Revue 98 : abandonner le WC et adopter la toilette à litière

Un maître choix écologique et économique

L’eau douce tout comme l’air couvre un besoin essentiel des hommes et de tout être vivant sur notre planète. Rien ne peut la remplacer et de ce fait son gaspillage comme sa marchandisation sont inacceptables. En parallèle aux mesures politiques indispensables pour garantir l’accès
à une eau de qualité pour tous, nous avons aussi en tant que citoyenne un rôle important à jouer en agissant pour une gestion durable de l’eau à la maison.

A côté de petits gestes pour économiser l’eau et de l’utilisation plus ou moins intégrale de l’eau de pluie filtrée dans notre maison, le remplacement du WC à chasse d’eau par une toilette sèche à litière, TLB, est l’acte
écologique le plus fort que nous puissions poser
. Au-delà de l’économie importante en eau avec ses retombées financières intéressantes que permet la TLB, c’est la valorisation de nos excréments en un compost de
première qualité qui est l’apport écologique majeur : le retour à la terre de ces matières organiques est ainsi assuré dans des conditions optimales
sans aucune pollution.

Les Amis de la Terre sont les pionniers en Belgique de la promotion et de la diffusion de la TLB. Pour en faciliter encore l’accès, nous proposons, depuis peu de temps un « Kit TLB .... à prix d’Amis ».

La publication de cette revue poursuit le même objectif en présentant de manière simple le pourquoi, le comment et beaucoup d’autres éléments utiles. Son format inhabituel et la sobriété de la mise en page ont été recherchés afin d’en faciliter la lecture et de réduire son prix de vente.
Nous espérons qu’elle vous incitera à franchir le pas et à rejoindre celles et ceux qui depuis quelques semaines, quelques mois, des années utilisent cette toilette écologique et économique. Grâce à leur expérience, le
concept a pu être amélioré, peaufiné, et si par le passé les premières réactions étaient souvent le rire, le déni, l’incompréhension ou le refus, c’est la curiosité et l’intérêt qui dominent très largement aujourd’hui.

UTILISER UNE TLB, C’EST :

- Valoriser nos déjections sans polluer
- Poser un acte écologique de la plus haute valeur
- Economiser plus de 30 % d’eau
- Développer une alternative aux engrais chimiques
- Rendre à la terre ce qu’elle nous a donné

ALORS QUE LA CHASSE D’EAU...
- a déjà été abandonnée il y a 2000 ans !
- cause des dégâts environnementaux extrêmement graves !

Nous remercions tout particulièrement Joseph Országh
et Jean Fassotte d’avoir partagé leurs connaissances
et leur expérience pour la rédaction de cette revue

L’avis d’un scientifique : Joseph Országh

L’enfer est pavé de bonnes intentions

L’évacuation de nos déjections par de l’eau par souci d’hygiène et de confort a au final un poids environnemental démesuré. Il a fallu plus d’un demi-siècle de pollution fécale de nos cours d’eau pour découvrir le revers de la médaille. Ce qui a été présenté comme une grande avancée
sanitaire a donc été payé et est toujours payé au prix fort. Devant la dégradation de nos cours d’eau, les techniciens en génie sanitaire ont alors cru bien faire, en mettant au point l’épuration collective. Ici aussi,
l’intention était bonne, le résultat final... hélas, bien moins. Une idée erronée s’est imposée, suivant laquelle une bonne épuration répare les dégâts causés par le rejet de nos déjections dans l’eau. En réalité, le problème
est bien plus complexe. L’épuration dans le sens qu’on entend actuellement, ne fait rien d’autre que détruire une matière organique précieuse et la transforme en matière minérale polluante, les nitrates.

« Penser globalement, agir localement »

En parlant des nuisances des W-C, même les environnementalistes les plus « mordus » se limitent à dénoncer le gaspillage d’eau et la pollution.
La « pensée globale » des Amis de la Terre va bien plus loin. Sans nier le caractère polluant des W-C et le gaspillage d’eau, force est de constater que les nuisances écologiques majeures de nos WC sont ailleurs.

La nuisance majeure du WC réside précisément dans la destruction de la matière organique sous prétexte d’épuration. Cette perte de matière organique azotée touche d’une manière non négligeable les équilibres naturels fragiles des cycles de l’eau, de l’azote, du phosphore et du carbone.

En ce sens, les W-C et les stations d’épuration sont en prise directe avec les changements climatiques, sans que la plupart des techniciens en génie sanitaire en soient encore conscients.

Que l’on accepte l’idée ou non, le W-C à chasse a fait son temps. Il nous faut au plus tôt tourner la page et considérer nos déjections comme faisant partie des écosystèmes qui nous font vivre. Il ne s’agit donc pas d’un
déchet qu’il faut faire disparaître, épurer, assainir, mais d’une production naturelle qu’il faut reconduire dans les grands cycles de notre planète.

La TLB constitue sans doute une des premières tentatives pour concilier la pensée (écologique) globale et notre exigence du confort. Il y en aura probablement d’autres. L’important est que nos déjections retournent à
la place qui est la leur. Notre alimentation vient de la terre, nos déjections doivent y retourner et cela dans de bonnes conditions.

(La suite dans la revue)

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Un stand où les Amis de la Terre présentent l’intérêt de la TLB