Les Amis de la Terre Belgique
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Visite de la station d’épuration de Lives-sur-Meuse
par Roger Bourgeois

L’intercommunale INASEP a inauguré cette grande station d’épuration (STEP) à Lives-sur-Meuse, près de Namur, en 2011. Elle est très discrète et bien intégrée dans le paysage. Elle reçoit toutes les eaux de Namur centre et de la périphérie, sauf une partie de Malonne qui est dirigée vers Floreffe et sauf Wépion qui a sa propre station avec Profondeville. Le bassin de la Gelbressée est indépendant grâce à la petite station qui se trouve après le terrain de foot, rue N-D du Vivier. Les eaux épurées sont rejetées dans le ruisseau. Nous étions une sizaine le 25 mai pour suivre les explications de notre guide, Mr Lemaire, retraité qui assure les visites scolaires et autres.

La STEP de Lives est dimensionnée pour 93.000 Équivalent-Habitant (EH) [1] qui consomment en moyenne 180 litres par jour/EH. 25 km de collecteurs récupèrent les eaux d’égouts et 54 stations de pompage refoulent les eaux vers Lives. Certaines sont équipées de Vortex pour réguler le débit. Beaucoup d’eaux parasites [2] sont aussi récupérées dans les collecteurs.
Débit max du collecteur à Lives : 3.220 m3/h
Capacité de traitement biologique : 1.800 m3/h
Le trop-plein de 1.400 m3/h est envoyé dans un bassin d’orage souterrain de 3.000 m3. Lorsqu’il est plein, les eaux partent directement en Meuse.

Les eaux à épurer contiennent essentiellement du carbone, du phosphore et de l’azote. A l’arrivée, les eaux subissent un 1er filtrage pour retenir les gros déchets qui ne sont pas valorisés. Un 2e filtrage permet de récupérer les sables et les huiles. Les sables sont repris par des entreprises et les huiles sont valorisées dans les chaudières.

Les eaux sont ensuite dirigées vers les bassins à réacteurs biologiques. L’épuration consiste en un processus physico-chimique naturel qui s’effectue ici en 2 lignes parallèles sur une durée de 8 à 10h. Le fonctionnement est aérobie (en présence d’oxygène). Ces réacteurs proviennent des bactéries de nos intestins. A leur sortie, des clarificateurs et décanteurs récupèrent les boues qui seront utilisées comme engrais biologiques. Ces boues sont comprimées pour retirer un maximum d’eau, puis raclées dans des containers.

Quand les eaux contiennent trop de phosphates ou de nitrates, elles subissent des traitements spécifiques complémentaires à l’adénosine triphosphate (ATP) en passant par des zones anaérobie, puis aérobie afin de capter les phosphates. Le carbone est transformé en CO2. Dans une 3e zone anoxique (peu d’oxygène), certaines bactéries survivent et vont digérer les nitrates. Il reste seulement de l’azote (79% de notre air ambiant).

Nous n’avons détecté aucune odeur désagréable, sauf dans le hall d’arrivée des eaux et à côté, où l’on réceptionne les effluents de nos fosses sanitaires qui seront injectés dans les eaux en fonction des besoins en réacteurs. Les taux en teneur médicamenteuse des eaux ne sont pas contrôlés. Le traitement peut se faire par charbon actif ou par l’ozone qui est plus puissant que le chlore. Mais la production d’ozone nécessite beaucoup d’énergie.

Nous n’avons pas reçu les chiffres de consommation d’énergie de la STEP, mais vu le nombre de pompes qui fonctionnent 24h sur 24, les besoins semblent importants. Une petite compensation est assurée par une vis sans fin entraînée par les eaux qui retournent vers la Meuse. (45 kWh/j)

Réflexions après la visite :

A plus de 5€/m3 en Wallonie et 4€/m3 à Bruxelles, en hausse chaque année bien plus que l’inflation, notre eau potable doit-elle encore être utilisée pour des usages qui ne requiert pas une bonne potabilité ?

[1Unité de mesure permettant d’évaluer la capacité d’une station d’épuration. Cette unité de mesure se base sur la quantité de pollution émise par personne et par jour. La directive européenne du 21 mai 1991 définit l’équivalent-habitant comme la charge organique biodégradable ayant une demande biochimique d’oxygène en cinq jours (DBO5) de 60 grammes d’oxygène par jour.

[2L’eau parasite désigne l’ensemble des eaux propres de temps sec qui surchargent inutilement un réseau nuisant au bon fonctionnement d’une station d’épuration : eaux d’infiltration, de drainage, de sources, etc.