, par Sophie Dufour

En ce début 2012, l’actualité gravite autour de la planète « Finance » comme en témoignent les « instabilités » permanentes des cours de la bourse, les dégradations successives des notes financières de plusieurs pays industrialisés, la proposition de mise sous tutelle budgétaire de la Grèce ou encore l’entrée en récession économique de la Belgique. Devant l’augmentation généralisée de la précarisation d’une partie de la population, de plus en plus de citoyens réagissent notamment en descendant dans les rues ou en usant du droit de grève.

Les réponses apportées par les différents gouvernements européens vont toutes dans la même direction : pacte budgétaire pour contrôler les finances publiques de 25 des États membres, plans d’austérité, efforts budgétaires supplémentaires se traduisant par de nouvelles taxations touchant la plupart du temps toute la population. Pourtant, d’autres solutions existent pour faire face au diktat du système financier. C’est ainsi que les citoyens islandais ont refusé par référendum le remboursement de leur dette publique, qu’ils ont poussé le gouvernement à la démission et enfin, qu’ils ont élu une assemblée constituante afin de redéfinir leur constitution. Des actes citoyens marquants qui sont pourtant très peu, voire pas du tout médiatisés. Pourquoi ? L’ultralibéralisme ébranlé aurait-il peur de se voir réduit à néant par la réaction de l’opinion publique au point d’en museler la presse ?
La pertinence de la réflexion conduit les Amis de la Terre à publier dans ce numéro une série de réactions, d’opinions et d’actions citoyennes concrètes afin de soutenir, à notre niveau, l’indispensable liberté d’expression et surtout, afin qu’un vent favorable rappelle à chaque citoyen le pouvoir dont il dispose pour faire évoluer la démocratie vers plus de justice sociale et de solidarité. Comme le disait fort justement Gandhi : « Celui qui voit un problème et ne fait rien, fait partie du problème ».

Bonne méditation,
Sophie Dufour, coordinatrice du personnel

(1) La récession d’un pays est quantifiée par une diminution du PIB, Produit Intérieur Brut