Les Amis de la Terre Belgique
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Appel à l’aide d’une membre désemparée

Bonjour à tous,

J’écris cette lettre aujourd’hui car je suis triste et perdue et que je ressens le besoin de vous en parler. Un problème bloque ma route. Un problème insoluble. Depuis hier, je me sens comme en deuil. Je pleure, je sens en moi une fêlure. En cherchant comment la résoudre, j’ai compris que je n’y arriverai pas seule. Je me suis dit que peut-être vous, vous auriez une idée (ou plusieurs) à me proposer. Alors voilà, je vous explique :

Toute la semaine, Giordan et moi avons regardé les documentaires du Greenpeace Festival. Il s’agit de plusieurs films engagés diffusés sur leur site et nous avions également la possibilité de voter, Vraiment très intéressant. Peut-être trop.
Hier, j’ai (encore) pris conscience de notre impact sur l’environnement, sur les animaux et sur les autres êtres humains. Entre la maltraitance des vaches et de la planète dans l’industrie laitière, la déforestation en Papouaïsie afin de fabriquer des parquets et des meubles chinois revendus entre autre en Europe, ou les conditions de vie et de mort des animaux dans l’industrie de la viande, je me suis perdue...
Une révélation m’est alors apparue.

Chez moi, j’arrive à protéger les assiettes de mes enfants. Durant mes courses, je pose des choix raisonnés et respectueux de l’environnement. Mais en dehors de nos murs, je perds le contrôle. Pas toujours bio, presque jamais sans plastique, des viandes dont on ne connaît pas la provenance… Je relâche ma vigilance en échange de contacts sociaux. De bons moments de partage et d’amusement. Mais durant lesquels, les enfants et moi nous empoisonnons. Le mot est fort mais vrai. Nous avons du poison dans nos assiettes.

Alors quoi ? Je dois rester cloîtrée chez moi avec les petits pour rester en bonne santé et ne pas participer à toutes les horreurs contre lesquelles je me bats au quotidien ? Dois-je privilégier les relations et fermer les yeux à chaque sortie ? N’est-il pas possible de concilier ce que je vis, ce que je souhaite et ce que je ressens ? Voici donc le but de ma démarche. Je suis perdue, triste, un peu abattue (un peu, parce que ça va vite redémarrer bien sûr) et complètement paniquée. Alors je me tourne vers vous, afin de voir si vous pouvez m’aider.

Les choix que l’on pose, lors de nos achats, on a impact sur tous les êtres vivants de cette planète ( et extension si l’on pense aux déchets, satellites qui flottent dans l’espace). On aimerait que ce ne soit pas le cas. On ne veut pas savoir que nos envies personnelles viennent bouleverser l’écosystème en Amérique du Sud ou en Asie. Mais c’est le cas. La vérité est là. Nous sommes tous interconnectés , tous concernés et les choix que nous posons ont une influence sur la vie des personnes que nous connaissons.

Les pronostiques pour notre planète et surtout pour la race humaine sont mauvais. Dans quelques années, dizaines d’années, la plupart d’entre nous ne serons plus là pour observer les désastres que nous avons engendrés. Mais nous connaissons tous des enfants qui seront toujours en vie en 2050. Et que va-t-on leur laisser ? Peut-on vraiment fermer les yeux en échange de soirées télé/ciné, de crasses à déguster, de facilités pour les repas, du goût délicieux du chocolat, de parfum qu’on adore, d’un joli meuble, d’un gadget rigolo ?

L’argent a pris le dessus sur la logique, le respect et l’humanité. Je ne comprends pas le monde dans lequel nous vivons. Je ne le comprends plus. Un jour, j’ai ouvert les yeux, pris conscience de plein de choses et ce soir, je pleure. Je me sens seule. Puis, je me souviens que je ne suis pas seule. Vous êtes là. Vous aussi vous pouvez m’aider à rendre notre vie meilleure et celle de nos enfants plus saine, plus cohérente. Il faut un village pour élever un enfant. Un village, oui, mais sans déchet, sans maltraitance, sans pesticide, où tous les êtres vivants sont respectés car nous formons un tout, Un village solidaire. Sans la nature, nous mourrons. Des solutions existent déjà : l’agro-foresterie, la consommation consciente, le vrac, le bio, le véganisme, le végétarisme, les cosmétiques naturels, les produits d’entretien naturels, les village éco, l’habitat groupé, les maisons positives, ...

Ce n’est pas un discours de jugement. Vraiment pas. Ni un appel à la révolte (quoi que cela me plairait beaucoup). Mais un appel à l’aide.

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout (enfin j’espère). Je ne sais pas exactement ce que j’attends en envoyant cette lettre, mais c’est un besoin que j’ai ressenti, Vraiment un besoin fort. Ceux qui me connaissent, savent que ce n’est pas dans mes habitudes de m’épancher (sentimentalement), ni de rester sérieuse aussi longtemps. Ce soir, j’ai pris mon courage à deux mains pour remplir ma mission de Maman, ma tâche de citoyenne et mon rôle d’humaine en demandant un monde plus propre et respectueux des autres mais aussi de soi-même.

Noémie Van Cauwenberghe


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