Tchernobyl, le triste anniversaire d’une énergie fossile incontrôlable !

, par Lysiane Dernelle, Sophie Dufour

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale nucléaire Lénine à Tchernobyl explosait en libérant dans l’atmosphère d’importantes quantités d’éléments radioactifs. Déjà 30 ans que cet accident a de lourdes conséquences sanitaires, écologiques, économiques et politiques : décès, cancers, contamination radioactive des sols et des denrées alimentaires, construction d’un sarcophage estimé à des milliards de dollars, évacuation plus que tardive des populations habitant dans un rayon de 30 km autour de la centrale...

Voilà 30 ans que la science et les avancées technologiques n’apportent pas de solutions valables pour gérer les catastrophes nucléaires et la fin de vie des centrales. A ce jour, les options pour le démantèlement d’une centrale défectueuse sont assez restreintes. D’une part, il y a la construction d’un sarcophage autour de la centrale servant uniquement à gagner un peu de temps pour trouver d’autres solutions. Et d’autre part, il y a le démantèlement complet. C’est un chantier complexe, mais malheureusement nécessaire, qui prend plus de 3 décennies avec son lot de procédures administratives lourdes, de coûts exorbitants (1 à 3 milliards d’euros par réacteur), d’expositions importantes des travailleurs à la radioactivité et de méthodes expérimentales.

Finalement, que deviennent les déchets nucléaires et les milliers de tonnes de béton et d’acier radioactifs ? Quelles sont les conséquences pour les générations futures ? Est-ce que les sites peuvent réellement faire l’objet d’une réhabilitation ? Autant de questions qui restent toujours sans réponse et qui en amènent d’autres : Le risque ne viendra t-il pas de ces usines nucléaires vieillissantes que la crise mondiale ne nous permet plus d’entretenir convenablement ? Le nucléaire ne va-t-il pas laisser une dette écologique et financière insoutenable pour les générations futures tout en freinant le développement des énergies renouvelables ?Que signifie la prolongation de la durée de vie des centrales par le gouvernement Michel ? L’opportunité pour Engie-Electrabel de continuer à engranger des bénéfices sur le dos de citoyens en danger plutôt que de développer une technologie de démantèlement fiable ?

Quelques soient les réponses, les Amis de la Terre-Belgique estiment que le gouvernement belge fait fi du risque de précaution en exposant l’entièreté de la population à un accident nucléaire. Nous joignons notre voix à celles des gouvernements allemands et luxembourgeois pour exiger la fermeture immédiate des réacteurs fissurés de Doel 3 et Tihange 2. Et nous réitérons notre demande de respecter la loi de 2003 sur la fermeture des réacteurs initialement prévue pour 2015.
Voir aussi : l’argumentaire anti-nucléaire des Amis de la Terre-Belgique