Les Amis de la Terre et l’ASPO annoncent leur collaboration

Photo : isamiga76

Une situation sans précédent pour notre civilisation

L’humanité est proche de vivre une révolution à bien des égards sans précédents et qui restera unique dans son histoire. Depuis la découverte et l’utilisation massive des énergies fossiles le mode de vie des humains a subi des changements majeurs, radicaux.

C’est particulièrement le cas pour le pétrole qui s’est immiscé dans quasi tous les pans de nos existences : la plupart des produits de consommation, les matières plastiques, quasi tous les moyens de transport, le chauffage de nos bâtiments, l’agriculture industrielle... Suivant la formule, nous sommes devenus, à l’instar des drogués, des « pétrodépendants ». Tout ceci serait sans incidence fâcheuse si de nombreux problèmes économiques et/ou écologiques n’étaient occupés à éclater au grand jour, dont deux de manière imminente et massive : le réchauffement climatique et la fin des énergies fossiles « illimitées et bon marché ».

Crédit : http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Stewart_Isbell_2.jpgLes effets de notre consommation immodérée d’énergies fossiles sont complexes à cerner et même si des chercheurs avaient « tiré la sonnette d’alarme » il y a bien longtemps, notamment sur le réchauffement climatique, il faut un temps considérable pour que ce savoir percole jusqu’au grand public et plus encore pour que des comportements nouveaux, plus adéquats soient adoptés. Il ressort donc qu’il faut disposer de la bonne information puis la distiller au niveau de la société.

Au niveau des connaissances concernant notre « pétrodépendance », les chercheurs de l’Université de Mons - UMH - fournissent une information remarquable, faite d’une part de rigueur et de compétence scientifique et, d’autre part, d’une grande lisibilité. Via l’aile belge de l’ASPO qu’ils ont créée, ces chercheurs montrent que le moment le plus à redouter est celui où l’humanité ayant consommé environ la moitié du pétrole mondial disponible il faudra gérer un déclin inéluctable et rapide de la production. Et cela avec une population de plus en plus nombreuse et le pétrole de plus en plus cher. Selon ces chercheurs, ce moment - dit aussi Peak Oil, pic de pétrole - a été atteint fin 2004. Depuis cette date, la production pétrolière ne parvient, en effet, plus à augmenter. Quant au déclin proprement dit de la production pétrolière, il devrait survenir vers 2012 ! La situation du gaz naturel est très proche. !

Cette information est déterminante car elle montre que nous n’avons aucun délai d’attente ! Des pans entiers de nos vies - par exemple la transition vers une autosuffisance alimentaire sans les dérivés du pétrole - doivent être adaptés massivement aussi rapidement que possible. Ces chercheurs nous affirment aussi qu’il n’existe pas de solution « bis » contrairement au « miracle » auquel la techno science nous a habitués. Il faudra faire avec moins d’énergie et une population plus nombreuse.

Leur mission scientifique remplie avec compétence et clarté, les scientifiques de l’ASPO Belgique - investissent de leur temps personnel pour étudier et diffuser ces informations vers les décideurs politiques, économiques, les personnes ou institutions influentes ainsi que vers des relais auprès du grand public. Il y a donc chez eux une demande de synergies avec des acteurs de terrain travaillant sur des modes de vie et des modes de vivre ensemble capables de créer une nouvelle société adaptée à ces contraintes énergétiques nouvelles.

Pourquoi la fédération des Amis de la Terre-Belgique (ATB), association écologiste, s’est-elle intéressée si spécifiquement au pétrole, à son pic, aux publications des chercheurs de l’ASPO Belgique ?

En fait, les ATB ont pour slogan « penser globalement, agir localement ». Les membres de cette association ont ainsi bien mesuré toute l’ampleur des changements de société indispensables ... et même inévitables ; ils ont également compris que de tels choix ont de très profondes incidences sur « l’environnement », au sens le plus étendu, que nous destinons aux populations actuelles et aux générations à venir. Il n’y aura aucun avenir pour l’écologie au quotidien, au niveau local, s’il n’y a pas de choix urgents, décisifs et pertinents au niveau global !

Les ATB inscrivent aussi leurs actions dans le cadre de l’éducation permanente : traduire auprès du grand public les connaissances techniques, scientifiques, etc. ; proposer des modes de vie, des comportements alternatifs, réellement durables ; rendre souhaitable voire désirable ces changements de comportement. Depuis quelques années, les ATB portent aussi la réflexion sur la Décroissance Economique Soutenable et proposent à chacun d’évoluer vers un mode de vie plus simple pour vivre mieux, plus en accord avec notre nature et avec la Nature. Il est ainsi évident que ce sens donné à nos vies est en parfaite adéquation avec les comportements que le déclin des énergies fossiles va inévitablement imposer. Depuis le début 2008, le sujet du pic de pétrole et les travaux de l’ASPO ont commencé à être intégrés dans les actions des ATB menées vers le « grand public » avec de nombreuses questions du public.

Compte-tenu des intérêts convergents des uns et des autres, les chercheurs de l’ASPO Belgique et les représentants des Amis de la Terre-Belgique ont décidé de collaborer étroitement. Chaque association apportera, à son niveau et avec ses moyens, son appui aux idées et aux actions de l’autre en vue de favoriser aussi rapidement et intensément que possible les changements de société adaptés au déclin imminent du pétrole et du gaz.

ASPO Belgique, Association pour l’étude du pic du pétrole et du gaz