Photo : Friends of the Earth Europe

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Guillaume Blavette

Le 1er Octobre 2016, le Collectif Antinucléaire Ouest organise un vaste rassemblement à Flamanville contre la mise en service de l’EPR et le grand rafistolage du parc nucléaire français. Face aux risques nucléaires, face à l’urgence climatique, face à la nécessité impérieuse de promouvoir une authentique transition énergétique cet événement doit être un succès. Venez nombreu(se)x à Flamanville !

Depuis janvier 2015, les associations antinucléaires de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire préparent un vaste rassemblement à Flamanville contre la mise en service du réacteur EPR et le grand rafistolage du parc nucléaire français. Agir pour l’environnement, Les Amis de la Terre, ATTAC, Greenpeace et le Réseau Sortir du nucléaire mais aussi des acteurs locaux de la transition énergétique soutiennent cette initiative. D’autres organisations nationales et internationales s’apprêtent à rejoindre ce projet pour en faire un moment phare de la mobilisation pour une transition énergétique décentralisée, citoyenne et solidaire face à l’urgence climatique.

L’enjeu est de taille

Alors que la transition écologique est à la peine en France, que le gouvernement renvoie à demain les décisions qui s’imposent au regard des objectifs fixés par la loi de transition, que l’état du parc nucléaire ne cesse de se dégrader, que d’aucuns veulent priver l’ASN et l’IRSN des moyens nécessaires à un contrôle efficient des installations nucléaires, il y a urgence à se mobiliser contre l’industrie atomique.

C’est un enjeu non seulement écologiste mais social, économique et politique. La mainmise du lobby nucléaire sur les choix énergétiques de la France et de l’Europe n’a que trop duré. Non seulement la facture environnementale et financière de ce choix technologique imposé est plus que jamais inacceptable mais une démarche responsable recommande de revendiquer une réorientation radicale de la politique énergétique en faveur des territoires et des usagers.

Replacer le nucléaire au centre de la mobilisation face à l’urgence climatique

L’ambition du Collectif Antinucléaire Ouest et de ses partenaires est d’offrir à chacun la possibilité de poursuivre la mobilisation initiée à l’occasion de la COP21 pour un arrêt global et inconditionnel des usages industriels et militaires de l’énergie atomique. C’est en effet le principal obstacle ici et ailleurs à la transition énergétique. Plus que toute autre moyen de production d’électricité, le nucléaire est une mauvaise solution pour le climat.

Trop cher, trop dangereux et surtout trop difficile à mettre en œuvre, le nucléaire ne ferait qu’accroître les périls déjà immenses qui menacent la planète. Il n’y a pas de technologie plus sensible au réchauffement climatique au vu des localisations et des besoins colossaux en eau des réacteurs nucléaires. Persévérez dans cette voix ne constituerait en rien une mesure d’atténuation du changement climatique. Bien au contraire cela ajoutera des risques supplémentaires qui ne seront pas mieux maitrisés demain qu’aujourd’hui.

Le nucléaire, un déni durable de la démocratie

Le nucléaire n’est pas seulement une menace pour la planète et le vivant, c’est l’expression la plus achevée du pouvoir considérable qu’ont pris les experts officiels et les technostructures d’Etat sur le destin de nos sociétés. L’atome bafoue la démocratie depuis 70 ans et manifestement les choses ne sont pas prêtes de changer.

En France le nucléaire fait partie des « pouvoirs réservés » d’une présidence omnipotente persuadée de son infaillibilité. La manière dont le débat sur la transition énergétique a été mené, puis le vote en procédure accélérée de la loi « pour la croissance verte » et enfin l’écriture fort peu concertée des ordonnances relatives au nucléaire rappellent que nous avons affaire à une industrie « à part ».

Le déni de démocratie qui a permis de concevoir, développer puis généraliser en Europe et ailleurs l’énergie atomique n’est pas acceptable. Sortir du nucléaire est une condition nécessaire à une réappropriation par la multitude de sa souveraineté.

Le nucléaire est en France la principale entrave à une transition énergétique

En France, la question du nucléaire prend une dimension toute particulière. Nul pays ne compte une telle densité d’installations nucléaires civiles et militaires. Nul pays au monde n’a à ce point concentré des moyens financiers, humains, intellectuels au développement de cette énergie de destruction massive. Nul pays au monde n’a autant exposé son territoire et sa population aux impacts sanitaires et environnementaux de l’atome.

La première conséquence de ce diktat de l’Etat est économique. La facture que laissent 70 années d’acharnement atomique est considérable au Bugey, à Mururoa, à La Hague sans oublier Regane et les nombreux sites souillés par l’extraction de l’Uranium. La facture est plus lourde encore pour les 8 millions de ménages acculés à la précarité énergétique… sans parler évidement des deux entreprises françaises autrefois publiques ruinées par le plan Mesmer.

La seconde conséquence de ce diktat est énergétique. Si la facture augmente à ce point c’est en raison de l’explosion des couts d’exploitation du nucléaire dans un pays qui a priorisé l’électricité. Aujourd’hui nous payons ce choix hasardeux au prix fort : la transition énergétique est au point mort en France. L’hypertrophie nucléaire a privé la rénovation thermique des bâtiments et le déploiement nécessaire des énergies renouvelables de ressources nécessaire.

Ce sera plus grave encore demain. La « modernisation » du parc et l’introduction des normes de sûreté couteront autant que la construction du par cet des installations du cycle du combustible. Le renouvellement initié par l’EPR pour le siècle à venir coutera deux fois plus chers…

Ni prolongation, ni renouvellement du parc nucléaire

Voilà pourquoi le Collectif antinucléaire Ouest revendique à la fois l’arrêt de Flamanville 3 et la suspension définitive des opérations de « Grand Carénage ». Il n’existe ni de « nucléaire sûr » ni de « sortie du tout nucléaire acceptable ». L’urgence impose de prendre dès maintenant des décisions claires pour engager une transition digne de ce nom avant que le parc nucléaire n’atteigne 40 ans.

En dix ans tout au plus, la France peut sortir du nucléaire si tant est que les capacités économiques et humaines soient réorientées vers les « énergies propres » et surtout la maitrise de la demande. D’autres Etats, au premier rang desquels l’Allemagne, ont réussi à le faire. Pourquoi pas nous ?

Ce défi peut paraître immense voire hors d’atteinte. Ça n’est pas le cas. L’Energiewende en Allemagne, avec le soutien de toutes les grandes centrales syndicales et des collectivités locales, a initié d’une démarche vertueuse riche en emplois au profit d’initiatives locales qui ont ramené de l’activité dans les territoires.

Tous à Flamanville le 1er Octobre 2016

Face à l’urgence climatique et à la nécessité de garantir ici et ailleurs la justice sociale, ensemble revendiquons à Flamanville le 1er octobre l’arrêt du nucléaire en disant non à l’EPR et au « Grand Carénage ».

Tous sont les bienvenus parce que chacun peut concourir à la réussite d’une lutte menée depuis plus de 40 ans en France et ailleurs. Jamais l’hydre nucléaire n’a été aussi fragile. Cette industrie n’est plus qu’un géant aux pieds d’argile qui ne séduit plus qu’une infime minorité. C’est unis que nous réussirons à l’abattre définitivement.

Ayons l’audace tous ensemble, de marcher pour un monde sans nucléaire qui garantisse effectivement à tous le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. C’est tout particulièrement important pour les milliers de travailleurs exposés quotidiennement au risque atomique, à des contaminations et autres irradiations fatales. C’est tout particulièrement urgent pour les millions de personnes qui vivent dans les zones d’aléas d’installations nucléaires de base dont l’état est pour le moins préoccupant.

L’urgence est là reste à poursuivre la mobilisation déjà puissante dans le Grand-Ouest. Des cars partiront de toute la France et d’ailleurs vers Flamanville. Préparez dès maintenant cet événement en prenant contact avec les associations antinucléaires de votre territoire et les grandes organisation antinucléaires nationales.

Le succès de la manifestation dépend de la résolution de chacun !

Pour plus d’information consultez le site du CAN-Ouest

http://www.can-ouest.org/