, par Didier Brick

Pourquoi un plan Maya ?

Depuis plusieurs années, l’actualité met régulièrement en avant l’inquiétant phénomène de disparition des abeilles et des autres pollinisateurs, abeilles solitaires et bourdons. Rappelons au passage leur rôle capital puisqu’ils assurent 80% de la reproduction des espèces végétales. Un tiers du contenu de nos assiettes et trois quarts de nos cultures agricoles dépendent de la pollinisation des insectes !

Pour rappel, les plantes à fleurs ont développé trois stratégies pour assurer leur reproduction, autrement dit leur pollinisation. Le transfert de pollen, l’élément fécondant mâle, peut tomber des étamines où il est produit sur la fleur elle-même dont il est originaire et ainsi l’auto-féconder. Certaines plantes ont misé sur le vent pour disperser le pollen entre elles, comme les noisetiers ou les bouleaux. La plupart ont choisi les insectes comme vecteurs. Ils constituent ainsi « le sexe ailé » des fleurs.Ils transportent le pollen des unes aux autres tout en les butinant.

Les plantes à fleurs se développent depuis près de 120 millions d’années sur notre planète. Une véritable co-évolution s’est mise en place. Au cours du temps, les fleurs sont devenues plus attractives pour les insectes qu’elles attirent grâce à leurs formes et leurs couleurs, mais surtout au nectar(sécrétion sucrée) qu’elles produisent. Ce nectar est transformé en miel par les abeilles mellifères.Il est le « carburant » de la ruche.Le pollen est quant à lui récolté comme source de protéines.

Sur les continents américain et européen : les pesticides utilisés aujourd’hui dans l’enrobage des semences ou en pulvérisation provoquent des mortalités sans précédent, que ce soit directement en intoxiquant l’abeille, ou indirectement en la privant de toute flore mellifère ! On assiste aujourd’hui à une contamination généralisée de l’environnement par les pesticides. Les molécules utilisées actuelle- ment sont jusqu’à 7.300 fois plus rémanentes que le DDT, premier insecticide moderne, que l’on a retrouvé jusque dans le lait des femmes Inuits avant d’être interdit dans les années septante. Notons au passage que l’occurrence des cancers dans nos populations humaines augmente chaque année de 1%...

À cela s’ajoute une perte de biodiversité en ressources de nectars et pollens suite aux pratiques agricoles modernes et à l’urbanisation galopante qui transforme trop souvent les prés en pelouses stériles. Et pour parfaire le tout, un acarien parasite, le Varroa destructor, sévit dans les ruchers en apportant avec lui viroses et autres maladies.

Lorsque tous ces facteurs sont en phase, on assiste comme cette année en Région Wallonne à plus de 50% de pertes des colonies d’abeilles.

Il est donc urgent de réagir à notre échelle localement.

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Qu’est-ce qu’un plan Maya ?

Le Plan Maya est un processus d’engagement communal subventionné sur 3 ans par le Service Public de Wallonie. Il a pour but de soutenir l’activité apicole, mais aussi de restaurer les milieux propices à la vie de tous les insectes pollinisateurs.

Le succès est au rendez-vous : 160 communes, dont la Commune de Soumagne, sont devenues en 2011 des « Communes Maya » ! L’étude des populations d’abeilles, les mesures de fauchage tardif ainsi que la plantation de haies et d’espèces mellifères complètent le dispositif wallon « SOS butineurs ».

Notons encore une volonté politique de la Province de Liège toute entière pour devenir « Province Maya ».

Des synergies et des initiatives citoyennes

Notre Commune s’est engagée à devenir « commune Maya ». C’est une formidable occasion pour les citoyens et les associations environnementales d’accompagner les services communaux pour relever ce défi. Nous devons travailler ensemble, chacun à notre niveau pour faire progresser la qualité biologique de nos jardins et de nos espaces verts. N’hésitez donc pas à vous manifester auprès de la Commune ou des Amis de la Terre.

Que pouvons-nous faire dans nos jardins ?

Règle numéro 1
Stop aux pesticides de toutes sortes. Même le « ...up » présenté comme inoffensif est reconnu comme rémanent. Selon des études effectuées en 2004, 80% des captages d’eau de la Région Wallonne auraient été contaminés par des concentrations au dessus des normes.

Règle numéro 2
Créer un jardin nature admise et permettre aux pelouses de fleurir. Éviter les tontes trop rapprochées et mieux, laisser un espace dont les herbes ne seront fauchées qu’une à deux fois l’année.

Règle numéro 3
Ne semer ou ne planter que des plantes indigènes. La plupart des cultivars horticoles ne présentent aucun intérêt pour les insectes, tout comme les espèces exotiques.

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Pelouse fleurie

Conseils
On veillera à laisser des zones de pelouse non tondues que l’on fauchera deux fois l’année en exportant les herbes pour appauvrir le sol. En effet, moins celui-ci est riche, plus la diversité de fleurs sera importante. Les zones qui doivent être désherbées le seront de manière mécanique ou thermique, mais sans herbicide.

Les plus mordus et curieux laisseront pousser un coin d’orties. Excellentes pour la soupe, elles constituent le garde-manger de nombreuses espèces de chenilles et sont donc indispensables à la survie de certains papillons. Elles abritent, de plus, une foule d’autres insectes.

Le site http://www.adalia.be vous donnera des conseils pratiques pour lutter contre les insectes prédateurs de manière naturelle tout au long de la saison. Mais retenons qu’un jardin sauvage est souvent équilibré et évite de devoir recourir à des traitements.

Table des matières

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