[Série] Portraits de simplicitaires – décembre

Dans le cadre du 20ème anniversaire de la simplicité volontaire au sein des Amis de la Terre, nous vous proposons une série inédite : 12 portraits de simplicitaires qui révèlent la richesse et la diversité des parcours vers la simplicité volontaire. Parce que parler de simplicité volontaire, c’est avant tout parler de vécu, ces portraits donnent la parole à celles et ceux qui ont choisi de vivre autrement. De 22 à 78 ans, familles ou célibataires, motivé·es par l’écologie ou le bien-être, ces témoignages prouvent qu’il existe mille façons d’incarner cet art de vivre pleinement et sereinement.

Portrait 10 – Melman, l’étudiant communautaire

Melman a découvert la simplicité volontaire par hasard lors de la foire des KAP (Kots à Projets) à Louvain-la-Neuve. Séduit par la présentation d’une ancienne « vraiment super chouette », il est allé en cours « avec le sourire, une chose qui arrive rarement. » Trois ans plus tard, il est toujours au kot Oasis, ayant découvert les multiples facettes de ce mode de vie « en allant d’écolieu en écolieu, en rencontrant des gens à travers nos activités. »

La vie en communauté lui permet d’appliquer la simplicité volontaire au quotidien : achats groupés en vrac, produits « relativement corrects », communication non-violente et fonctionnement horizontal. « Il n’y a pas de différence » entre internes, externes ou anciens dans leur organisation. Leur cadre de sécurité permet d’exprimer ses besoins sans crainte, comme son choix de ne pas consommer d’alcool respecté par tous.

Pour Melman, « la simplicité volontaire, c’est quelque chose de très individuel qu’on fait pour soi avant tout, mais pas pour soi tout seul, on le fait ensemble. » Cette dimension communautaire est essentielle : « Si on retire l’aspect communauté, ça n’a plus trop de sens, c’est juste de l’isolement au final. » Il incarne cette simplicité volontaire étudiante qui allie développement personnel et engagement collectif.

Portrait 11 – Loïc, l’apprenti de la qualité

Loïc (surnommé Zorblux) a rejoint le kot Oasis en première année, attiré par ces groupes d’étudiants qu’il voyait « boire du thé en plein milieu de la grand-place » et qui l’intriguaient. Nouveau venu dans l’univers de la simplicité volontaire, il découvre progressivement ce concept qu’il trouve « un petit peu abstrait vu de l’extérieur » mais qui se concrétise à travers trois axes : lutte contre la surconsommation, bien-être centré sur soi, et habitat alternatif.

Sa philosophie personnelle se structure autour de la qualité plutôt que de la quantité. « Je préfère que les moments que je prévois pour faire des choses soient des moments de qualité », explique-t-il. Plutôt que de courir partout, il choisit de dire non pour préserver la qualité de ses relations et de ses activités. Cette approche lui permet de rester présent et attentif lors de chaque interaction.

Avec sa famille inquiète de son bien-être, Loïc privilégie un discours concret plutôt que théorique sur la simplicité volontaire. « Je préfère leur parler de ce que je fais au quotidien qui rejoint la simplicité volontaire, comme ça ils ont des exemples concrets. » Il découvre dans cette vie communautaire « ultra bienveillante » un équilibre qui « désencombre le stress » et l’aide à s’écouter, incarnant cette simplicité volontaire étudiante tournée vers l’épanouissement personnel et collectif.


Portrait 12 – L’expérience collective des 5 ans de groupe

Ce dernier portrait rend hommage à l’expérience collective d’un groupe de simplicité volontaire après cinq années de cheminement. Au début, les participants venaient avec « beaucoup de réflexion et d’échanges mais très peu d’actions concrètes » dans leur quotidien. Cette période de maturation était nécessaire pour que le groupe se soude et développe une vision commune.

Les résultats concrets sont aujourd’hui largement perceptibles : usage exclusif de l’eau de pluie, diminution drastique des consommations d’énergie, développement du jardin potager, déplacements à vélo, végétarisme, alimentation bio à 90 %, confection de pain maison, renonciation aux voyages en avion, toilette sèche… Ces changements profonds ont permis un travail à temps partiel et un épanouissement important.

Au-delà des transformations visibles, « les cinq années passées au sein du groupe ont profondément marqué le rapport aux autres et aux choses. » Cette simplicité volontaire collective a développé une « capacité libératrice de détachement vis-à-vis des objets », un « désencombrement matériel » et surtout « cette facilité avec laquelle, grâce au soutien des autres, j’ai été en mesure de rendre faciles des changements profonds que jamais auparavant, je n’aurais imaginé envisager. » Le groupe, lieu de partage et de soutien mutuel, s’avère être le catalyseur indispensable de cette transformation de vie.


C’est avec ces 3 portraits que ce cloture cette série basée sur de vrais témoignages. Elle illustre la diversité des chemins vers la simplicité volontaire qui inspirent et réconcilient bonheur personnel et respect de la planète. Chaque parcours révèle que derrière la simplicité se cache une richesse insoupçonnée : celle des liens authentiques, de la créativité libérée et de la cohérence retrouvée entre nos valeurs et nos actes.

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