Photo : Friends of the Earth Europe

, par Stéphane Therond

Cela fait déjà quelques décennies que nous constatons les méfaits du tout à l’automobile en ville. Pollutions, perte d’espaces, congestions et bien d’autres conséquences néfastes ont rendu la ville de moins en moins agréable à vivre.

La démocratisation de l’automobile a directement engendré l’étalement urbain et le développement de grandes voiries. De plus, la politique de zonage extrême où chaque espace urbain et périurbain a une fonction bien spécifique (industrielle, commerciale, résidentielle…) favorise également la mobilité motorisée. Si cette vision de l’aménagement du territoire était révolutionnaire et novatrice dans les années 1960-1970, elle est actuellement obsolète.

Depuis les années 1990-2000, nombreuses sont les villes qui se rendent compte de ces méfaits et agissent pour améliorer le cadre de vie des citadins : densification, requalification des friches, création d’espaces récréatifs, meilleur partage de la voirie, réintégration de la « nature »…

Pour autant le réflexe automobile est une habitude encore bien ancrée.

Et si nos trajets domicile/travail devenaient moins coûteux, agissaient pour notre bien-être et rendaient la ville plus agréable ? Des vélos comme alternative à l’automobile en ville ? Aujourd’hui plus que jamais, la raréfaction des ressources primaires ainsi que les nouveaux enjeux du bien vivre ensemble nous poussent à repenser notre mobilité.

Lorsqu’on parle de mobilité, il est question de distance. Le premier enjeu est de réduire ces distances en limitant l’étalement urbain et en valorisant les services de proximités (commerces et bureaux). Si par dessus se calque un « réseau vélo » intégré à un réseau de transport en commun efficace pour les piétons et les cyclistes, la voiture se verra octroyer de moins en moins d’importance. Cette valorisation de la mixité fonctionnelle à l’échelle locale est primordiale pour inciter les habitants à préférer les déplacements actifs. En outre, restreindre la vitesse des engins motorisés avec des mesures telles que les « villes 30 » ou les « zones de rencontres » permet plus de sécurité, de convivialité et moins de désagréments.

Ainsi, la ville de Hambourg en Allemagne veut supprimer les voitures en ville pour 2034. Son « réseau vert » permet par exemple de créer un réseau continu de rues réservé aux piétons et aux cyclistes. La deuxième plus grande ville allemande n’est d’ailleurs pas la seule à agir. Copenhague prévoit de construire 28 « autoroutes pour vélos », Berlin une douzaine et Paris devrait doubler son réseau cyclable en passant de 700 kilomètres aujourd’hui à 1400 avant la fin du mandat de la majorité actuelle. De manière générale, les villes européennes cherchent à réduire les distances, à se densifier pour diverses raisons socio-économiques et agissent pour une réelle mobilité du 21ème siècle. Cela promet un bel avenir pour le vélo, d’autant plus que les innovations récentes telles que les vélos pliables, vélos électriques et autres sont de plus en plus considérées comme de réelles alternatives à la voiture en ville.

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Masse critique à Bruxelles, 2015. Une masse critique, parfois appelée également « vélorution » est une manifestation à vélo - ou tout autre moyen de transport sans moteur - organisée simultanément le dernier vendredi du mois dans plus d’une centaine de villes dans le monde afin de revendiquer l’utilisation de moyens de transport non polluants et de dénoncer cette société du tout à l’automobile.

Quelques liens pour aller plus loin :