, par Céline Racine

El buen Vivir : compte-rendu de la soirée SoS du 11 mai

par Chantal Dengis

Le buen Vivir fut au menu de la soirée SoS du 11 mai, organisée en collaboration avec l’association Identité Amériques Indiennes (IAI), qui accueille pour trois mois en Belgique Juan Ccoa Quipe, membre de la communauté quechua.

Né d’un « sursaut » des communautés indigènes pour retrouver et réaffirmer leur identité culturelle ancestrale, le buen vivir – ou Samak Kawsay en quechua – s’articule sur la proposition fondatrice d’une « vie en plénitude » : plénitude avec soi-même, avec les autres et avec la nature... La « Pachamama », ou terre-mère, est considérée comme un être vivant à laquelle une cérémonie de gratitude est consacrée avant toute activité communautaire.

Dans la « cosmovision indigène native », où mondes humain, spirituel et naturel sont
indissociables, cette plénitude du vivre et du vivre ensemble en harmonie, sous-tend
l’organisation sociale dans l’ensemble de ses pans d’activités. Elle trouve sa source dans l’équilibre matériel et spirituel, avec le cosmos, la terre-mère et l’ensemble du vivant.

La complémentarité des principes masculin et féminin y prend sens, en tant que fondement de la famille comme unité structurelle de la communauté et également en tant que guide des pratiques culturales associant les plantes « alliées ».

Le message fait mouche dans notre Occident qui cherche à se réinventer des alternatives viables face aux ravages du « capitalisme prédateur d’hommes et d’environnement » ! Avec son lot de résonances, mais aussi de questionnements...
Ainsi, l’équilibre dynamique de (re)distribution selon les besoins, et de réciprocité, qui est au cœur du buen vivir, trouve indéniablement écho dans nos projets d’économies sociales et solidaires. Quant au « prendre soin » de soi, des autres et de la terre, il fonde l’éthique globale de la permaculture !

Il faut savoir que le buen vivir échappe à une conception strictement rationaliste de la vie, il recèle de cet ancrage spirituel sacrifié – ou du moins malmené – chez nous depuis des générations sur l’autel d’un rationalisme triomphant. Parti d’un travail de conscientisation initié depuis une trentaine d’années par la communauté indigène de Sarayaku, le buen vivir jouit aujourd’hui d’une reconnaissance légale dans le
cadre de la Convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), et est de facto inscrit dans les constitutions de l’Équateur (en 2008) et de la Bolivie (en 2009).
Aujourd’hui, le buen vivir est enseigné dans les écoles villageoises, ainsi que dans certains quartiers défavorisés de grandes villes, parce que sans racines identitaires, il est périlleux d’abandonner et de se perdre...

Nous avons donc vécu une soirée d’immersion au cœur de sociétés non seulement viables, mais également vivantes et harmonieuses ! De quoi ensemencer nos rêves en transition !

Pour plus d’informations sur le buen vivir :
http://www.boell.de/en/content/buen-vivir-latin-americas-new-concepts-good-life-and-rights-nature