Les AT Bruxelles fêtent les 30 ans de Tchernobyl

Photo : Huard

, par Johan Verhaegen

Ce 27 avril 2016, le lendemain de l’anniversaire des 30 ans de l’explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl, après une nuit de débauche joyeuse et festive pour célébrer l’événement, les jeunes Amis de la Terre de Bruxelles se sont réunis devant l’entrée du QG d’ENGIE Electrabel, boulevard Simon Bolivar, dans l’idée d’aller saluer leurs grands idoles producteurs d’énergie nucléaire afin de terminer l’after en bonne compagnie malgré la pluie torrentielle qui vous crachait dessus comme si la nature pleurait ce jour-là ses enfants disparus...

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, provoquant ainsi la plus grande catastrophe nucléaire jamais enregistrée. Pourtant, 30 ans plus tard, les activités nucléaires civiles et militaires n’ont pas décliné. En Belgique, nos vielles centrales fissurées n’en finissent plus d’être prolongées, inquiétant, à raison, nos voisins.

La jeune locale des AmiEs de la Terre – Bruxelles s’est donc réunie, boulevard Simón Bolívar, devant le siège d’Engie/Electrabel, gestionnaire des centrales belges. Vêtu-es de combinaisons blanches techniques, nous avons interpellé les employé-es de la société sur l’importance de leur rôle dans la sortie du nucléaire (repoussée, aux dernières nouvelles, à 2025), dans la transition vers des sources d’énergie alternatives à l’uranium et dans l’encouragement aux économies d’énergies, pour les petits, mais aussi et surtout pour les gros consommateurs.

Nous avons distribué des flyers et un argumentaire plus complet1 à celles et ceux qui se sont montré-es plus interessé-es. Deux porte-paroles du groupe ont échangé plus longuement avec nous. Ils ont prétendu que la situation en Belgique était sous contrôle, que l’expérience d’Electrabel en matière de sécurité était reconnue à travers le monde et que, si à terme, l’objectif était de sortir du nucléaire, il était encore indispensable dans le mix énergétique actuel. Ils se sont également défendu de n’être que gestionnaires et que c’était à l’État de faire des choix énergétiques.

Nous avons contre-argumenté : pourquoi dans ce cas, le gouvernement distribuait-il de l’iode ? Pourquoi nos voisins s’inquiétent-ils ? Electrabel se prépare-t-il à la sortie du nucléaire ? Pourquoi investit-elle encore massivement dans l’atome et si peu dans le renouvelable ? Enfin, nous ne sommes pas restés dupes face au poids d’un lobby multinational comme Engie dans les décisions gouvernementales.

Au final, nous ne les avons évidemment pas convaincu. Pas plus qu’eux ne nous ont convaincu. Fort heureusement pour notre moral, nous n’avions pas de telles ambitions ce jour là. Par contre, nous avons mené une des premières actions renforçant la cohérence de la nouvelle locale bruxelloise et avons augmenté notre expertise sur le sujet du nucléaire. Et ce n’est pas rien !