Écoféminisme

L’écoféminisme trouve son point de départ au travers des connexions établient entre les processus de domination des hommes sur les femmes et ceux des humains sur la nature, rendant indissociables l’oppression des femmes et la destruction de l’environnement, le patriarcat et le capitalisme.

Ce mouvement met en avant la manière dont le capitalisme patriarcal et son modèle extractiviste se sont approprié et ont de tout temps exploité les territoires et les biens communs, tout comme les corps et la force de travail des femmes, sans rétribution ni reconnaissance, les considérant comme des ressources gratuites et inépuisables. Ce qui permet de mettre en lumière l’interconnexion et l’interdépendance des différents systèmes de dominations (capitalisme, patriarcat, classisme, racisme, néocolonialisme, hétéronormativité, spécisme, destruction écologique…) qui s’alimentent et se renforcent mutuellement. Globalement, l’écoféminisme a donc pour ambition d’abolir toutes les formes d’oppression, aussi bien réelles que symboliques, à travers des actions directes et non-violentes alliant justice sociale et soutenabilité, mais aussi à travers une réinvention du symbolique et des récits, une ouverture des imaginaires.

Pour être à la hauteur du défi environnemental, l’écoféminisme revendique franchement un changement de paradigme, c’est-à-dire une transformation profonde de notre compréhension du monde et de nos modes de vie. C’est faisant évoluer nos représentations, nos psychismes et nos relations vécues que la société que nous connaissons aujourd’hui, changera en profondeur. Le mouvement devient alors un levier puissant qui cherche ainsi à redéfinir les valeurs et les représentations culturelles véhiculées par la société, en créant et propageant de nouveaux récits inspirants, qui nous reconnectent à la nature.

C’est un appel à (re)construire des rapports sociaux non-hiérarchiques et non-dominateurs entre tous les êtres vivants et non-vivants, humains et non-humains, des relations établies sur la base du respect de la nature, de la coopération, de la réciprocité et de la construction collective, pour développer une société collaborative. En accord avec ces principes, il est nécessaire de reconstruire une économie soutenable et équitable, non-violente, par sa relocalisation importante mais aussi d’autres formes de production, consommation et distribution, en harmonie avec la nature et pensées à partir des besoins fondamentaux des personnes. Les revendications et alternatives écoféministes abondent dans ce sens et repensent des modes de vie basés sur des idéaux de décroissance, de simplicité et de relocalisation, sous la forme de petites communautés mixtes, décentralisées, autogérées et autosuffisantes, organisées de manière horizontale, basées sur l’interdépendance et d’autres principes écologiques de base qui sont les conditions de notre survie.

C’est donc un mouvement pour tous les êtres vivants, qui aspire à l’émancipation de la vie sous toutes ses formes. Dans ce sens, « nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend ».

C’est dans ce courant de pensé que les Ami.es de la Terre ont pour volonté de questionner, partager, échanger et construire autour des valeurs écoféministes afin de s’inscrire dans un changement de paradigme et d’imaginer notre société avec un autre regard.

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