriciens du mouvement sociopolitique de la décroissance. Son audience dépasse les frontières du monde francophone, s’étendant à l’Italie, où il est souvent invité, et même jusqu’au Japon. Déçu par le modèle développementiste dès les années 1960, il a depuis lors étudié la possibilité et les conditions d’une société qui abandonnerait volontairement le dogme de la croissance et choisirait la durabilité des modes de vie, la soutenabilité écologique et la convivialité. Ayant longtemps séjourné en Afrique sub-saharienne, il n’est pas surprenant de voir Serge Latouche mettre en cause l’universalisme des valeurs occidentales : la croissance, le progrès, le système technique, le développement et les droits de l’« Homme ». Il est aussi un grand pourfendeur du développement dit durable, comme il l’écrit lui-même : [...]quelqu’un comme moi qui, depuis des années, ferraille contre ce pseudo-concept pour en dénoncer l’imposture.

Il a publié de nombreux essais dont L’occidentalisation du monde, Décoloniser l’imaginaire, Survivre au développement, La Mégamachine, Le pari de la décroissance, Sortir de la société de consommation, Vers l’abondance frugale, Chroniques d’un objecteur de croissance et Bon pour la casse.

Une autre idée-force, dont il sera question cette fois, est omniprésente dans l’œuvre de Serge Latouche : la quasi-certitude de l’effondrement civilisationnel qui menace la survie même de l’humanité dans le courant du siècle. Comment y faire face, philosophiquement et politiquement, dans le respect de la démocratie, en évitant la perspective funeste mais – hélas – plausible d’un écofascisme ? Il a longtemps parié sur la pédagogie des catastrophes qui, in fine, pousserait les êtres humains à enfin affronter la (dure) réalité et à resserrer leurs rangs. Mais peut-être sera-t-il trop tard à ce moment-là pour passer le cap… Le 27 février avec Serge Latouche, nous débattrons de la question suivante : partant du principe qu’un effondrement est désormais inévitable, faut-il l’attendre ou l’anticiper pour construire ensemble un avenir désirable ?

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