, par Robin Guns

Engie/Electrabel a pris la décision risquée de démarrer les deux réacteurs dont la cuve à haute pression est lardée de fissures et trop friable.

L’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire estime que ces défauts « n’ont pas un impact inacceptable » sur la sécurité des personnes qui habitent dans la zone de 75 km qui serait la plus touchée par les retombées radioactives éventuelles.

Pourtant, selon des sources proches de la centrale, le démarrage est si lent parce que les ingénieurs d’Electrabel ont décidé qu’il était moins dangereux de chauffer et pressuriser la cuve beaucoup plus lentement qu’auparavant... à cause des fissures et de la friabilité.

Léo Tubbax, porte-parole de Nucléaire Stop Kernenergie, réagit : « Si Engie/Electrabel est prêt à perdre plusieurs millions d’Euros en démarrant très lentement les réacteurs, c’est que le démarrage à la vitesse normale présente un risque trop élevé. Si le démarrage rapide présente un risque, chaque arrêt d’urgence du réacteur, forcément très rapide, présentera un risque encore plus important. Ces arrêts d’urgence arrivent une ou deux fois par an, à cause des mécanismes de sécurité inhérents aux installations. C’est d’ailleurs pour la même raison que l’eau prévue pour ces arrêts d’urgence est constamment préchauffée à 40°C. L’état des cuves a donc un impact réel sur la sécurité et il est reconnu de facto par l’exploitant. C’est inacceptable pour les personnes menacées par les retombées radioactives en cas d’accident grave. Le nucléaire doit être exploité parfaitement ou pas exploité du tout. »

Un débat démocratique à ce sujet s’est avéré impossible à obtenir. Le Ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, M. Jambon, a même choisi de rester indifférent à la remise de 166.000 signatures demandant l’arrêt définitif des deux réacteurs fissurés, alors qu’un attentat, certes horrible, arrivé le 13 novembre à 400 km de Bruxelles l’incite à prendre des mesures de sécurité très contraignantes jusqu’en janvier.

Dès lors, Nucléaire Stop Kernenergie ASBL a demandé conseil pour considérer une action en justice contre le redémarrage de ces réacteurs caducs, au mépris de la sécurité des citoyens.

Léo Tubbax
Porte-parole
Nucléaire Stop Kernenergie
+32(0)493.573740